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Annie Cordy : Frappée à coups de bâton !

Publié le 29 août 2019

Pendant des années, Annie Cordy a enduré des sévices quotidiens d’une violence rare.

C’est une année faste pour cette immense artiste qui n’a rien perdu de son extraordinaire énergie et de sa bonne humeur ! Annie Cordy, qui a soufflé ses 91 bougies le 16 juin dernier dans sa maison sur les hauteurs de Cannes où elle s’est installée il y a cinq ans, n’a pas été oubliée par ses fans et continue même d’être récompensée par ses pairs pour son talent…

Ainsi, notre Tata Yoyo nationale – que l’on veut bien rendre à la Belgique, son pays natal, de temps en temps mais pas trop souvent ! – s’est vu décerner en mai dernier le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle bouleversant dans le court-métrage de Delphine Corrard, Les jouvencelles, présenté au festival Entr’2 Marches, une manifestation internationale autour du handicap en marge de la grande messe annuelle du cinéma.

Un hommage qui fait au chaud au cœur et que de nombreuses personnalités ont immédiatement salué, telle Lio, sa compatriote, qui, sur Instagram, a publié : « Un grand bravo à ma marraine artistique », un commentaire auquel le chanteur François Feldman, voisin d’Annie, a réagi par ces mots : « C’est un amour en plus de son talent, je la croise tous les dimanches au marché. » Une grande dame d’une gentillesse et d’une simplicité extrêmes malgré son immense notoriété et qui nous expliquait, en 2018, lorsque nous étions allés la rencontrer : « Je ne suis qu’une interprète, les gens se souviendront plutôt des chansons, moi je n’ai pas inventé un vaccin ! Qu’on se souvienne d’une femme qui a traversé l’existence en restant proche des autres, qui a partagé sa bonne humeur, qui a aimé et été aimée, me va très bien ! »

Mais cette tendresse et cette générosité dont cette belle âme a fait preuve tout au long de sa vie ont peut-être eu sur elle-même des conséquences désastreuses. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Annie a révélé à la RTBF en 2018 qu’elle avait été frappée à coups de bâton ! Un supplice quotidien vécu des années durant dans le plus grand silence et dans la soumission…


On a bien du mal à imaginer que la joyeuse Nini la chance au caractère bien trempé, qui, malgré les épreuves, ne s’épanche jamais sur ses soucis et ses douleurs, ait pu vivre ce calvaire sans résister ni même se défendre. Et l’on peine à envisager qu’une personne mal intentionnée ait osé s’attaquer ainsi à cette dame âgée qui semble pourtant toujours avoir les moyens de se défendre. Car cette ancienne danseuse à l’énergie inouïe est sans doute encore capable, comme lorsque nous l’avions vue l’année dernière, d’effectuer un grand écart avec une étonnante facilité… et donc d’asséner un coup bien placé à son attaquant !

Mais rassurez-vous, la malicieuse Annie Cordy, qui vit auprès de Michèle, sa nièce adorée et dame de compagnie dans le sud de la France, n’a pas été abusée par quelqu’un, comme cela arrive parfois, malheureusement, à nos anciens. En réalité, si elle a été battue, c’était au cours de ses jeunes années, à une époque où, hélas, les enfants étaient élevés bien plus durement et durant laquelle une éducation presque militaire était monnaie courante.

Si, au sein de sa famille, l’apprentissage de la vie n’était pas aussi strict, dans certaines institutions, religieuses notamment, les jeunes filles devaient alors filer droit. Un « dressage » auquel, malgré tout, le papa et la maman de Léonie Cooreman, son vrai nom, ont souhaité voir leur fille se confronter : « Mes parents ne me trouvaient pas assez costaude pour attaquer la vie, a confié l’ex-meneuse de revue. Alors, ils m’ont mis dans ce cours de danse chez les Ambrosinettes. » Un choc pour la fillette à la frêle constitution qui a dû apprendre à s’endurcir rapidement sous peine de voir son corps tout endolori. « Paf ! Un grand coup de bâton sur les cuisses, a encore raconté Annie Cordy. Quand je rentrais à la maison, maman me disait : “Fais voir tes cuisses”, et elle voyait si j’avais bien travaillé ou pas. » Ses pauvres jambes étaient alors couvertes de bleus…

Mais il faut croire que ce traitement, qu’on pourrait qualifier de « marche ou crève » et qui était habituel dans bien des cours de danse de ce temps-là – pas seulement chez les bonnes sœurs –, lui a donné la force de caractère indispensable à son ascension vers le firmament. « J’ai appris à la schlague à me tenir droite, au sens propre comme au figuré !, expliquait-elle dans Paris Match en 2015. Mes chagrins, je les garde pour moi. En fait, je suis une taiseuse, je me livre peu. »

Clara MARGAUX

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