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Annie Cordy : "Je n'ai jamais eu peur de rien"

Publié le 8 mai 2009

Annie Cordy nous a confié  : "Un jour, je serai morte et  je ne le saurai même pas..."

Pour les besoins d'une séance photo, l'artiste Annie Cordy, qui a toujours la pêche, a remis les gants le temps d'un round face à un authentique boxeur. Nous avons rencontré cette championne toute catégorie de la bonne humeur, au punch inusable.

->Voir aussi - Annie Cordy : À nouveau sur le billard

France Dimanche (F.D.) : À vous voir bouger sur scène, vous tenez toujours une forme d'enfer !

Annie Cordy (A.C.) : Le secret de ma forme ? C'est la passion de mon métier. Tout passe par là. Je n'ai pas le temps de penser à mes douleurs. Pour moi, la scène est réellement un catalyseur. Quand j'y mets les pieds, même dans les moments difficiles, j'oublie tout, je laisse mes tracas et mes souffrances dans la loge. Il m'arrive de perdre des êtres chers, comme tout le monde. Et des images, des instants de bonheur me reviennent en mémoire, mais le public n'est pas là pour ça. Il vient se divertir.

F.D. : Révélez-nous votre secret de fraîcheur, de vigueur et de jeunesse ?

A.C. : Je me lève tôt. Je ne peux pas rester sous la couette. J'ai autre chose à faire. Je n'ai pas de mal à me lever à 7 heures du matin, quelle que soit l'heure à laquelle je me suis couchée. Et je ne me couche jamais avant minuit. Je n'ai pas le temps d'aller dans une salle de fitness, mais je consacre quotidiennement vingt minutes à des étirements. Je pense vraiment à ce que je fais et je vais au bout de mes mouvements. C'est très important.

F.D. : Le champion de Belgique des poids moyens, Jamel Bahki, a pu tester votre punch. Avouez que, face à lui, vous avez quand même eu peur par moments ?

A.C. : J'ai tremblé, c'est clair. Mais vous avez vu ma gauche ? Le champion m'a avoué que je possédais beaucoup d'énergie dans mes gestes. Plus sérieusement, j'ai été impressionnée par ce boxeur, par son palmarès, mais surtout par sa gentillesse. Il est adorable.

F.D. : Avec vos gants de boxe, vous reprenez la pose du film Ces dames s'en mêlent, vous étiez au côté d'Eddie Constantine.

A.C. : Oui, c'est vrai, mais sur l'affiche du film, je n'avais pas de gants. J'ai toujours eu l'âme d'une battante. Je ne suis pas du genre à baisser les bras. Je me dis qu'il y a toujours moyen de faire mieux.

F.D. : Annie, vous n'avez jamais été de ces femmes jouant de leur charme auprès des hommes ?

A.C. : Non, j'ai toujours préféré être draguée. Moi, je n'ai jamais dragué qui que ce soit. Je suis peut-être orgueilleuse, mais c'est ainsi.

F.D. : Vous étiez trop timide ?

A.C. : Oui, ça c'est le moins que l'on puisse dire. Timide à un point incroyable. D'ailleurs, quand je dis ça aux gens, ils ne me croient pas. Dans la vie, je suis pourtant tout l'inverse de celle que je parais sur scène. Quand je suis dans un environnement qui n'est pas très sympathique, je suis très mal dans ma peau.

F.D. : Vous souvenez-vous de votre premier amour ?

A.C. : Oui, très bien. C'était à Overijse pendant la guerre. Nous avions dû nous expatrier, car maman s'était engueulée avec un gendarme de l'époque. Je peux vous assurer que même si elle ne faisait que 1, 50 m, c'était un véritable lion. Elle écoutait Radio Londres la fenêtre ouverte, alors qu'en face, il y avait toujours des Allemands. Là, mon père a décidé qu'il valait mieux partir afin de ne pas prendre de risques. À Overijse, j'ai rencontré un charmant jeune homme qui se nommait Raymond. Nous allions à la pêche avec un bâton et une corde. C'est là que j'ai donné mon premier bisou. C'était mignon.

F.D. : Que pensez-vous de la nouvelle génération, guère enthousiaste à l'idée de vivre en couple ?

A.C. : Les jeunes veulent leur liberté. Personnellement, j'ai vécu avec mon mari pendant presque quarante ans, mais tout a évolué... Disons franchement que si c'était à refaire, je ne prendrais pas de mari. J'aurais un amant auquel je tiens et qui tient à moi. Et je ne vivrais pas avec lui, parce que l'habitude peut tuer l'amour.

F.D. : Quand la mort se présentera à vous, vous lui mènerez la vie dure, non ?

A.C. : La mort ne me fait pas peur du tout, mais je ne sais pas comment je réagirai quand elle fondra sur moi. Si j'ai le temps, j'essaierai quelque chose. Mais comme je vous l'ai dit, le temps n'a pas d'importance pour moi. En guise de boutade, je répète souvent : « Un jour, je serai morte et je ne le saurai même pas !»

F.D. : Qu'aimeriez-vous que les gens retiennent de vous ?

A.C. : Ma bonne humeur, en se disant : « Tiens, c'était la fille qui nous faisait bien rigoler. La fille qui mettait des chapeaux ridicules et qui chantait. » C'est tout.

Maxime Quentin

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