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Anny Duperey : Un extraordinaire don de voyance !

Publié le 12 juin 2015

En interprétant Hélène dans “La guerre de Troie n’aura pas lieu”, l’actrice Anny Duperey a pour la première fois compris ce � sentiment � qui la guide depuis longtemps…

Elle fête cette année ses 50 ans de carrière ! Difficile à croire tant Anny Duperey est restée jeune et fraîche ! La comédienne et romancière, que l’on a vue le 30 mai dernier affublée d’une perruque blonde dans Un parfum de sang, sur France 3, n’en a sûrement pas fini de s’amuser de son métier…

Pourtant, Anny n’a pas eu des débuts paisibles, c’est le moins qu’on puisse dire ! Et si elle s’en est sortie, c’est grâce à un sixième sens, comme elle vient de le confier dans Gala : « Je suis partie dans la vie un peu comme une funambule qui saisit sa chance, et j’ai développé quelque chose qui s’approche d’une certaine voyance, ou tout au moins d’une clairvoyance. »

Un sens inné ? Dans son cas, sûrement pas, comme elle l’explique : « Je le tiens peut-être du fait d’avoir été orpheline, ce qui oblige à développer des antennes, et à écouter ces antennes. C’est même une question de survie. »

Ainsi qu’elle l’a raconté dans son autobiographie, Le voile noir, un drame a marqué son enfance : le 6 novembre 1955, Anny, alors âgée de 8 ans, découvre les corps inanimés de ses parents dans la salle de bains. Asphyxiés par la fuite de gaz de leur chauffe-eau, Ginette et Lucien Legras meurent dans leur pavillon, près de Rouen.

Cette tragédie, la star s’est longtemps obstinée à la mettre de côté, à en ignorer la souffrance. Jusqu’à l’écriture de son livre-confession trente-sept ans après le drame…

Au lieu d’en concevoir un chagrin sans fond et de sombrer dans la dépression, la comédienne s’est tournée vers la vie, préférant au noir les couleurs… Couleur, c’est bien le mot qui convient ! Anny Duperey découvre un beau jour ce fameux sixième sens, celui dont nous vous parlions plus haut et qui lui a permis de survivre.

Alors qu’elle travaille le rôle d’Hélène, au théâtre, dans La guerre de Troie n’aura pas lieu, de Jean Giraudoux, elle réalise qu’elle voit les choses et les gens de la même manière que son personnage. Ainsi, dans la pièce, Hélène, pressée de quitter la ville, insiste pour rester, car elle ne voit pas ce départ « coloré ». Puis, l’héroïne de Giraudoux décide de suivre Pâris, son amant, car elle le voit comme une « découpure dans le ciel » alors que son mari est « transparent ».

« Je fus très surprise, en découvrant la pièce, de lire la description d’un phénomène qui m’était familier », écrit l’actrice dans Les chats de hasard. Cette faculté extraordinaire lui permet de « voir » sans forcément comprendre tout à fait quel chemin elle doit emprunter. Comme cette fois où on lui avait offert un rôle à contre-emploi qu’elle se croyait heureuse de jouer, mais dans lequel elle n’arrivait pas à s’investir.

Alors que le tournage est sur le point de commencer, la comédienne apprend qu’il est annulé. Ce qui, évidemment, ne l’étonne pas : « Je compris que ce film ne se ferait jamais parce qu’en fait il n’avait jamais eu une chance d’exister ! »

Vision

Dans Je vous écris…, la suite de son autobiographie, l’écrivain révèle un autre phénomène étrange. Alors qu'Anny Duperey vient d’achever l’écriture du Voile noir, le 15 septembre 1991, elle « rencontre » sa mère quelques semaines plus tard. La scène se déroule au Portugal, dans sa chambre d’hôtel, à 2 h du matin.

Alors qu’elle vient de s’endormir, Anny se laisse emporter par des images de son ancienne maison le matin du fameux drame. Elle n’est plus une fillette, mais une adulte, qui se dirige vers la salle de bains et voit les deux corps. Son père est étendu face contre terre, sous le lavabo, et sa mère est assise sur le bord du bac à douche, dos et tête appuyés contre le mur. Anny veut la prendre dans ses bras mais, à ce moment-là, c’est sa maman qui lui tend les siens.

Elle peut enfin voir son visage de face, car sur la seule photo qu’elle a conservée, Ginette est de profil. « Pendant deux ou trois secondes, j’ai vu le vrai visage de ma mère, vivant, palpable, animé. » Mais, en s’approchant d’elle, juste au moment où elle allait l’embrasser, l’apparition se fond dans son propre visage et elle se réveille en sursaut.

Cette vision laissera Anny Duperey longtemps désespérée. Mais cette femme admirable qui a traversé au cours de sa vie bien des épreuves reste un véritable roc que rien ne peut abattre.

Peut-être justement grâce à ce don de clairvoyance qui l’a empêchée de faire bien des erreurs, et lui a donné ce formidable regard sur la vie…

Nina Collombe

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