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Anny Duperey : Frappée par une mort atroce !

Publié le 12 mai 2018

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Pour Anny Duperey, qui a connu des deuils douloureux, la disparition de Joël Santoni, père d’“Une famille formidable”, est une nouvelle souffrance.

Elle a beau avoir un sourire éclatant et un tempérament qui semble à toute épreuve, la comédienne porte en elle une longue liste de deuils.

Comme si toute son existence, malgré les grandes joies qu’elle a pu connaître, était marquée par la disparition d’êtres chers.

Et voilà qu’aujourd’hui la mort la frappe une nouvelle fois, ravivant cette douleur qui semble ne l’avoir jamais vraiment quittée.

On le sait, la vie d’Annie Duperey a commencé par la perte, quand elle avait 8 ans et demi, de ses deux parents.

Un dimanche de l’année 1955, son père et sa mère ont en effet péri, asphyxiés au monoxyde de carbone, dans la salle de bains de leur maison. C’est la petite Anny qui les avait découverts.

Ce drame intime, elle a réussi à le raconter des années plus tard dans un livre bouleversant : Le voile noir, paru en 1992 aux éditions du Seuil.

« Mon père, ma mère, vous m’avez laissée dans une si profonde solitude ce matin-là… »

Mais la solitude et le chagrin ne se sont pas arrêtés là.


Fin 2016, Anny confiait à notre confrère Télé 7 Jours : « J’ai eu tant de morts dans ma famille que je peux pleurer sur commande. L’écrivain Henri Calet a écrit une très jolie phrase qui me correspond assez bien : “Ne me secouez pas. Je suis plein de larmes.” »

“Irremplaçable”

Des larmes versées à nouveau quand le père de ses enfants, Bernard Giraudeau, succombe à son cancer en juillet 2010, à l’âge de 63 ans.

Un coup très dur pour l’actrice, qui pleurait aussi en songeant à la douleur éprouvée par leurs deux enfants, Gaël et Sara.

Mais sur cette route difficile, Anny avait trouvé le moyen de se recréer un univers accueillant et réconfortant. Il s’agissait au départ d’une famille factice, destinée à n’exister que sur le petit écran.

Mais au fil du temps, la troupe de la série Une famille formidable s’est peu à peu transformée pour elle, en l’espace de vingt-six ans, en une oasis d’affection.

Pendant toutes ces années, les liens entre les comédiens, les techniciens et les créateurs de cette œuvre n’ont cessé de se renforcer. Aussi, quand un des acteurs, Philippe Khorsand, qui incarnait Richard Matisse, le meilleur ami de Jacques et de tous les Beaumont, meurt à l’âge de 59 ans, Anny est inconsolable.

« Je suis bien triste… C’est une grande perte amicale… C’était quelqu’un d’unique, d’irremplaçable ! », avait confié l’actrice à notre reporter Jean Joyon, peu après la disparition du comédien.

La peine avait été si grande pour chacun des membres de cette famille pas comme les autres que la production du feuilleton avait décidé de mettre en scène la mort de son personnage…

« Je me souviens de la scène où Bernard (Le Coq) et moi sommes devant la tombe de Richard – joué par Philippe Khorsand –, à 20 m de celle où est inhumé Philippe au Père-Lachaise. Nous n’avons pas cessé de sangloter toute la matinée », avait raconté Anny.

Et hélas, aujourd’hui, c’est le fondateur de cette Famille formidable, Joël Santoni, « créateur-réalisateur-scénariste et producteur » de ce programme, comme on peut le lire sur le site dédié à la série, qui est lui aussi parti. Il est décédé le 18 avril, à l’âge de 74 ans.

Équipe

Pour Anny, cette nouvelle a été terrible ! Car elle avait beaucoup partagé avec lui.

Elle s’était d’ailleurs confiée à son sujet, en janvier dernier : « J’ai un exemple précis [de chance] : la manière dont la série Une famille formidable est arrivée dans ma vie. Juste après avoir fini Le voile noir. Avec Joël Santoni, son créateur, on s’est aperçus qu’on a été orphelins au même âge. Si ce n’est pas de la belle organisation, ça ! »

Elle avait expliqué quel rôle cette série jouait pour eux : « Après les drames que nous avons vécus, il y avait probablement, pour Joël et pour moi, une vraie nécessité de faire un film sur une famille telle qu’on aurait aimé en avoir. »

Avant de concevoir ce grand succès, Joël Santoni avait réalisé plusieurs longs métrages, comme Les œufs brouillés, en 1976, avec Jean Carmet et Jean-Claude Brialy, ou Ils sont grands, ces petits, en 1979, avec Catherine Deneuve.

Aujourd’hui, toute l’équipe de cette belle histoire du petit écran est en deuil. Il est certain que lors du tournage de la quinzième saison, commandée par TF1, Joël Santoni sera présent dans tous les esprits.

Une façon pour tous ceux qui l’aimaient, comme Anny, de le faire encore vivre.

Laurence PARIS

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