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Albert II : Trahi par son ami !

Publié le 9 décembre 2018

Face à cette très sérieuse infidélité, Albert II va avoir beaucoup de mal à accorder son pardon.

Ce lundi 19 novembre, comme chaque année, il célébrait en famille et avec son peuple la traditionnelle fête nationale monégasque. Mais s’il affichait le sourire de rigueur en ces occasions, pas sûr que le cœur du prince Albert soit en joie !

Depuis plusieurs semaines en effet, le Rocher tremble sous le coup de ce que d’aucuns appellent déjà le « Monacogate ».

L’affaire, nous vous en avons souvent parlé, débute en 2015, lorsque l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev, qui a racheté l’AS Monaco pour 1 euro symbolique, porte plainte contre le marchand d’art suisse Yves Bouvier et sa compatriote Tania Rappo, pour lui avoir soutiré un milliard d’euros de commissions indues. Ce que nient ces derniers. Rybolovlev, aidé de son avocate Me Tetiana Bersheda, leur aurait tendu un piège.

Il aurait invité Tania Rappo et l’aurait poussée à faire des confidences compromettantes… que Tetiana aurait enregistrées sur son portable et transmises à la police. Bouvier est arrêté et, à la demande du juge qui instruit la plainte du Russe, l’avocate remet son téléphone à la justice, oubliant un détail de taille ! En effet, l’appareil regorge de messages suggérant une possible collusion d’intérêts entre la jeune femme, son puissant patron et plusieurs magistrats et policiers du Rocher. Une enquête, confiée au juge français Édouard Levrault, est ouverte.


En septembre 2017, premier coup de tonnerre : Philippe Narmino, l’équivalent monégasque de notre garde des Sceaux, soupçonné d’avoir pris fait et cause pour Rybolovlev, est poussé à démissionner.

Perquisitions, mise sur écoute et surveillance des comptes bancaires de personnalités influentes, épluchage des registres d’institutions comme le Yacht Club de Monaco – dont Albert est le président ! –, Édouard Levrault ne recule devant rien pour faire progresser l’enquête. Il démontre ainsi que le milliardaire se serait bien servi du club de football pour développer un puissant réseau, invitant notamment tous les hauts fonctionnaires de Monaco à assister aux matchs en loges VIP… Il y a quelques jours, le 9 novembre exactement, l’étau s’est encore un peu plus resserré autour du prince Albert : dans le cadre de l’affaire l’opposant à Yves Bouvier, Rybolovlev est placé en garde à vue et inculpé de « trafic d’influence actif », « corruption active » et « recel de violation du secret de l’instruction » présumés. Il n’est pas le seul. À ses côtés, une dizaine de personnalités, telles Philippe Narmino, l’ex-ministre Paul Masseron, ainsi que trois hauts gradés de la Sûreté publique, tous soupçonnés d’avoir profité des faveurs de l’oligarque.

Est-ce la goutte qui a fait déborder un vase déjà bien plein ? Dans une interview accordée à Mediapart le 12 novembre dernier, Albert a évoqué un possible départ de celui qui l’a doublement trahi. S’il n’est pas encore prouvé que Rybolovlev a corrompu une partie des proches collaborateurs du prince, une chose est sûre : ce joyau si cher au cœur du souverain, cette AS Monaco dont il continue de suivre le parcours avec passion, engrange les défaites ! Récemment éliminé de la Ligue des champions en phase de groupes, le club est aujourd’hui avant-dernier de Ligue 1… Une catastrophe !

« Il faut laisser faire la justice jusqu’au bout. Si jamais tout cela était avéré, je pense que [Rybolovlev] se retirera de lui-même […] Pour l’instant, il faut respecter la présomption d’innocence, à moins que lui-même décide de mettre fin à sa présidence de l’AS Monaco. Il y a des soupçons d’une certaine influence, mais pour l’instant on ne peut pas précipiter les choses », a déclaré le prince, qui peut compter sur le soutien indéfectible de Charlène alors que l’horizon du Rocher a rarement été aussi sombre.

Admettant que la situation n’était pas « confortable », il a néanmoins assuré qu’il ferait tout pour que la justice puisse suivre son cours en toute indépendance.

Nos confrères ont ensuite questionné Albert sur ses relations personnelles avec le milliardaire. En effet, il est arrivé plusieurs fois que les deux hommes se retrouvent dans un cadre familial et privé, comme l’année dernière quand le Russe l’avait invité, avec Charlène et les enfants, à séjourner sur l’île qu’il possède dans les Cyclades. S’il a admis avoir répondu aux invitations de Rybolovlev, le souverain a toutefois tenu à minimiser sa proximité avec cet ami embarrassant : « Nous n’avons pas passé toutes nos vacances ensemble », a-t-il assuré. L’ultime fois où ils se sont croisés, c’était le 24 octobre dernier, en Belgique, lors du match opposant l’équipe de Monaco à celle de Bruges.

Et depuis ? Eh bien, même s’il l’avait voulu, Albert aurait eu du mal à voir Rybolovlev. En effet, après avoir passé 24 heures dans les locaux de la police, l’oligarque aurait tout bonnement… pris la poudre d’escampette, quittant le Rocher le 10 novembre dernier. Selon certains, il aurait regagné la Russie.

Un départ qui pourrait ressembler à s’y méprendre à une fuite. Le souverain est resté très discret sur ce point délicat, mais il y a fort à parier qu’il aura toutes les peines du monde à pardonner à celui qui a ainsi bafoué sa confiance. Ses derniers propos semblent bien le suggérer : « Inculpation ne veut pas dire condamnation. Bien sûr, on aimerait pouvoir anticiper les choses un tout petit peu, mais il faut laisser faire. »

Et qu’en est-il de l’avenir du club ? Malgré ses piètres résultats, l’AS Monaco est l’objet de nombreuses convoitises. Comme l’a indiqué Albert, Chinois et Américains seraient prêts à investir. Tout n’est donc peut-être pas perdu…

Lili CHABLIS

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