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Alexandre Benalla : Complètement fada, ce type-là !

Publié le 30 septembre 2018

En plus de son pistolet porté sans autorisation, Alexandre Benalla l’ex-collaborateur du président n’a cessé de vouloir s’armer jusqu’aux dents.

Le 18 juillet, Le Monde publiait sur son site internet la vidéo du scandale. Captées en marge des cortèges du 1er mai, place de la Contrescarpe, à Paris, ces images montraient Alexandre Benalla, proche collaborateur d’Emmanuel Macron, traîner un homme à terre et le frapper violemment. Démis de ses fonctions, mis en examen pour « violence par personne chargée d’une mission de service public » et « usurpation de fonction », le jeune homme de 27 ans, était entendu le 19 septembre dernier par la commission d’enquête du Sénat. « Je ne suis pas le garde du corps d’Emmanuel Macron, et je ne l’ai jamais été », a-t-il martelé durant l’audition. Peut-on vraiment le croire ? Ce ne serait pas la première fois que cet ancien judoka poids lourd mentirait. 

Quelques jours après la diffusion de la vidéo qui lui a coûté son poste, Alexandre Benalla s’était présenté devant les journalistes du Monde pour s’expliquer. N’ayant obtenu un permis qu’en octobre 2017, il assurait n’avoir jamais été armé avant l’élection présidentielle, six mois plus tôt. À une exception près. En effet, il avait demandé à acquérir et porter des armes durant la campagne, dans le QG d’En Marche. Et obtenu de la préfecture de police « l’autorisation de détenir des Glock 17, mais dans le QG uniquement. » Cependant, jure-t-il alors aux journalistes, il n’est jamais sorti avec ces pistolets : « On n’est pas mabouls, il y a un risque pour la réputation du candidat… »


De belles déclarations balayées par une photo, compromettante à plus d’un titre, que vient de publier le site d’information Mediapart. Sur ce cliché, on voit en effet l’ex-protégé du chef de l’État viser de son arme le cou d’une jeune femme.

Nous sommes alors le 28 avril 2017. La campagne présidentielle bat son plein. Macron, qui vient de faire un meeting à Châtellerault, a donné rendez-vous à une quarantaine de convives pour dîner au restaurant Les Archives, à Poitiers. Le futur vainqueur et ses invités prennent place à l’étage dans une alcôve fermée, pendant que son service d’ordre, dont fait partie Alexandre Benalla, s’installe dans une pièce voisine. À la fin du repas, aux alentours de minuit et demi, la serveuse qui s’occupe de leur table fait un selfie avec le chargé de mission du leader d’En Marche et deux de ses acolytes. Le garde du corps informe alors la jeune femme qu’il lui a réservé une « surprise » sur la photo. Surprise qu’elle découvre non sans une certaine gêne. À son insu, l’homme a dégainé son pistolet et le pointe vers sa jugulaire. Lorsqu’elle relate la scène à son supérieur hiérarchique, celui-ci lui demande de ne pas diffuser le cliché. 

Mis au pied du mur, Alexandre Benalla a nié en bloc : « Je ne me suis jamais fait prendre en photo avec une quelconque arme pendant la campagne. C’est un photomontage », a-t-il déclaré. Pourtant, les données du cliché sont formelles. Il a bien été pris au restaurant Les Archives à Poitiers, le 29 avril à 0 h 30… 

Diplômé en droit, le natif d’Évreux semble nourrir depuis longtemps une passion pour les armes. Comme le relate Le Parisien, en 2016 déjà, il a été surpris avec un flingue dans son scooter. Mais, plus grave, Benalla n’a cessé de harceler l’entourage de Macron pour s’équiper de « joujoux » divers et variés durant la campagne ! Le 8 mars 2017, il fait ainsi établir un devis pour deux pistolets lanceurs de balles de caoutchouc, dix pistolets à gaz lacrymogène, un Flash-Ball, des boucliers antiémeute… Une demande qui étonne, voire agace certains, dont le directeur de campagne, Jean-Marie Girier, qui note : « Il est bien évident que nous n’allons pas acheter d’armes ou de Flash-Ball pour les quarante jours restant. Je suis surpris que nous n’ayons pas été saisis d’une telle démarche. » 

Ce refus n’entame pas l’enthousiasme de Benalla. Le 21 mars, il fait établir un nouveau devis pour du matériel Flash-Ball. Lassé de cette insistance, Grégoire Potton, alors directeur des affaires générales d’En Marche, observe : « Reviennent à la charge pour leurs pistolets […] Ça devient épuisant. »

Tenace, celui qui, avant son licenciement, se présentait comme « l’adjoint au chef de cabinet », l’a toujours été, n’hésitant pas à arranger la vérité pour servir ses ambitions. Chauffeur d’Arnaud Montebourg, en 2012, il a un accident alors qu’il conduit le ministre du Redressement Productif. Il propose de prendre la fuite, ce qui lui vaudra de se faire renvoyer. Puis il envoie un CV à Bercy qu’il n’hésite pas à améliorer, enjolivant son rôle de membre de service d’ordre auprès de Martine Aubry et François Hollande. 

Quand on fouille dans la petite enfance de Benalla, comme l’ont fait les journalistes de BFMTV, on découvre qu’il ne s’appelle pas Alexandre mais Marouane. Sa mère aurait francisé son prénom quand il avait 3 ans et demi pour le protéger de son père « violent » qui, à trois reprises, avait tenté de le kidnapper. Faut-il chercher dans ce passé chaotique les raisons des récentes errances du kid devenu grand ? Toujours est-il qu’il accumule les bourdes. Le 5 septembre, il a été aperçu, gare de Saint-Pancras, à Londres, en train de discuter avec un individu fiché S, avant de prendre l’Eurostar en sa compagnie. Informé, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, lui aurait, selon le Canard enchaîné, fermement remonté les bretelles…

Lili CHABLIS

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