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Annie Cordy : Sa sœur morte sous ses yeux !

Publié le 1 octobre 2010

Quelques jours avant de remonter sur scène, la chanteuse Annie Cordy a eu la douleur d'enterrer Jeanne, son aînée de six ans.Quelques jours avant de remonter sur scène, la chanteuse Annie Cordy a eu la douleur d'enterrer Jeanne, son aînée de six ans.

«The show must go on !», une vieille expression que les Anglais utilisaient lorsque dans les cirques, un artiste se blessait et ne pouvait poursuivre son numéro. Le spectacle doit continuer, traduit-on en français, quand un comédien, frappé par le destin, doit malgré tout monter sur scène, faisant fi de ses malheurs. En grande dame du music-hall, monde qu'elle pratique avec talent et bonne humeur depuis soixante ans, Annie Cordy ne déroge pas à la règle.

Mercredi 29 septembre, elle sera une fois encore fringante et désopilante lors de la première parisienne de la pièce Laissez-moi sortir dans laquelle elle incarne une artiste en fin de carrière enfermée chez elle le soir de son jubilé. En chantant, en dansant, le rire aux lèvres ou la larme à l'oeil, mais toujours avec la justesse qui la caractérise, elle va de nouveau conquérir le public de la capitale. Mais combien, parmi ceux qui applaudiront sa prestation, vont se rendre compte que son apparente joie de vivre masque une douloureuse blessure ?

->Voir aussi - Annie Cordy : Adieu Ginette Garcin

Nous avons appris la nouvelle dix jours à peine après qu'elle nous a accordé une longue interview pour ses 60 ans de carrière - entretien que vous pourrez prochainement lire dans nos colonnes. Comme à son habitude, et malgré le chagrin dû à la disparition de son chien, Nougat, elle s'était montrée heureuse de vivre. Entre deux questions, elle avait évoqué avec pudeur et dignité sa soeur Jeanne, de six ans son aînée qui, un peu diminuée, avait quitté Cannes à Noël dernier pour venir la rejoindre à Paris.

Qui aurait pu imaginer que deux jours à peine après notre entretien, Jeannette, ainsi qu'elle l'appelait, allait rendre son dernier souffle ? D'après nos informations, Annie l'aurait découverte inanimée au petit matin, après avoir promené Fleecy et Fluffi, deux jeunes chiots offerts par Michèle, sa nièce, la fille de Jeanne.

Rapprochement

Depuis neuf mois, cette dernière, souffrant de diabète, était traitée au domicile d'Annie. Malgré ses 88 ans, et peut-être du fait de ce rapprochement, elle avait repris des forces et goût à la vie. Vendredi dernier, c'est donc le cœur lourd qu'Annie est revenue à Cannes pour l'inhumation de sa grande sœur dans le caveau familial. Se remémorait-elle, au moment de lui dire adieu, les moments intenses qu'elles ont partagés ?

Revoyait-elle ce signe particulier qui avait marqué Jeannette quand sa cadette était née avec deux incisives ? Revivait-elle leurs jeunes années bruxelloises, lorsque toutes deux partageaient le même grand lit au-dessus de l'épicerie maternelle, et de l'atelier paternel ? « Nos deux tempéraments, déjà très différents, écrivait Annie il y a quelques années, s'opposaient jusque dans notre sommeil. Jeanne remontait les draps par dessus sa tête. Moi, il fallait que j'aie le nez dehors ...»

On comprend mieux, à la lumière de cette anecdote, le caractère extraverti d'Annie, née Léonie Cooreman. Plus tard, Jeanne observera d'un oeil amusé sa cadette jouer avec Louis, leur frère. Annie se rappelle aussi, sans doute, que Jeannette ne lui a pas été d'un grand secours pour faire ses devoirs, plus préoccupée par ses premières amours que par la réussite scolaire de sa petite sœur.

Enfance

Ces souvenirs communs, Annie les a écrits, gravés à jamais dans un livre. Mais pour trois ou quatre anecdotes, combien ont disparu pour toujours avec Jeannette ? Voir partir son frère, sa sœur, c'est tirer un trait sur tout un pan de son enfance, c'est prendre conscience de son âge, perdre un jalon essentiel sur la route de la vie.

Avec sa force de caractère, Annie, qui ne vit qu'au présent, saura probablement trouver les ressources pour faire face à ce deuil. Lorsque nous avons appris la mauvaise nouvelle, nous avons tenté de la joindre afin de savoir si elle désirait rendre hommage à Jeannette dans notre magazine.

Sa nièce, Michèle, nous a gentiment expliqué qu'à deux jours de jouer sa pièce à Paris, il fallait surtout, pour l'heure, qu'Annie Cordy parvienne à faire le vide dans sa tête pour se sentir au mieux sur scène. Nous comprenons, bien sûr, ce sentiment légitime et, tout en nous associant à leur douleur, nous souhaitons à l'artiste et à sa nièce de surmonter ce deuil tout en continuant de nous faire rire, pleurer, rêver : « The show must go on

Cyril Bousquet

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