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Anny Duperey : Face à la violence conjugale !

Publié le 29 janvier 2016

  Samedi 23 janvier, l’interprète d’“Une famille formidable”, Anny Duperey, est arrivée, la mine sombre et le  regard embué, sur cette place de la Bastille, à Paris…

Durant quarante-sept longues années, elle a subi les coups et les humiliations d’un mari violent et tortionnaire. Des sévices et des abus sexuels que ses trois filles Sylvie, Carole et Fabienne ont également vécus. Sans qu’aucune plainte ne soit déposée auprès des autorités, alors que tout le village de La Selle-sur-le-Bied (Loiret) était au courant ! La faute à la honte et la peur sans doute.

Mais « c’était un monstre, une bombe ! » clame en décembre dernier la femme battue à la barre de la cour d’assises du Loir-et-Cher qui, de victime, est brusquement passée au statut de coupable. Car, en septembre 2012, après un calvaire aussi incompréhensible qu’interminable, Jacqueline Sauvage a fini par craquer en abattant son mari tyrannique et incestueux de trois coups de fusil dans le dos.

Malgré les preuves et les témoignages accablants en sa faveur, cette femme de 68 ans a été condamnée à dix ans de prison ! Une sentence confirmée en appel en décembre 2015 puisque la légitime défense n’a toujours pas été retenue. Écœurées par ce jugement et effondrées de voir leur mère incarcérée au centre pénitentiaire de Saran (Loiret), ses filles, soutenues par une cinquantaine de parlementaires, ont introduit un recours en grâce auprès du président de la République, le 22 décembre.

->Voir aussi - Anny Duperey : "Si l'amour se présente, je ne dirai pas non !"

Légitime défense

Depuis, une pétition sur Internet a recueilli plus de 350 000 signatures. À la tête de ce mouvement de protestation, se trouvent des associations comme les Femen, mais aussi des femmes libres telles qu’Anny Duperey. Ainsi, l’interprète d’Une famille formidable, choquée par « cette condamnation profondément injuste », a participé à une manifestation samedi dernier aux abords de l’Opéra Bastille.

Entourée par plus de deux cents indignés arborant des « Je suis Jacqueline Sauvage » ou « Justice sauvage, libérez Jacqueline », l’actrice est apparue très affectée. Comme Anne Hidalgo, maire de Paris, Daniel Cohn-Bendit et Jean-Luc Mélenchon, la « veuve » de Bernard Giraudeau a donné de la voix devant les caméras : « Je suis là parce que le cas de cette femme m’émeut profondément ». Rappelant qu’« une femme battue meurt chaque jour », Anny voit en Jacqueline un « exemple emblématique ».

Accompagnée d’Éva Darlan, l’actrice a ajouté que, même si « elle a tué », il s’agit d’un cas de légitime défense. Remontée, elle s’emporte face aux micros tendus comme si elle témoignait à la barre du tribunal : « Il ne s’agit pas d’un acquittement, il s’agit d’une grâce, au regard de ce qu’elle a souffert, d’en prendre compte et de se dire que c’est complètement injuste de l’enfermer dix ans, en plus, après tout ça ! »

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Pierre-Antoine Brionne

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