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Annie Cordy : "J'ai dû piquer mon chien, il souffrait trop !"

Publié le 5 novembre 2010

Radieuse de pouvoir faire son métier à 82 ans, Annie Cordy ne regarde jamais en arrière, sauf pour évoquer son cher mari Bruno et Nougat, son compagnon à quatre pattes.Radieuse de pouvoir faire son métier à 82 ans, Annie Cordy ne regarde jamais en arrière, sauf pour évoquer son cher mari Bruno et Nougat, son compagnon à quatre pattes.

Elle embrase tous les soirs la scène du Théâtre Daunou, à Paris, dans Laissez-moi sortir, une comédie taillée sur mesure pour Annie Cordy.

À 82 ans, l'inoxydable interprète de Tata Yoyo et de La bonne du curé, qui vient de fêter ses 60 ans de carrière, n'a pas l'intention de prendre sa retraite, comme elle nous l'a confié à quelques heures de monter sur scène.

->Voir aussi - Annie Cordy : Sa sœur morte sous ses yeux

France Dimanche (F.D.) : Votre pièce est un véritable succès...

Annie Cordy (A.C.) : Ne m'en parlez pas ! On est ravis. Après plus de six mois de tournée à travers la France, on a débarqué le 29 septembre au Théâtre Daunou, et c'est formidable !

F.D. : Le 26 octobre, une émission rendait hommage à vos soixante ans de carrière...

A.C. : Un moment inoubliable ! Quand Stéphane Bern m'a dit que j'avais participé à plus de 1200 émissions et des poussières, j'en suis restée baba ! J'ai passé un excellent moment, avec tous les copains qui m'ont fait la surprise d'être là : Nicole Croisille, Nicoletta et Petula Clark. J'ai aussi été très émue quand ils ont évoqué Bruno [François-Henri Bruno, son manager et mari de 1958 à 1989, ndlr]...

F.D. : Que ressentez-vous lorsque vous regardez dans le rétro ?

A.C. : Ah, je ne regarde jamais dans le rétro ! Je regarde toujours devant, mais jamais derrière !

F.D. : Vous n'avez aucun regret ?

A.C. : Si. J'aurais beaucoup aimé faire des études. Mais, à 15 ans, j'étais déjà sur les planches. Et puis, vous savez, mon père était dans son atelier de 7 heures du matin à 19 heures le soir, alors les devoirs... Quant à ma pauvre maman, elle ne savait ni lire ni écrire. Donc, excusez-moi du terme, mais je n'ai pas eu quelqu'un qui m'a poussée au derrière pour les études. Mais je n'ai jamais redoublé ! Bon, je n'ai pas eu le bac, je ne savais même pas que ça existait.

F.D. : Annie, si vous n'aviez pas été artiste, qu'auriez-vous aimé faire ?

A.C. : Mon Dieu, j'aurais peut-être été une femme d'intérieur, car je suis une « Madame Frotte-Tout » ! Ma nièce me dit toujours : « Arrête de frotter ! »

F.D. : Femme d'intérieur, mais pas mère au foyer...

A.C. : Eh bien, je n'ai pas eu d'enfant ! Si j'en avais eu un, je ne l'aurais pas mis à la rôtissoire, bien sûr ! Mais je n'en ai pas eu.

F.D. : C'est un autre regret ?

A.C. : Non. Je ne regrette pas de n'avoir pas eu d'enfant parce que j'ai pu passer ma vie sur les routes avec Bruno. J'étais si passionnée par mon métier... Notre devise belge est : « L'union fait la force. » La mienne, c'est : « La passion fait la force. »

F.D. : Êtes-vous aussi enthousiaste qu'à vos débuts ?

A.C. : Oh, oui ! Et plus traqueuse. Mais ce n'est pas le même trac. À mes débuts, je me demandais si j'allais plaire, maintenant, j'espère ne pas décevoir. C'est très important.

F.D. : Vous dites être timide. On a vraiment peine à le croire...

A.C. : C'est pourtant vrai ! Les gens en rigolent, mais je suis timide. Sauf sur scène ! Là, je suis chez moi. Mais avant, je ne vous dis pas, je rends la vie impossible à Mimi [ sa nièce, qui joue aussi dans la pièce et dont Annie est très proche, ndlr ].

F.D. : Indiscutablement, votre bonne humeur est communicative... Qu'est-ce qui vous rend à ce point heureuse ?

A.C. : Mais de pouvoir continuer à exercer ma passion, pardi ! Et je suis bien avec ma nièce. Mimi, c'est ma nièce, ma filleule, la fille de ma sœur [décédée dernièrement, ndlr, voir n ° 3344], mon assistante, mon chauffeur... On est absolument inséparables !

F.D. : Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ?

A.C. : Magnifiques ! Je suis née pendant la guerre, mais j'ai eu une enfance très heureuse. On était une famille unie, avec ma sœur aînée, Jeanne, et mon frère cadet, Louis. On habitait en face d'une fabrique de chocolat. Mon père avait son atelier derrière et ma mère, une petite épicerie. Et quand elle n'était pas là, elle me mettait dans les copeaux de bois. J'ai longtemps dormi sur des planches, c'est peut-être pour cela que j'ai voulu y monter !

F.D. : Vous teniez plutôt de votre papa ou de votre maman ?

A.C. : Des deux ! Sur scène, je suis ma mère. C'était une vraie lionne. Mon père, par contre, c'était le calme, la sérénité... Parce que, excusez-moi, mais ce n'était pas du nougat, ma mère !

F.D. : Justement, en parlant de nougat, comment va votre petit chien ?

A.C. : Oh, il est mort le 15 avril, à 13 ans, et ça a été terrible. Mon pauvre Nougat ! Ça a duré trois mois, et c'était l'horreur. C'est moi qui ai dû le piquer pour abréger ses souffrances. C'était affreux. Je ne m'en remettais pas et rendait tout le monde malheureux [en pleurs]. Alors Mimi m'a racheté deux adorables chiots, deux beaux caniches blancs, Fleecy et Fluffi. Ils passent des journées entières à se bagarrer sur la terrasse. Qu'il pleuve ou qu'il vente, ils sont dehors, et moi, tous les soirs, je les brosse et je les peigne. Cela me met du baume au coeur.

Caroline Berger

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