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Angélique : L’atroce calvaire de l’ange de Wambrechies

Publié le 16 mai 2018

Adolescente de 13 ans, Angélique a été violée et tuée par un ex-voisin, un chauffeur de bus tranquille, 
doublé d’un père de famille bien ins allé.

«Gardons en mémoire ce sourire, cette insouciance, cette vivacité qu’avait Angélique. Que là où elle est, elle nous apporte la force de continuer. On t’aime très fort Angélique ! »

Ces mots poignants sont ceux de la sœur aînée, Anaïs, 21 ans, qu’elle poste sur Facebook, photos à l’appui. Ce qui frappe avant tout dans ces clichés du passé, c’est évidemment ce large sourire qu’elle affichait au côté de sa grande sœur, « sa jumelle » de huit ans son aînée.

Et puis, ses yeux bleus en amande, rieurs, innocents qui lui donnaient cet air espiègle qu’ont les jeunes filles à cet âge, 13 ans seulement.

« C’était un ange ! Et elle n’avait pas besoin de grand-chose pour être heureuse. Elle et moi, on se disait tout. On dormait ensemble. Oui, ça va être compliqué de vivre sans elle… »

Silence. Des larmes coulent sur les joues d’Anaïs. Le temps se fige. Les images de sa petite sœur chérie défilent sur son compte Facebook : ici, elle était en compagnie de Kev Adams dont elle appréciait l’humour, là elle porte un T-shirt avec le drapeau vert et jaune du Brésil…

Elle lâche son téléphone, il est l’heure de rejoindre le cortège ce samedi matin 5 mai pour les obsèques d’Angélique, célébrées en l’église Saint-Vaast, à Wambrechies (Nord).

Proie

Il est 9 heures lorsque le cercueil blanc de l’adolescente assassinée est déposé au cœur de la nef. à l’entrée de l’édifice, un recueil de condoléances que les amis, les voisins, la famille signent et, juste à côté sur la table, trône encore cette photo d’Angélique dont le regard nous transperce.

L’église qui ne peut accueillir que 700 personnes déborde. La mairie a prévu un système de sonorisation extérieure pour que les amis et plus de 200 anonymes puissent suivre en direct la cérémonie religieuse. Les rues de la ville sont désertées ; les commerçants ont baissé leur rideau.

Son oncle prend la parole pour dresser un rapide portrait de celle qu’il appelait Lilique : « C’était une jeune fille pleine d’énergie qui aimait tant le foot et la gym. Chaque jour, tu nous manqueras », conclut-il, les sanglots dans la voix.

Après la cérémonie, le cercueil est emporté vers le petit cimetière où seuls les proches sont admis pour un ultime moment de recueillement.

Avant de reposer en paix, Angélique Six a vécu l’horreur.

Le 25 avril, l’adolescente est vue pour la dernière fois, sur l’aire de jeux où elle aimait s’amuser avec ses copines.

Avant de partir cet après-midi-là, elle laisse un mot sur la table de la cuisine, au rez-de-chaussée de cette HLM de cinq étages, expliquant qu’elle est partie jouer et qu’elle rentrera plus tard.

Elle ne rentrera jamais.

A deux rues de chez elle, un homme de 45 ans sirote des bières devant sa télé. Il est seul chez lui, sa femme et ses deux enfants sont partis en vacances dans le sud de la France depuis plusieurs jours.

Il a avalé trois comprimés juste avant, des stimulants sexuels qu’il s’est procurés le matin même dans un sex-shop de Lille.

Il fait plutôt frais en cette fin d’après-midi lorsqu’il croise le regard d’Angélique.

Il la connaît bien,la « ch’tiote », puisqu’il est voisin du coin et que son fils à lui a souvent joué avec Angélique, à l’époque où les deux familles vivaient encore dans la même résidence.

Elle aussi reconnaît David Ramault, toujours gentil, toujours sympa. C’est à ce moment précis qu’il dit avoir été « immédiatement attiré par Angélique, comme dans un état second ».

Il trouve un prétexte fallacieux pour entraîner la jeune fille chez lui : « J’ai un cadeau pour tes parents. Viens chez moi. »

Angélique est confiante. Le prédateur a trouvé sa proie.

Aveux

Au même moment, un petit garçon de 10 ans voit qu’Angélique quitte le parc avec un « monsieur » qu’elle semble connaître.

Son témoignage sera déterminant pour l’appréhender.

Arrivés au domicile, David propose à la petite de boire un verre, tout en lui posant des questions de plus en plus intimes et dérangeantes.

La fillette ne comprend pas ce qui lui arrive, désire retourner chez elle, mais David est musclé. Et l’en empêche vigoureusement.

Angélique se cogne la tête sur une table, hurle. Il la frappe et s’enferme avec elle dans les toilettes…

Faute de pouvoir la maîtriser, l’homme sent alors qu’il doit la tuer : il saisit le pantalon de la fillette, le noue autour de son cou et l’étrangle.

Il faut à présent nettoyer la scène du crime. Il efface les traces de sang, emballe ses habits, met le corps sans vie dans une valise qu’il dépose dans le coffre de sa voiture.

File acheter une pelle car il a l’intention de l’enfouir. à la lisière de la forêt, ne parvenant pas à creuser un trou, il finit par abandonner la dépouille dans un fourré du bois de Quesnoy-sur-Deûle, à seulement cinq kilomètres de son domicile.

Et retourne chez lui comme si de rien n’était.

Le lendemain, sa femme et ses deux enfants rentrent de vacances. La vie continue.

Chauffeur de bus, David retrouve son boulot comme d’habitude.à sa femme, il dira seulement qu’il va probablement être interrogé par les policiers sur « l’affaire Angélique » à cause de son passé judiciaire.

Le suspect, cueilli en rentrant du travail, avouera tout en bloc : la séquestration, le viol, le meurtre d’Angélique, avant d’emmener les enquêteurs sur les lieux où il a dissimulé le corps.

Mis en examen le 30 avril, il est incarcéré et encourt la réclusion à perpétuité. Mais les révélations sur son passé judiciaire font froid dans le dos.

David Ramault est un récidiviste : il a déjà été condamné une première fois par la justice, en 1996, à neuf ans de prison pour « viol avec arme » sur une fillette de 12 ans et agressions sexuelles sur deux femmes quadragénaires.

Il n’avait alors que 21 ans. Il a quitté l’univers carcéral au bout de six ans et demi, sans obligation de soin.

Pour ces crimes qui ont eu lieu il y a plus de vingt ans, il est inscrit sur la liste des criminels sexuels connus (le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, établi à partir de 2004).

C’est grâce au témoignage du petit garçon de 10 ans et au croisement avec ce fichier que l’assassin a été si vite repéré.

Sa femme a avoué aux policiers qu’elle savait qu’il avait été condamné pour une agression sexuelle dans sa jeunesse, mais ignorait qu’il avait violé une mineure !

Incarcéré

Les enquêteurs tentent à présent de remonter le fil de ses dix-huit ans de vie, entre sa libération de prison et le meurtre de la jeune Angélique.

Car en dix-huit ans, il a pu s’en passer des choses, même s’il semblerait que David Ramault n’ait plus trop fait parler de lui !

Mais déjà, quelques jours avant le drame, un témoin affirme aujourd’hui avoir vu le meurtrier présumé s’exhiber dans un bus devant des adolescentes effrayées.

L’incarcération de David a aussi libéré la parole de sa première victime de viol qui se souvient, comme si c’était hier, de son agression du 7 janvier 1994, à deux pas de chez elle, près de Lille…

L’inconnu (David Ramault déjà !) avait surgi derrière elle, lui plaquant un couteau à cran d’arrêt sous la gorge.

Tétanisée, la jeune fille qui n’a alors que 12 ans le suit sous un pont, puis dans un terrain vague. L’individu porte un casque pour dissimuler son visage.

Il la viole en la menaçant : « Laisse-toi faire sinon je te tue ! »

Aujourd’hui, cette femme jure que son agresseur lui a « bousillé la vie », mais elle est toujours vivante.

Et s’en prend vivement aux conditions dans lesquelles l’homme a été remis en liberté.

« C’est insupportable de voir qu’il a pu s’en prendre une nouvelle fois à un enfant, dix-huit ans plus tard… »

Depuis son profil Facebook, Anaïs, la grande sœur d’Angélique, n’a pas eu de mots assez durs à l’encontre du meurtrier présumé et renchérit en toutes lettres : « J’espère que tu vas souffrir comme tu as fait souffrir ma sœur… »

Alicia COMET

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