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Anny Duperey : "Et pourquoi pas une journée de la poule ?"

Publié le 24 janvier 2012

On savait qu'elle maniait la plume avec beaucoup d'élégance. Anny Duperey le confirme dans ce livre, ode aux habitants de sa basse-cour.


En ces temps moroses, Anny Duperey nous offre une petite bouffée d'oxygène avec son neuvième ouvrage "Le poil et la plume". Un livre ébouriffant, paru aux éditions du Seuil, dans lequel la comédienne de 64 ans nous dévoile, avec humour et légèreté, sa passion pour les poules.

 ->Voir aussi - Anny Duperey : Le jour où Bernard lui a parlé de suicide

France Dimanche (F.D.) : D'où est née cette envie d'écrire un livre sur les poules ?

Anny Duperey (A.D.) : Petit à petit, en prenant conscience qu'on ignorait tout ou presque de cet animal, et qu'il était, du coup, l'objet d'un grand mépris. On a décidé une bonne fois pour toutes que la poule est idiote et on lui accorde très peu d'importance. Donc, j'ai souhaité, sur un mode plutôt léger, rétablir la vérité sur cet oiseau.

F.D. : Aujourd'hui, vous confiez ne plus pouvoir vous passez de la compagnie des bêtes...

A.D. : Oui, parce qu'elles m'ont sauvée de la solitude et d'un certain désarroi. Le contact avec les animaux est, pour ce qui me concerne, extrêmement consolateur. C'est le vivant, le palpitant, le doux, le chaud. C'est un rapport simple, intime, essentiel, comme celui qu'on peut avoir avec un bébé.

F.D. : Comment conciliez-vous votre métier et votre amour pour la nature ?

A.D. : Hé bien, je crois que ce rapport avec la terre m'est d'autant plus nécessaire que ma condition de comédienne m'oblige à me déplacer très souvent. Dès l'âge de trente ans, j'ai ressenti cet appel de la nature...

F.D. : Comment a réagi votre entourage à la lecture de « Le poil et la plume » ?

A.D. : Très bien, même si je crois que mes enfants ne l'ont pas encore lu. Ma fille a dû lire deux ou trois de mes livres, mon fils peut-être un, mais comme dirait l'autre : « On n'a pas beaucoup de succès chez soi généralement ! » (rires)

F.D. : Vous dites vouloir instaurer une « journée de la poule »...

A.D. : (éclats de rires) C'est une charmante provocation. Mais il est vrai qu'on pourrait instaurer une journée pour ces bêtes nourricières. Mais attention, je souhaiterais quand même insister sur le fait que j'éprouve pour les animaux un attachement tout à fait raisonnable. Je les aime, c'est vrai, mais sans excès, d'un amour très mesuré.

F.D. : Comment parvenez-vous à tuer et manger ces gallinacés que vous aimez tant ?

A.D. : Parce qu'il le faut... Soit vous les laissez en liberté et elles finiront dévorées par une buse ou un renard, soit vous vous retrouvez très vite menacé par la surpopulation ! D'une manière ou d'une autre, elles mourront. Alors autant sauter le pas, et les tuer le plus proprement possible ! Les poules mères finissent en général par mourir de leur belle mort. Mais, les matins où je dois sacrifier un ou deux poulets, je vous avoue que je ne suis franchement pas bien. En même temps, c'est une manière de les aimer, jusqu'au bout.

F.D. : Croyez-vous qu'un jour, on verra des cocottes sur les balcons parisiens ?

A.D. : (rires) Peut-être pas, car elles risqueraient de manquer d'air et de verdure, les pauvres ! Mais il paraît que les jardineries d'Ile-de-France enregistrent de plus en plus de demandes de poules. Les clients sont en général des gens habitant en banlieue, qui possèdent un peu de terrain, et souhaitent pouvoir consommer des œufs frais. Je trouve ça très bien de prendre soin d'un animal qui vous nourrit, cela vous oblige à le considérer autrement qu'un morceau de viande sous plastique !

Caroline BERGER

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