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Annie Stone : “Il ne me reste plus 
que quatre mois à vivre !”

Publié le 6 avril 2017

La chanteuse 
Annie Stone s’est confiée à son biographe Yves Quitté sur sa fin prochaine. Un  témoignage  bouleversant…

Enfant de l’après-guerre, née le 31 juillet 1947, Annie Gautrat, qui se fait désormais appeler Annie Stone a conscience d’avoir vécu une période dorée. « Souvent, mes enfants et leurs amis me demandent de leur raconter la folie des années 60 et 70. »

Il est vrai qu’avoir eu 20 et 30 ans durant cette époque bénie des Trente Glorieuses peut faire rêver la jeunesse actuelle. Déjà, on ne disait pas « chercher », mais « trouver » un travail. Annie, qui avoue volontiers avoir été une mauvaise élève, se souvient qu’à 16 ans, en quittant l’école pour laquelle elle n’était pas douée, elle n’avait eu qu’à ouvrir un quotidien à la page des petites annonces pour dénicher un travail de vendeuse de chaussures chez Eram.

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Deux ans plus tard, elle sortait son premier 45 tours et se laissait embarquer dans le tourbillon du show-biz et de la célébrité ! Une destinée incroyable pour cette aînée d’une famille de quatre enfants qui vouait une véritable passion aux chanteurs de variétés !

Que ce soit dans les villes du Nord, où elle a vécu au gré des affectations de son père, agent SNCF qu’elle qualifie de « psychotique », ou à Commentry, dans l’Allier, berceau de ses grands-parents maternels, ou encore à Paris où ils retournent vivre quand elle a 18 ans, elle est allée voir sur scène toutes les vedettes : Johnny, Sylvie, Luis Mariano, Sacha Distel… Autant d’idoles qu’elle attendait des heures durant à la sortie de leur concert pour quémander des autographes. Et autant de chanteurs qu’elle a côtoyés ensuite d’égal à égal lorsqu’elle est devenue à son tour une icône de la chanson française.

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Mais quand elle vous raconte cette jeunesse insouciante et débridée, Stone n’en fait pas tout un plat. Le fait d’avoir eu sa tête affichée en grand sur les Champs-Élysées pour son premier disque ne l’impressionne pas plus que ça. Annie est ce que l’on appelle une bonne et heureuse nature. « Tout ce qui m’est arrivé dans la vie, je ne l’ai jamais provoqué, on est venu me le proposer. »

Naïve comme une toile de Marie Laurencin, comme le chantait Joe Dassin, l’un de ses amis, elle ne se rend toujours pas compte, cinquante ans après ses débuts, qu’elle a mené une vie aussi foisonnante qu’incroyable. Elle sait de quoi elle parle lorsqu’elle évoque la folie sans limites du show-biz des années yé-yé puis baba cool.

D’où la curiosité de ses enfants, Baptiste (44 ans), qu’elle a eu avec Éric Charden, Martin (33 ans) et Daisy (31 ans), nés de son second mariage avec Mario D’Alba. Fataliste et optimiste, Annie a toujours pris ce qui lui arrivait naturellement.

Sa rencontre à 18 ans avec un imprésario de Polydor au Bus Palladium, qui veut lui faire faire un essai alors qu’elle n’a jamais chanté ; son élection de Miss Beatnik dans cette même boîte où, dans le jury, figure un certain Éric Charden ; le succès gigantesque de L’avventura, une commande que Charden avait composée en valse pour qu’elle ne marche pas… tout cela semble normal pour elle.

Lignes de la main

Il faut dire que la chanteuse croit à tout ! Aux synchronicités tout d’abord, ces sortes de hasards de la vie qui n’en sont pas tout à fait. De même, elle se passionne pour le paranormal. Éric Charden et elle étaient des lecteurs assidus de science-fiction, notamment de ceux de George Adamski, qui prétendait avoir rencontré des extra­terrestres. Elle croit aussi aux vies antérieures, à la réincarnation et à la communication avec l’au-delà !

Il est vrai qu’elle a de qui tenir. Depuis son arrière-grand-mère, qui à l’époque était plus ou moins considérée comme une sorcière dans leur village de l’Allier, jusqu’à sa propre fille, presque toutes les femmes de la famille ont eu des prémonitions et ont parlé avec les morts. « Presque », car cela a sauté une génération. Dont la sienne, à son grand désarroi ! Ainsi, sa mère et sa propre fille lui ont relaté entrer en relation avec des âmes en peine. Des fantômes qui ne peuvent quitter l’endroit où ils sont décédés.

Elle en décrit des exemples étonnants dans son livre truculent. « Pourquoi je ne les croirais pas ? Pourquoi me raconteraient-elles des salades ? », réplique Annie aux sceptiques… parmi lesquels Mario, son mari ! De la même façon, si elle se désole de ne pas posséder elle-même ce don, elle reste persuadée qu’il y a « forcément » quelque chose après la mort. « Sinon, ce serait ridicule ! » s’insurge-t-elle. « Le contraire n’aurait pas de sens ! La vie ne peut pas se borner à un passage terrestre aussi court. […] Quel intérêt d’avoir été ici-bas sans au-delà ? » s’interroge-t-elle encore dans sa biographie.

Autant de convictions qui l’ont poussée à ne pas redouter l’instant fatidique de sa propre disparition : « Moi, je n’ai pas peur de la mort. Ni de la mienne ni de celle des autres. Elle va arriver un jour, de toute façon », écrit-elle. Une fatalité qu’elle accepte d’autant plus facilement qu’elle croit même en connaître la date ! Une échéance qui approche à grands pas, car ce serait pour cette année 2017 !

Cette date fatidique, elle l’avait pourtant oubliée… jusqu’à la mort d’Éric, à l’âge de 69 ans. Après ce deuil, elle s’est souvenue qu’en 1966, alors qu’ils étaient jeunes mariés, ils avaient croisé dans un restaurant de Megève une voyante lisant l’avenir dans les lignes de la main. Annie en est encore persuadée aujourd’hui : « Il ne s’agissait pas d’une Gitane farfelue diseuse de bonne aventure pour touristes, mais d’une vraie pro ».

Ainsi, après leur avoir noirci la paume, elle l’a posée sur une feuille blanche et a commencé à décrypter leurs empreintes. Annie précise bien qu’ils n’étaient pas connus à cette époque. Cette dame ignorait tout d’eux et ne savait pas qu’ils évoluaient dans la chanson. Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, toutes ses prédictions se sont avérées !

Elle a deviné qu’ils travaillaient dans le spectacle et que, dans les cinq ans à venir, ils connaîtraient un immense succès. L’avventura date de 1971 ! « De même, elle nous a annoncé la naissance de notre fils, […] notre séparation d’ici dix ans […] et que nous aurions chacun des enfants avec un autre conjoint ! », se souvient-elle aussi.

Directives anticipées

Et puis, contrairement à la plupart des médiums, cette femme a accepté de leur parler de leur mort. Elle a prévenu Éric qu’il devrait succomber « aux alentours de 70 ans ». Il est effectivement décédé à 69 ans ! Quant à Stone, elle lui a prédit « une mort brusque à 70 ans ». Une décennie qu’elle va atteindre cet été !

Mais, si Annie dit y « repenser tout le temps désormais », elle ne redoute pas ce moment. Elle est heureuse de sa vie, curieuse de connaître la suite, et quoiqu’un peu triste de laisser les siens, le mot « brusque » la rassure. Traumatisée par le décès long et pénible de sa maman, dont elle s’est occupée jusqu’à la fin, Stone milite au sein de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. Un autre de ses combats – avec la lutte contre la maltraitance faite aux animaux – qu’elle raconte très bien dans son livre.

Elle-même a exprimé ses « directives anticipées » et demandé à sa fille de les exécuter. En résumé, elle ne souhaite pas qu’on la maintienne en vie si elle devait tomber gravement malade. En fait, derrière son joli sourire angélique et sa bonne nature pétillante, Stone, à l’instar de feu Jacques Brel, redoute peut-être plus de vieillir que de « mourir, la belle affaire ! »

Par exemple, l’éternelle interprète d’Il y a du soleil sur la France n’a jamais caché avoir recours tous les dix ans à une intervention de chirurgie esthétique. D’où la question qui taraude Annie Stone : cela vaut-il le coup d’en subir une autre alors même que sa fin approche ?

Pour en savoir plus : "Complètement Stone", d’Yves Quitté, aux éditions Robert Laffont. 
Sortie le 6 avril. 21 €.

Claude Leblanc

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