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Anny Duperey : Abandonnée par son compagnon !

Publié le 12 novembre 2018

Pourtant lié à la vie à la mort avec Anny Duperey, celui-ci a préféré tout arrêter pour donner une belle fin à leur histoire.

C’est une battante, une « résiliente », comme dirait son ami, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Chaque fois que le malheur a failli l’abattre, elle s’est relevée, plus forte. La tragédie et la mort ont eu beau marquer le parcours d’Anny Duperey, elle n’en continuait pas moins d’afficher un éclatant sourire, et un enthousiasme pour cette vie qu’à 71 ans, elle croquait à belles dents. Hélas, c’est aujourd’hui une nouvelle épreuve qui s’abat sur l’héroïne d’Une famille formidable.

La famille, le point sensible d’Anny justement, orpheline à 8 ans et demi de ses parents, morts asphyxiés par le chauffe-eau à gaz de la salle de bain. Le théâtre et le cinéma seront son refuge. C’est d’ailleurs sur les planches que l’interprète d’Hélène dans La guerre de Troie n’aura pas lieu tombe amoureuse de Pâris, son partenaire aux yeux encore plus bleus que les siens. Entre Anny et Bernard Giraudeau, c’est l’amour fou. Il parvient même à la persuader de devenir mère, ce qu’elle s’était jusqu’alors interdit, en lui assenant cette vérité lapidaire : « Le refus d’enfant à ce point, c’est un suicide. »


Six mois plus tard, elle tombe enceinte. Gaël voit le jour en 1982 suivi, trois ans après, par Sara. Pendant dix-huit ans, ils tenteront, entre éclaircies et turbulences, Paris et la Creuse, où Bernard a acheté une maison de campagne, de concilier l’inconciliable.

Car comme le confiera Anny : « Bernard était un homme très difficile qui n’aimait pas le bonheur. Il enrageait de tout. Il était très négatif. »

Ils se séparent en 1991, mais l’actrice ne reste pas seule bien longtemps. L’année suivante, elle se lance dans une toute nouvelle aventure, celle d’Une famille formidable, réalisée par Joël Santoni et diffusée sur TF1. Au côté de son mari de fiction, Jacques Beaumont, interprété par Bernard Le Coq, Anny, alias Catherine, est, dans cette folle tribu, comme un poisson dans l’eau. Elle qui aime s’amuser est servie ! Auprès de cet autre Bernard fantasque et rigoureux, la comédienne jubile : « C’est un acteur extraordinaire, avec une palette de jeu incroyable : il est capable de jouer Chirac ou les salauds à la perfection. »

Partenaires à l’écran, ils deviennent, au fil des saisons, aussi liés que peuvent l’être un frère et une sœur. Même les scènes intimes donnent lieu à d’interminables rigolades, comme elle nous l’avait raconté : « Nous faisons l’amour en T-shirts ou en pulls à cols roulés dans la série. Lors de ces séquences, Bernard ne peut s’empêcher de faire des blagues et de me chatouiller. Et moi je pleure de rire… »

Ce sens aigu du comique sera aussi la source de l’immense amitié la liant à Philippe Khorsand, alias Richard, dans le feuilleton. « On a eu un énorme fou rire dans une des premières scènes que l’on a tournées ensemble. À tel point que les jours qui ont suivi, on ne pouvait même plus se regarder sans éclater de rire », nous confiait-elle encore.

En 2007, Philippe, malade, est contraint de quitter les plateaux. Un an plus tard, le 29 janvier 2008, c’est une Anny ravagée par le chagrin qui accompagne son ami dans sa dernière demeure, au Père-Lachaise, à Paris. « Je ne lui dis pas adieu mais au revoir, car un être si touchant ne peut disparaître à jamais. Il vit encore et vivra toujours dans mon cœur », déclare-t-elle alors.

La mort de l’inoubliable interprète de Palace précède de quelques mois celle de Patricia, dite Pitou, la petite sœur de la comédienne. Comme le déplore alors cette dernière : « Je n’en finirai jamais avec le deuil. »

Elle ne pensait, hélas, sans doute pas si bien dire. En effet, le 17 juillet 2010, c’est au tour de Bernard Giraudeau, dont elle est restée très proche, de tirer sa révérence. Et c’est, encore une fois, auprès de la tribu créée par Joël Santoni, qu’elle puise chaleur et réconfort. La disparition de ce dernier, en avril dernier, a été un grand choc pour toutes celles et ceux qui, depuis vingt-cinq ans, tournaient sous sa houlette. À commencer par Anny et Bernard. Comme celui-ci vient de le confier au Parisien : « Je l’ai vu partir, mon pote, c’est assez raide, j’étais très souvent à l’hôpital, je l’ai vu ne plus pouvoir rire, boire, parler… » Le tournage de la quatorzième saison étant lancé, les comédiens ont conjugué leurs efforts pour qu’elle voie le jour.

En attendant de trouver un autre réalisateur pour reprendre le flambeau ? C’est sans doute ce qu’espéraient TF1, les quelque 3,2 millions de fidèles qui suivent les tribulations du clan Beaumont et la plupart des interprètes de la série. Mais c’était compter sans Bernard Le Coq. Inconsolable depuis le décès de l’ami « Jojo », il a décidé de cesser l’aventure. « C’était un frère, c’est une perte terrible. Je ne peux pas me remettre de cela en me disant que l’on va faire une espèce de suite ou d’ersatz de quelque chose qui était à lui. […] Il aimait cette famille qu’il avait créée, lui qui était orphelin, avec Anny qui était aussi orpheline. Maintenant nous le sommes tous », vient-il de confier.

Et Anny doublement. Abandonnée par celui qui est son complice depuis un quart de siècle, que pouvait-elle faire ? Accepter la proposition de la chaîne, de poursuivre sans Bernard ? Impensable pour cette fidèle au grand cœur. Ce sera donc, comme TF1 l’a annoncé samedi dernier lors d’une bande-annonce, la quinzième et ultime saison d’Une famille formidable. Un renoncement que l’actrice, avec le tempérament qu’on lui connaît, vit malgré tout sereinement. Il faut dire que depuis quelque temps, la cadence des tournages, une saison par an, était devenue infernale. Et puis, comme elle l’a évoqué, l’aventure n’est peut-être pas tout à fait finie : « On pourrait revenir dans trois ou quatre ans. Nous sommes une troupe, j’espère que nous ferons un film sur ce qu’ils sont devenus. » En attendant, pas question pour la comédienne de se laisser aller au spleen. Cette fonceuse a en effet mille projets en cours : des films, la sortie d’un livre de photographie, une exposition… La famille s’arrête peut-être, mais la vie, elle, continue.

Lili CHABLIS

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