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Anny Duperey : “J’endure des souffrances terribles !”

Publié le 24 octobre 2017

L’actrice Anny Duperey nous a raconté le calvaire qu’elle subit depuis plusieurs mois. Selon elle, ces  effets dévastateurs 
sont dus au médicament qu’elle prend depuis douze ans.

Mercredi 6 septembre, nous avons joint l’actrice Anny Duperey par téléphone. Sa voix était fatiguée et elle rassemblait son énergie pour se rendre sur un tournage. Elle a confirmé souffrir l’indicible mais a refusé, par pudeur, d’en dire plus, en concluant : « J’ai tout dit dans la presse. Reprenez-le ! »

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Depuis le printemps dernier en effet, Anny Duperey endure un véritable calvaire. À cause d’un méchant virus ? D’une bactérie sournoise ? D’un parasite rétif ? Vous n’y êtes pas : si l’héroïne d’Une famille formidable souffre le martyr depuis des mois, c’est à cause… d’un médicament ! Ce médicament s’appelle le Levothyrox.

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Nous sommes en France trois millions à le prendre chaque jour : il est destiné à corriger les dérèglements de la glande thyroïde, cet organe essentiel à la bonne marche de tout notre corps. C’est une molécule déjà ancienne et qui, jusqu’à maintenant, donnait toute satisfaction aux malades, à commencer par Anny Duperey elle-même.

Vertiges

Pour la comédienne, c’est en avril que tout a brutalement basculé, alors qu’elle se trouvait au Portugal, pour y tourner quelques scènes d’Une famille formidable. « J’ai commencé à avoir des malaises très inquiétants, une fatigue intense mais une incapacité à dormir, des vertiges, des crampes aux cuisses qui me tétanisent dans mon lit, des désordres intestinaux socialement handicapants, vient-elle de révéler dans Le Parisien. J’ai fait un échodoppler pour évaluer la circulation cérébrale, des examens. Il n’y avait rien d’anormal. »

Quoi de plus inquiétant, quand vous sentez que tout se détraque en vous… et que les médecins vous assurent que vos analyses ne révèlent rien qui cloche ? Très vite, l’angoisse monte, forcément. Mais enfin, dans un premier temps, Anny s’accroche, tente de se persuader que « ça va passer », comme cela arrive parfois, en effet.

Hélas, il lui faut rapidement se rendre à l’évidence : « ça » ne passe pas. La comédienne serre les dents. « Comme tous les acteurs, explique-t-elle encore, j’ai cette faculté, lorsque je ne vais pas bien, de m’extraire de mon mal-être le temps du tournage. Quand je joue, je fais bonne figure. Mais le soir, je m’écroule. Il n’est plus question pour moi d’aller au théâtre ou au cinéma : j’en suis physiquement incapable. J’ai même dû abandonner le vélo d’appartement que je pratique normalement tous les jours avec plaisir pour me maintenir en forme. »

Et toujours aucune explication en vue…

Mensonge

C’est alors qu’Anny tombe, en parcourant Internet, sur une pétition, signée par de très nombreuses personnes, qui dénonce le remplacement de l’ancien Levothyrox par un nouveau : la molécule active reste la même, mais ce qu’on appelle l’excipient (c’est-à-dire tout ce qui « enrobe » la molécule), lui, a été changé. Et, depuis, nombreux sont les malades sous traitement qui, à l’instar d’Anny, se plaignent de maux très divers… mais tous désagréables !

Pour elle, la lumière se fait brusquement : effectivement, en avril, son pharmacien a pris la précaution de l’avertir de ce changement dans l’élaboration du médicament (d’autres patients, les plus nombreux, n’ont même pas été avertis…). « Cela ne m’a aucunement inquiétée et j’ai continué à le prendre en toute confiance », dit-elle. C’est alors que les terribles malaises se déclarent, tous en même temps. Pour Anny, c’est évidemment la faute de son nouveau traitement.

« Comment en être aussi sûre ? enchaîne l’actrice. Je suis sûre parce que mes symptômes sont apparus très exactement au moment où j’ai terminé ma dernière boîte de l’ancienne formule pour commencer la nouvelle. Il n’y a pas d’autres explications que le médicament. Les autorités sanitaires et les médecins assurent que les éventuels effets indésirables sont transitoires. Quelle est la définition de transitoire ? Moi, cela fait quatre mois et je suis loin d’être la patiente qui souffre le plus. Ils disent aussi que tout changement de formule concernant la thyroïde – la glande des hormones – est “anxiogène”. Et puis quoi encore ? Moi, je ne suis pas anxieuse, je suis quelqu’un d’enjoué, qui ne craint pas le changement, alors cet argument m’agace profondément. Je le trouve insultant pour les patients. Je ne suis influencée par rien ni personne… si ce n’est par mon état ! »

Alors, Anny Duperey a décidé de réagir ; de faire jouer toute sa notoriété et d’élever la voix au nom de tous ceux qui souffrent comme elle et qui, eux, n’ont pas les moyens de se faire entendre. C’est pourquoi, il y a quelques jours, elle a publié la lettre qu’elle a adressée à divers responsables, dont le ministre de la Santé. Elle n’y mâche pas ses mots : « L’on m’a rapporté, écrit-elle, que le directeur de l’ANSM [Agence nationale de sécurité du médicament, ndlr] a affirmé à la radio, samedi dernier, que cette nouvelle formule du Levothyrox avait court dans toute l’Europe. C’est faux. Les Français sont les seuls “cobayes”. Quand un responsable si haut placé profère un si énorme mensonge, ce n’est pas très bon signe. […] Puisque tous nos pays voisins ont refusé cette nouvelle forme catastrophique du Levothyrox, que les Pays-Bas l’ont abandonnée après l’avoir testée, va-t-on favoriser une sorte de “marché noir de l’ancienne formule” à nos frontières, comme pour le tabac ? Quand on sait que ce produit est vital pour des milliers de personnes dont on pourrit la vie sans même qu’elles sachent pourquoi on les oblige à subir cela, c’est un honteux scandale ! »

Contactés par nos soins, les laboratoires Merck nous ont livré leur vérité : « La situation s’améliore, mais il faut trouver une solution adaptée à chaque patient. Cela peut prendre un peu de temps. Il existe des dysfonctionnements identiques à ceux provoqués par l’ancienne formule. Nous conseillons aux malades d’aller voir leur médecin pour déterminer le bon dosage avec ce nouveau produit, ce qui n’est jamais simple pour les problèmes de thyroïde. »

Cobayes

Depuis, Anny Duperey a reçu un important soutien dans ce nouveau combat : celui de Valérie Damidot qui, elle aussi, est soignée par ce médicament. « À titre personnel, je vis la même galère, a-t-elle twitté récemment, et ce serait bien d’avoir des réponses concrètes. » Mais alors, que demande Anny Duperey ? C’est simple, direct :

« Rendez-nous l’ancienne formule du Levothyrox ! clame-
t-elle toujours dans Le Parisien. Ou, tout du moins, laissez-nous le choix entre l’ancienne ou la nouvelle formule. Mon caractère est plutôt doux mais je suis vraiment furieuse de cette situation. Aujourd’hui, des patients sont pris en otage, servent de cobayes. Laisser perdurer cette situation est insensé et dangereux. […] Alors, j’espère que notre cri d’alarme sera très vite entendu. »

En tout cas, le voilà dûment relayé.

Valérie Bergotte

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