France Dimanche > Actualités > Allain Bougrain Dubourg : “Quand Brigitte Bardot m’a demandé en mariage, j’ai eu peur !”

Actualités

Allain Bougrain Dubourg : “Quand Brigitte Bardot m’a demandé en mariage, j’ai eu peur !”

Publié le 2 octobre 2015

Pour la première fois, le défenseur des animaux Allain Bougrain Dubourg évoque ses années avec Brigitte Bardot, leur combat commun mais aussi la � vie quotidienne � avec une femme à fleur de peau…

Entre la star Brigitte Bardot qui avait décidé de laisser tomber sa carrière au faîte de sa gloire pour se consacrer à la grande bataille de sa vie et celui qui animait à l’époque Des animaux et des hommes à la télévision, Allain Bougrain Dubourg, prêt à prendre tous les risques pour faire avancer sa cause, le courant est tout de suite passé.

Ce qui n’avait pourtant rien d’évident si l’on considère qu’ils se sont rencontrés sur la banquise, en 1977. Mais c’est dans le feu de l’action qu’ils ont brisé la glace. Car tous deux étaient venus sur ces terres boréales pour tenter de mettre fin au massacre des bébés phoques, alors la proie des chasseurs de fourrure.

Un combat loin d’être gagné d’avance, car l’industrie de la mode se montrait très friande de la peau de ces animaux.

Mais, à défaut de remporter la guerre, Allain et Brigitte vont devenir bien plus que frère et sœur d’armes. Ils vont s’aimer pendant sept ans. Et même si le destin a fini par les séparer, ils ne se sont jamais perdus de vue, toujours réunis par leur lutte en faveur des espèces en voie de disparition.

Bougrain Dubourg livreDans son dernier livre, Il faut continuer de marcher (éditions de La Martinière), ce militant de toujours se confie sur leur combat commun mais aussi leur vie amoureuse…

France Dimanche (F.D.) : En vous passionnant pour les animaux, n’aviez-vous pas l’impression d’être le vilain petit canard dans votre famille ?

Allain Bougrain Dubourg (A.B.D.) : C’est vrai qu’avec un célèbre grand-père militaire et un père résistant puis député, j’ai eu du mal à trouver ma voie. Y compris à l’école où je me sentais enfermé. Seule l’observation des animaux m’intéressait. Et quand j’ai commencé à avoir des compétences dans ce domaine, on m’a enfin regardé avec intérêt !

F.D. : Qu’est-ce qui vous attire tant chez les bêtes ?

A.B.D. : C’est ma passion pour des créatures douées d’une sensibilité proche de la nôtre. Ce sont mes voisins de planète… que j’aime peut-être plus que mes voisins de palier !

F.D. : Comment se fait-il que tout jeune, vous recueilliez des animaux dangereux chez vous ?

A.B.D. : Je voulais savoir si je pouvais cohabiter avec une vipère qui n’a pas de membres ni de paupières pour exprimer ses sensations. La seule manière de voir si on est en harmonie avec elle, c’est de la manipuler sans qu’elle fuie ou morde. Quand on y arrive, c’est merveilleux.

F.D. : Vous exercez un métier plutôt dangereux…

A.B.D. : Oui, mais pas forcément à cause d’animaux réputés dangereux. J’ai bien failli être rendu tétraplégique par la charge d’une vache !

F.D. : Quel est le combat le plus difficile que vous ayez eu à mener ?

A.B.D. : Le plus douloureux a sûrement été celui contre le braconnage des tourterelles dans le Médoc, le 1er mai, pendant vingt ans [de 1986 à 2005, ndlr], alors que ces espèces sont protégées. Cela a été d’une violence dingue, avec la complicité des pouvoirs publics et un incroyable mépris à mon égard, assorti de menaces de mort ! J’y allais à chaque fois avec la peur au ventre…

F.D. : Parlons désormais de combats moins douloureux mais avec lesquels vous semblez moins à l’aise : les femmes de votre vie…

A.B.D. : Oui, c’est vrai que je n’aime pas m’afficher. Cela m’a posé des problèmes avec Jeane Manson qui, de culture américaine, montrait plus volontiers ses bonheurs ou ses malheurs. Ma pudeur l’énervait un peu.

10e festival de Cannes, 1957 © Jack Garofalo/Paris Match/Scoop
10e festival de Cannes, 1957 © Jack Garofalo/Paris Match/Scoop

F.D. : Avant elle, on apprend qu’il y a eu Catherine Ceylac…

A.B.D. : Oui, cela a été une heureuse complicité. On présentait une émission ensemble, elle le faisait avec enthousiasme. C’est une belle femme, vivante, dynamique, donc tout a été très naturel.

"Brigitte Bardot était tantôt joyeuse, tantôt déprimée..."

F.D. : Et après, il y a eu Brigitte Bardot… Est-il vrai que vous êtes « nés sur le même trottoir », comme elle le dit ?

A.B.D. : Oui, nous avons eu une éducation comparable. Dans des familles aisées qui ne nous ont pas empêchés d’avoir le goût de l’engagement. Je l’ai connue peu de temps après qu’elle a arrêté le cinéma et on a considéré que son action auprès des animaux était une façon de maintenir un lien avec les médias. C’était justement le contraire, car elle a passé son temps à les fuir, une vraie phobie !

F.D. : Comment avez-vous réussi à apprivoiser ce bel animal sauvage ?

A.B.D. : Je ne sais pas. Elle a toujours réagi instinctivement. Avec ses tripes. Toujours révoltée. Moi, j’étais plus raisonnable. Tout en la préservant. Deux sensibilités complémentaires se sont rencontrées pour mener un combat légitime.

F.D. : Partager la vie d’une telle star ne devait pas être simple ?

A.B.D. : C’est vrai qu’on a souvent été pourchassés par les paparazzis. Je n’étais pas du tout préparé à ça. Le mythe Brigitte Bardot ne me fascinait pas. J’avais en face de moi une fille adorable et un peu paumée. Tantôt joyeuse, tantôt déprimée... (...)

Yves Quitté

Vous voulez lire l'intégralité de l'interview ? Optez pour la version numérique du magazine !

À découvrir