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Anne-Sophie Lapix : Dévorée par le trac

Publié le 1 septembre 2017

Lundi 4 septembre, sous pression et stressée, Anne-Sophie Lapix devra surmonter son 
 angoisse pour devenir la nouvelle reine du 20 heures.

Il est évident qu’elle aura mal dormi la veille. Mais rien ne doit le laisser paraître. Anne-Sophie Lapix, 45 ans, devra afficher, à 20 heures ce lundi soir, un sourire éclatant. Même si son cœur cogne à tout rompre dans sa cage thoracique.

La journaliste basque sait à quel point le contact avec le public sera crucial lors de son premier JT sur France 2 en tant que titulaire. Pour bien préparer cette rentrée sur la chaîne du service public, elle arrivera sans doute très en avance sur le plateau pour se faire maquiller, effectuer les derniers réglages, échanger quelques mots avec les techniciens, faire le point avec la scripte.

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Peut-être aussi lancera-t-elle une plaisanterie, pour essayer de rire, de se détendre, tout en prenant possession des lieux. Mais tout cela suffira-t-il à dissiper le terrible stress qui précède le générique ?

« Je me souviens du premier JT que j’avais présenté sur TF1 [lorsqu’elle était le joker de Claire Chazal en 2006, ndlr]. Ce soir-là, mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’on pouvait l’entendre dans les micros, raconte-t-elle, tout en reconnaissant l’effet bénéfique du stress. Le stress est comme une protection, une distance que l’on crée dans les moments émouvants que l’on vit. »

Reste qu’il faudra parvenir à le maîtriser lundi, ainsi qu’au cours des trois autres soirées qui suivront, en cette semaine de rentrée où elle va être inévitablement testée, jugée, commentée. Anne-Sophie Lapix dispose toutefois d’atouts indéniables : une belle expérience dans la présentation des journaux télévisés il y a dix ans sur TF1, puis sur LCI, une réputation d’intervieweuse pugnace lors de multiples rendez-vous politiques sur Canal +, sans oublier sa réelle ambition de gagner ce nouveau pari. Elle répète être prête à faire le maximum pour ne pas décevoir.

Concurrente

« J’ai d’abord été très surprise en mai dernier, lorsqu’on m’a proposé ce poste, car j’avais vraiment tourné la page du 20 heures. J’avais fait une croix sur le JT sans verser une larme car cela n’avait jamais été un Graal pour moi. Et puis, je me suis aussi un peu éloignée de l’info avec l’émission C à vous sur France 5. Mais comme j’avais présenté beaucoup de journaux dans ma vie sur TF1 et plus de 6.000 sur LCI pendant six ans, il n’était pas incohérent de saisir cette opportunité et d’accepter cette proposition », précise-t-elle dans une interview à TV Mag.

David Pujadas, le roi du JT de France2
David Pujadas, le roi du JT de France2

Même si elle reconnaît être sous pression depuis l’annonce de sa nomination. Et ce pour plusieurs raisons. D’abord, le JT du soir de David Pujadas (qui après seize années de bons et loyaux services rejoint LCI) se porte bien, avec une audience qui a atteint jusqu’à 4,8 millions de téléspectateurs, selon Médiamétrie.

La chaîne publique n’a jamais été aussi près de devancer sa concurrente TF1, qui a encore la faveur de 5,6 millions de Français. Les dernières performances encourageantes du journal de France 2 vont donc accentuer la pression sur la nouvelle venue, car chacun sait qu’à chaque changement de présentateur, il faut un certain temps pour retrouver le niveau d’audience antérieur.

Anne-Sophie Lapix aura donc sans doute, chaque soir, les yeux rivés sur les scores de son journal télévisé pour savoir si elle fait aussi bien ou mieux que son prédécesseur. « Ce qui va me stresser et m’empêcher de dormir toute la semaine », ajoute-t-elle.

Autre source objective de stress, la jeune femme se retrouve à la tête d’une importante rédaction, celle de France Télévisions, dont les effectifs sont sans égal en Europe, avec de nombreux correspondants à l’étranger. Rien à voir avec la fine équipe de C dans l’air où l’on rigolait en bonne compagnie autour d’un dîner !

« J’ai à présent l’impression d’être aux commandes d’un bolide extraordinaire, surpuissant, magnifique, précise-t-elle d’ailleurs dans une interview accordée cet été à l’hebdomadaire La semaine du Pays basque. Ici, on joue extrêmement collectif et les décisions sont discutées, prises ensemble. » D’où sa détermination d’essayer de « conduire doucement, au départ ». Autrement dit, de poursuivre sur la même ligne éditoriale « efficace, intelligente, intéressante » définie auparavant.

Très moderne

Donc, pas de tremblement de terre à prévoir sur France 2 avec son arrivée, même si la journaliste confie qu’elle entend bien conserver le ton offensif qui a marqué ses interviews. Cette annonce a probablement rassuré ses équipes qui lui ont, paraît-il, réservé un excellent accueil, en dépit de leur grand attachement à David Pujadas.

Enfin, troisième défi pour la nouvelle recrue : apporter du renouveau. La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a choisi Anne-Sophie Lapix pour trois raisons. C’est une journaliste expérimentée qui a fait ses preuves. Elle correspond aussi à son souhait de féminiser l’antenne. Et enfin elle satisfait l’aspiration des téléspectateurs à voir de nouvelles têtes aux commandes des JT.

L’amie d’Anne-Sophie Lapix, Anne-Élisabeth Lemoine, qui par ailleurs reprend les rênes de C dans l’air, le dit clairement : « Anne-Sophie est très moderne et cela faisait trop longtemps qu’une femme n’avait pas présenté un JT ! » Un défi à la mesure des ambitions de cette Basque glamour, qui se qualifie elle-même de femme « excessivement normale, terrienne, avec pas mal de bon sens », et qui a toujours su affirmer son style sans concessions ni faux-semblants.

N’avait-elle pas claironné il y a quelques années que Anne-Sophie Lapix avait vraiment l’envie de « briser le cliché de la Barbie qui passe bien à l’écran et qui lit son prompteur » ? L’heure est venue de le prouver en apprivoisant cette grand-messe du soir…

Alicia Comet

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