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Anne Roumanoff : Elle a voulu en finir !

Publié le 28 avril 2021

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Anne Roumanoff, submergée par le désespoir, a bien failli commettre l'irréparable…

Tout semble lui réussir depuis ses débuts en 1987 dans La Classe, sur FR3, et son premier one woman show intitulé Bernadette, calme-toi ! un an plus tard, présenté au café-théâtre des Blancs-Manteaux, à Paris… Anne Roumanoff n'a en effet jamais cessé de flirter avec le succès, passant avec légèreté et talent de la scène – où elle excelle – à la radio et à la télévision, où ses chroniques caustiques font mouche à chaque fois.


Le public tout comme la critique s'accordent à l'unisson pour chanter ses louanges et encenser son humour acéré et son irrésistible sens de l'autodérision. La comédienne, qui a soufflé ses 55 bougies le 25 septembre 2020, a même été nommée officier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2015 ! Une consécration et une haute distinction qui auraient dû depuis longtemps rassurer sur ses capacités celle qui est par ailleurs diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) ! Pourtant, il faut croire que sa popularité et la reconnaissance de ses pairs ne lui ont pas été servies sur un plateau d'argent, à tel point que cette maman de deux filles, Alice, 26 ans, et Marie, 18 ans, a même voulu en finir ! C'est en tout cas ce que l'actrice, formée aux prestigieux cours Simon et Florent, a confié à Claire Chazal, le 23 mars dernier, dans l'émission de France 5 Passage des Arts : « Entre 12 et 22 ans, j'ai beaucoup souffert, a expliqué Anne avec une grande sincérité à la journaliste. Je voulais tellement être comédienne, j'ai eu tellement d'échecs, tellement de castings où on m'a dit : “non”, tellement d'auditions… »

De nature volontaire et tenace, celle qui durant le premier confinement a créé l'association Solidarité avec les soignants a pourtant pensé à l'époque qu'elle ne parviendrait jamais à réaliser son rêve : « J'ai été refusée au Conservatoire, s'est encore souvenue l'auteure de Divorcée et joyeuse ! publié aux éditions du Cherche midi. Tout s'effondrait pour moi. J'étais très passionnée, j'allais aux journées du Conservatoire, je connaissais tous les noms des comédiens par cœur, toutes les distributions de pièces. »

Désespérée par tant de refus successifs, tant de désaveux, la malheureuse, dont l'amour du théâtre est pourtant chevillé au corps, a bien failli commettre l'irréparable : « Je me rappelle, j'étais sur un boulevard, je traversais la rue… Je ne suis pas suicidaire mais là, tout d'un coup, je me suis dit : “Si je me jette…” Je ne l'aurais pas fait mais c'était comme si tout s'effondrait. »

Rejetée par le métier, Anne Roumanoff l'était aussi par ceux qui, comme elle, aspiraient à la carrière d'acteur : « Je me rappelle une fois, j'avais été au Festival d'Avignon, a-t-elle confié à Claire Chazal. Il y avait des gens dans le cours de théâtre qui avaient monté une troupe, ils étaient quatorze sur scène, ils ne m'avaient pas demandé. […] Il n'y avait que deux rôles de femmes, mais quand même. Je les avais accompagnés, genre la pauvre fille qui est là ! » La « pauvre fille » s'est en tout cas bien rattrapée depuis ces temps difficiles, de quoi faire regretter à ses anciens camarades de jeu de ne pas l'avoir invitée à se joindre à eux !

Clara MARGAUX

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