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Anny Duperey : “Si l’amour se présente, je ne dirai pas non !”

Publié le 30 novembre 2015

Avec Bernard Le Coq, Anny Duperey forme l’un des plus célèbres couples de télévision. Mais, dans la vie, l’actrice est une � célibataire � radieuse et très recherchée…

Anny Duperey revient dans la 12e saison de la très populaire série Une famille formidable sur TF1. À cette ­occasion, l’interprète de Catherine Beaumont, l’épouse de Jacques – incarné par Bernard Le Coq à l’écran –, s’est confiée à France Dimanche…

France Dimanche (F.D.) : Dans cette nouvelle saison, vous décidez d’aller vivre seule au Portugal. Vous le feriez dans la vraie vie ?

Anny Duperey (A.D.) : Franchement, non. Même si la vie est très agréable à Lisbonne, où les retraités français viennent en nombre profiter du climat et de la douceur de vivre. Mais contrairement à moi, Catherine, qui s’occupe trop des autres, n’a plus de temps pour elle. Elle traverse la crise de la soixantaine et a envie de se recentrer sur elle. Quitte à être confrontée à une solitude dans laquelle elle se sent d’ailleurs plutôt bien…

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F.D. : La solitude vous fait-elle peur ?

A.D. : Non. À 68 ans, je m’en accommode plutôt bien. Comme dit la chanson de Moustaki : « Pour avoir si souvent dormi avec ma solitude, je m’en suis fait presque une amie, une douce habitude ». À ce stade de ma vie, j’ai renoncé à l’idée de couple et me suis habituée à celle de vieillir seule. Ce qui est, au fond, le lot de toutes les femmes de ma génération : elles vivent plus longtemps que leurs conjoints, donc elles finissent célibataires. Et il vaut mieux se retrouver seule à mon âge qu’à 80 ans. Mais rassurez-vous, je vis une solitude relative et plutôt peuplée. J’ai la chance d’être entourée de mes enfants et petits-enfants et de faire encore un métier fabuleux qui me passionne.

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F.D. : Vous ne croyez plus en l’amour ?

A.D. : Évidemment que j’y crois encore ! Le destin peut toujours m’envoyer un ­hypothétique amoureux, mais je ne l’attends plus et j’ai arrêté de souffrir de cela. S’il se présente, je ne dirai pas non. On ne refuse pas la vie ! Mais, avec ce que j’ai vécu, il aura un sacré boulot ! [Elle éclate de rire].

F.D. : Au terme de vingt-trois ans de tournage, votre complicité avec Bernard Le Coq est restée intacte. Vous déplorez même de ne plus faire de scènes d’amour avec lui…

A.D. : Je confirme, car les scènes d’amour avec Bernard sont des moments comiques d’une rare intensité. À cause de Joël Santoni, le réalisateur, un grand pudique, dans la série, nous faisons l’amour en tee-shirts ou en pulls à cols roulés. Lors de ces séquences, Bernard ne peut s’empêcher de blaguer et de me chatouiller. Et moi je pleure de rire, comme au cours de cet épisode où il avait abusé du Viagra…

F.D. : Vous semblez l’adorer. Qu’a-t-il de plus que les autres ?

A.D. : C’est un acteur extraordinaire, avec une palette d’une variété incroyable : capable de jouer Chirac ou les salauds à la perfection. Si vous saviez l’œil qu’il peut avoir lorsqu’il joue les salauds, il est flamboyant… Et il garde un enthousiasme de gamin sur les tournages.

F.D. : Toutes les épreuves que vous avez traversées n’ont pas altéré votre joie de vivre. D’où vous vient cette perpétuelle bonne humeur ?

A.D. : C’est un tempérament de naissance. Je suis une survivante, une résiliente qui, enfant, a perdu ses parents. Ayant débuté ma vie avec un tel drame, tout me semble forcément positif. Je relativise les problèmes et lorsque des gens viennent me dire : « C’est terrible ce que je traverse », j’ai envie de répondre : « Non, dédramatisons. Seule la mort est terrible ! »

F.D. : Dans Une famille formidable, vous vous moquez des « jeunes qui sont déjà vieux ». Vous trouvez que la jeunesse d’aujourd’hui manque d’audace ?

A.D. : La société française est faite de jeunes très vieux et de vieux très jeunes. Nous autres, les enfants de 68, sommes restés des gamins dans notre tête. On a tout envoyé balader et l’on se retrouve aujourd’hui confrontés à des jeunes coincés, d’un stupéfiant conformisme. Peut-être le sont-ils en réaction à des parents soixante-huitards…

F.D. : Dans la série, votre belle-fille consulte une boule de cristal. Vous croyez aux forces de l’esprit ?

A.D. : Oui, je pense que les esprits des êtres disparus vivent autour de nous et font des signes : peut-être que mes parents me suivent et me protègent encore, qui sait ? J’ai aussi une sorte de sixième sens, une forte réticence intérieure, qui m’avertit de ne pas faire certaines choses. C’est ma petite lumière rouge qui me prévient et je l’écoute. Comme tous les orphelins, je développe des antennes, car j’ai été très tôt privée de défenses naturelles. Le psychiatre Boris Cyrulnik, à qui j’en ai parlé, m’a conseillé d’accepter ce don et même de le travailler. Il sait de quoi il parle : il est orphelin comme moi. Joël Santoni croit aussi aux forces de l’esprit : n’oubliez pas que, dans des épisodes précédents, je parlais à feu Philippe Khorsand [qui incarnait Richard dans la série, ndlr] sur sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise…

F.D. : Philippe Khorsand vous manque ?

A.D. : Terriblement : il ne se passe pas un épisode sans que je pense à lui. Son humour et son immense élégance me manquent. Il faut continuer à jouer, à donner du bonheur aux autres pour eux, à leur place. Vivre est le meilleur hommage à rendre aux disparus que l’on continue à aimer.

Jean-Baptiste Drouet

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