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Albert II : Sa Jeunesse Martyre !

Publié le 27 avril 2019

Les raisons du terrible handicap qui fragilise le prince Albert II depuis son enfance viennent d’être divulguées.

Quel est le point commun entre Albert Einstein, Marilyn Monroe, le roi d’Angleterre, George VI, Julia Roberts et le prince Albert de Monaco ? Toutes ces célébrités sont atteintes du même handicap : le bégaiement ! Un trouble du langage qui touche près de soixante millions de personnes dans le monde et peut se révéler très embarrassant lorsqu’on est amené à prendre la parole en public !

Cela n’a heureusement pas empêché le cadet des Grimaldi de succéder à son père, Rainier III, le 6 avril 2005, et d’être depuis un monarque respecté. Mais, comme on l’a découvert dans le documentaire Monaco, le Rocher était presque parfait, diffusé le 8 mars dernier sur France 3, ce bégaiement, qui parfois continue de l’affecter, en dit long.

Il serait en effet la conséquence d’une enfance difficile, marquée par le stress et le désir de plaire à un père aimant, certes, mais qui s’est toujours montré d’une extrême exigence envers ce fils appelé à prendre sa suite. Car ce problème d’élocution résulte souvent de la contraction des muscles des cordes vocales, en réaction à de trop fortes tensions.

Enfant, Albert ne bégayait pas quand il s’exprimait en anglais, la langue de sa mère adorée, Grace Kelly. « Elle m’a appris à savoir faire parler mon cœur. Je n’avais qu’à la regarder pour prendre exemple. Son sourire reste pour moi le baume le plus efficace », a-t-il raconté.

En revanche, dès qu’il passait au français, la langue de son père, celle du pouvoir et des responsabilités, ses difficultés ressurgissaient.

Garçon timide et affectueux, il est, très jeune, amené à jouer son rôle de petit prince. Blondinet, en culottes courtes, il figure sur de vieux clichés, coupant un ruban lors d’une inauguration officielle.

Ce souvenir l’a marqué, tant cet instant était chargé d’attente, et trop lourd sans doute pour ses petites épaules. « Je me vois encore à 6 ans, dévoilant une plaque, en me demandant, terrifié, si j’allais réussir mon coup », s’est-il rappelé à l’évocation de l’une de ses premières responsabilités.

De son fils, Rainier attend en effet beaucoup. Monarque à l’autorité naturelle, qui a fait plier le général de Gaulle et Aristote Onassis, le « Patron », comme le surnomme son entourage, entend bien enseigner à Albert l’art de gouverner et de se faire respecter de tous. Mais, à la domination, le frère de Caroline et Stéphanie préfère la conciliation. Entre ses deux sœurs au caractère bien trempé, il préfère le rôle de médiateur.

Et à l’âge où les gamins adorent jouer à la guerre ou au super-héros, lui imite les carabiniers marchant au pas dans la cour du palais pour la relève de la garde, rituel qui le fascine. Plus tard, il se passionne pour le cinéma américain, dont Grace Kelly était l’une des grandes étoiles : « Je n’oublierai jamais la première fois où j’ai découvert Maman à l’écran dans Fenêtre sur cour – j’avais alors 5 ou 6 ans –, j’étais pétri de fierté et d’admiration », se souvient-il. Il est d’ailleurs beaucoup plus à l’aise devant Cary Grant, proche de l’héroïne de La main au collet, d’Alfred Hitchcock, et des autres copains bohèmes de sa mère, qu’auprès des politiques et hommes d’affaires que Rainier convie à l’époque au palais.

Albert, comme ses sœurs, n’a pas d’amis à qui il pourrait se confier. Leur père le leur a interdit. « Méfiez-vous des autres, la famille vous suffit, vous n’avez besoin de personne d’autre », leur répète-t-il.

Adolescent, le jeune homme s’investit à fond dans le sport. Football, natation, escrime, athlétisme, bobsleigh, tennis, ou judo, discipline où il est ceinture noire, il montre de vrais dons, envisageant même un temps de devenir footballeur professionnel. Dans ce domaine au moins, il n’entre pas en compétition avec ce papa révéré et craint à la fois. Mais son avenir est tracé, et après son bac, que cet élève moyen décroche tout de même avec mention, il part aux États-Unis suivre des études en sciences politiques, cursus parachevé par un tour du monde en septembre 1981.

Presque un an plus tard, le 14 septembre 1982, un séisme bouleverse la vie du jeune prince et de ses deux sœurs : la mort de leur mère adorée dans un tragique accident de voiture. Sans Grace, qui jouait les intermédiaires de charme entre le père et le fils, ces derniers ont bien du mal à communiquer. Rainier a beau déléguer certaines tâches à son futur successeur, il le relègue trop souvent au rang de simple exécutant, se réservant les décisions les plus importantes.

« Si je dis quelque chose contre mon père, on pense que je veux prendre sa place. Si je ne dis rien, je passe pour un imbécile », confie alors Albert, semblant partagé entre l’envie de plaire à l’auteur de ses jours et celle de montrer au reste du monde ce dont il est capable.

Jusque dans sa vie privée, le jeune prince doit affronter le jugement paternel. « Ce palais n’est pas destiné à devenir le fief d’un vieux célibataire », lui rabâche en effet Rainier. Des petites amies, Albert en aura beaucoup, mais aucune ne saura conquérir le cœur de ce fils modèle.

Est-ce un hasard ? Moins d’un an seulement après la mort de son père, il se fiance avec celle qui deviendra sa femme, et la mère de ses jumeaux, Gabriella et Jacques, la belle Charlène Wittstock. Prince avisé, père attentionné, Albert s’est révélé le digne successeur de Rainier, sans pour autant lui ressembler. En témoigne ce bégaiement qui de temps à autre affleure au détour d’une phrase, lointain souvenir pour un enfant qui n’avait rien demandé, surtout pas à suivre les traces de son illustre papa…

Lili CHABLIS

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