France Dimanche > Actualités > André Dussollier : Gravement handicapé !

Actualités

André Dussollier : Gravement handicapé !

Publié le 28 septembre 2017

Il était sur scène lorsqu’il a fait une 
chute si mauvaise qu’elle a contraint, 
la mort dans l’âme, André Dussollier à abandonner momentanément le théâtre.

Les vacances sont finies pour tout le monde, y compris pour André Dussollier. C’est pourquoi le comédien a quitté le lac et les montagnes d’Annecy, sa région natale où il dit avoir besoin de revenir régulièrement, pour rejoindre Paris où l’on n’attendait plus que lui pour frapper les trois coups au théâtre du Rond-Point.

Une rentrée qui aurait pu ne jamais avoir lieu car, à la suite d’un accident, l’acteur de 71 ans s’est retrouvé lourdement handicapé et a pu craindre un moment ne plus jamais parvenir à remonter sur une scène, lui dont le théâtre est la raison de vivre.

Le spectacle qu’André Dussollier vient de reprendre, et qui durera jusqu’au 1er octobre, a été adapté par lui-même d’une histoire poético-fantastique de l’écrivain italien Alessandro Baricco : Novecento.

Porte-malheur

Non content d’en signer la mise en scène, il y interprète un homme abandonné à sa naissance en 1900, sur un bateau transatlantique. Élevé par l’équipage et miraculeusement doué pour la musique, il devient le plus grand pianiste du monde, mais sans jamais oser se lancer dans une carrière sur la terre ferme, où d’ailleurs il ne met jamais les pieds.

On peut y voir une métaphore du comédien, qui préfère lui aussi souvent se réfugier dans le petit monde de la scène plutôt que d’affronter « la terre ferme », c’est-à-dire le monde extérieur, le nôtre. Le seul problème d’un bateau est qu’il peut couler et, du même coup, vous anéantir avec lui.

Et c’est bien ce qui est arrivé à André Dussollier en 2016, une année qui restera sans doute à jamais maudite dans son calendrier personnel. La précédente, au contraire, avait été une apothéose, puisque l’acteur avait enfin reçu le Molière du meilleur comédien de théâtre, précisément pour sa performance dans Novecento. Une pièce porte-bonheur, donc, qu’il comptait bien jouer encore de nombreuses fois l’an dernier. Sans se douter qu’elle allait devenir brutalement son « porte-malheur ».

Car, dans ce spectacle total, André Dussollier paie vraiment de sa personne : non seulement tout le texte repose sur ses épaules, mais, en plus, il y danse beaucoup ! Et un soir, en plein spectacle, c’est la chute, devant des spectateurs interdits. Ceux des premiers rangs peuvent distinctement voir la grimace de douleur qui crispe les traits du comédien. Mais, comme il se relève, les voilà soulagés : ce ne sera rien…

Hélas, si ! ce sera quelque chose : un long et douloureux calvaire. Car, sous la violence du choc, les tendons de l’une de ses chevilles ont claqué net. Les conséquences de cette rupture sont au nombre de deux (en plus de la douleur), d’inégale importance aux yeux du comédien dans l’âme qu’est André Dussollier depuis près d’un demi-siècle.

La première, c’est qu’il lui faut passer sur le billard, le temps que les chirurgiens réparent les tendons déchirés. C’est une perspective qui n’est jamais bien agréable mais enfin, 
s’il n’y avait eu que cela, on se doute bien que l’acteur s’y serait résigné d’un cœur « plutôt léger ». Seulement, il y a l’autre conséquence, qui découle directement de la première.

C’est que, après l’opération, il faut laisser du temps, beaucoup de temps à ces maudits tendons pour redevenir aussi solides et efficaces qu’avant la chute. Ce qui veut dire demeurer aussi immobile que possible, ne se déplacer qu’avec des béquilles. Et donc, affreuse perspective pour notre mordu de théâtre : plus question de monter sur scène durant presque un an !

Retour

Avec, en plus, dans un coin de l’esprit, une crainte vague mais lancinante : et si « ça » ratait ? Si, contrairement à ce que m’ont assuré les chirurgiens, je ne réussissais jamais à remarcher normalement ? On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi les longs mois qui viennent de s’écouler ne resteront certainement pas parmi les meilleurs souvenirs de l’acteur…

En revanche, il est facile d’imaginer sa joie lorsque, début septembre, il a de nouveau posé le pied sur la scène du théâtre du Rond-Point pour renouer avec le succès de Novecento : quelle revanche sur le mauvais sort ! Même si André Dussollier a peut-être ressenti un petit pincement d’appréhension au moment d’esquisser son premier pas de danse…

Didier Balbec

À découvrir