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Alexandre Brasseur : “L’avenir ne m’angoisse pas. Demain m’appartient !”

Publié le 11 août 2018

Croisé lors de l’incontournable Festival de télévision de Monte-Carlo, Alexandre Brasseur s’est confié sans détours…

Petit-fils de…, fils de…, dans la dynastie Brasseur, Alexandre a certes suivi les traces de ces illustres aïeux, mais s’est surtout fait un prénom.

Au théâtre, où il vient d’offrir un seul en scène magistral, Brasseur et les enfants du paradis, salué par tous les critiques ; ou sur le petit écran, grâce auquel il s’invite chaque soir dans les foyers de l’Hexagone, vers 19 h 20, dans la série à succès de TF1 Demain nous appartient, le jeune homme de 47 ans ne boude pas son plaisir.
 

France Dimanche : Comment êtes-vous arrivé dans Demain nous appartient ?

Alexandre Brasseur : Un beau matin du mois de mai, juste après un accident de la route… Non mais sans rire, on m’a appelé un 1er mai alors que je venais d’avoir un accident, pour me dire de venir passer des essais en urgence. J’y suis donc allé, un peu en vrac, je ne vous le cache pas, et le 28 mai, je débutais l’aventure à Sète. Et quelle aventure ! Artistique bien sûr, mais avant tout humaine… Et c’est bien pour ça qu’on aime ce métier.

FD : Avec des grands-parents, Odette Joyeux et Pierre Brasseur, ainsi qu’un père Claude Brasseur, tous trois grands acteurs, suivre leurs traces était pour vous une évidence ?

AB : Oui, je crois qu’on appelle ça l’éducation silencieuse. En fait, j’ai toujours été très attiré par l’art, tout ce qui est pictural, les expositions, les tableaux, la peinture, la sculpture, etc. J’aime les sensations que me procure un tableau, un peintre ou un sculpteur, certains me touchent profondément. Je voulais d’ailleurs en faire mon métier, pas en tant qu’artiste peintre, car en ça je suis très mauvais, mais comme galeriste ou curateur, par exemple. Néanmoins, j’ai bien vite réalisé que ce n’était pas ma voie. J’aime trop m’acharner sur des textes, l’angoisse ressentie avant d’entrer en scène, essayer de comprendre ce que je dis… J’aime profondément ce que je fais. Même si j’adore voir des expos, à un moment donné dans la vie il faut savoir qui on est. Et là, je sais que je ne me suis pas trompé, que je suis dans le vrai.

FD : Ça vous agace ou ça vous amuse qu’on vous dise que vous ressemblez à votre père d’une manière assez dingue ?

AB : Je ne sais pas si ça m’amuse, mais ça ne m’agace pas du tout ! J’aime mon père, je suis super fier de lui – d’ailleurs on était ensemble pas plus tard qu’hier pour fêter ses 82 ans [le 15 juin, ndlr] et il va très bien.

FD : Vous êtes fils unique. Auriez-vous aimé avoir un frère ou une sœur ?

AB : Je n’en sais rien, oui, peut-être… J’imagine que ça doit faire du bien de temps en temps. Il y a des rendez-vous dans la vie où on doit être content d’avoir une épaule sur laquelle s’appuyer. Mais comme je suis depuis très longtemps avec mon épouse [Juliette, rencontrée à l’âge de 15 ans, qui travaille aussi à la télé mais côté production, ndlr], qu’on traverse le temps ensemble depuis plus de trente ans, c’est elle ma moitié. J’ai mon épaule, elle a la sienne. Elle a une sœur dont elle est très proche, donc j’imagine que c’est très agréable… Moi, j’ai ma femme !

FD : Vous avez deux grands enfants, Louis, 20 ans, et Jeanne, 17 ans. L’un d’eux va-t-il suivre vos traces ?

AB : Je ne crois pas, non. Ils font leur vie… Du moment qu’ils sont contents, épanouis, c’est tout ce qui compte. S’il veut être restaurateur, eh ben super, sois le meilleur. Surtout, sois heureux ! Arrêtons, en effet, cette course à la réussite, ce n’est pas primordial, pensons plutôt à notre bonheur ! C’est cette quête-là la plus importante. Voilà donc tout ce que je peux souhaiter aux autres, et plus particulièrement, à mes enfants. Qu’il soit Costes avec cinquante restaurants magnifiques ou tenancier d’une petite paillote sur une île paumée, s’il prend son pied, c’est top !

FD : Y a-t-il un rôle qui vous fait rêver ?

AB : Oui, je me ferais bien un beau classique au théâtre, genre Shakespeare ou Molière. Écrivez-le, lancez l’appel, car moi, je suis prêt ! Je viens de jouer un seul en scène pendant des mois, un truc de dingo. Certainement l’expérience la plus difficile que j’aie connue de toute ma carrière. Un spectacle que j’ai fait entièrement, la fabrication, la gestion du bazar, trouver un auteur, un metteur en scène, vendre le texte, dénicher des fonds, un tourneur, un théâtre, fabriquer une affiche, faire faire une musique, travailler sur les décors, jouer… tout seul ! Je vous jure que c’est super chaud ! Mais, je l’ai fait. Et je ne veux pas frimer, on aime ou non, mais c’était un sans-faute. Ça m’a demandé énormément, mais tous les soirs, j’étais à bloc !

FD : Avez-vous le trac avant d’entrer en scène ?

AB : Ah ben avant ça, je peux vous dire que oui ! Seul pendant plus d’1 h 30, huit personnages à jouer, un texte hyper dur avec des dates dans tous les sens, sur le combat qu’ont mené Prévert, Kosma, Carné et Trauner pour la liberté dans la France occupée. Je n’avais pas intérêt à me planter ! Vous êtes porteur d’un message, tenancier de la mémoire des hommes – j’ai le poids de ces gens-là sur mes épaules, qui ne m’ont rien demandé, c’est moi qui suis allé les chercher – donc je n’avais pas intérêt à me planter. Mais, j’espère le reprendre prochainement.

FD : Comment est née cette envie ?

AB : C’est Fabrice Luchini, maître absolu du seul en scène, qui a provoqué en moi ce désir. Il est phénoménal et a, selon moi, ouvert la voie à cet exercice. Néanmoins, je suis contre les lectures, elles m’ennuient profondément. Moi, je veux voir un acteur en liberté ! Et qui dit seul en scène ne veut pas dire non plus one-man-show, car même si je suis très friand de ce qu’ils font, m’adresser au public, je ne sais pas faire. 

FD : Êtes-vous du genre angoissé par demain ?

AB : Non, car demain m’appartient !

Caroline BERGER

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