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Anouk Aimée : Elle perd son troisième et dernier mari !

Publié le 25 février 2019

Pendant huit ans avec le fougueux Albert Finney, Anouk Aimée a joué à un homme et une femme.

Notre histoire se résume peut-être à nos relations avec ceux qui nous ont connus et aimés. Et lorsque ces personnes chères à notre cœur tirent leur révérence, c’est un peu comme si on enterrait aussi un pan entier de notre existence. C’est pourquoi, lorsque le 7 février dernier, l’immense acteur britannique, Albert Finney, 82 ans, s’éteignait à Londres, « des suites d’une courte maladie, entouré de ses proches », selon le communiqué publié par sa famille, Anouk Aimée a sans doute ressenti bien plus que du chagrin.

Après avoir dit adieu à ses deux premiers maris, le réalisateur et scénariste Nico Papatakis, décédé le 17 décembre 2010, et le chanteur et musicien Pierre Barouh, mort le 28 décembre 2016, la disparition de ce troisième et dernier époux de l’interprète d’Un homme et une femme semble clore définitivement ce chapitre de sa vie…

Mais ce qui est sûr, c’est que l’actrice française âgée aujourd’hui de 86 ans n’a pas dû s’ennuyer avec ce comédien hors norme pendant les huit années passées à ses côtés. Ce chantre du théâtre d’avant-garde mais aussi du Free Cinema, l’équivalent de notre Nouvelle vague, dont Anouk a été l’épouse de 1970 à 1978, était en effet un personnage haut en couleur, dont la carrière était à l’image de son tempérament : sauvage et incontrôlable !

Fils d’un bookmaker, né le 9 mai 1936 à Salford, une cité industrielle au nord-ouest de l’Angleterre, Albert a obtenu sa première récompense en 1960. Sacré meilleur acteur de l’année pour son rôle dans un film de Karel Reisz, Samedi soir, dimanche matin, cette consécration, qui le mène sur la voie d’un succès assuré, ne l’empêche pourtant pas de refuser d’incarner Lawrence d’Arabie, dans le célèbre film de David Lean. Malgré le cachet de 100 000 dollars, énorme pour l’époque, que lui proposait le réalisateur, ce rebelle à l’âme militante préfère laisser la gloire et le vent du désert à Peter O’Toole pour partir diriger, contre un salaire de misère, une troupe de théâtre à Glasgow !

Un virage à 180 degrés que cet homme rétif à la notoriété, véritable héros de la classe laborieuse, renouvellera quatorze ans plus tard, en 1974. Cette année-là, Anouk et Albert filent le parfait amour depuis cinq ans déjà lorsque le Britannique remporte son deuxième Oscar pour son rôle d’Hercule Poirot dans l’adaptation du roman d’Agatha Christie, Le crime de l’Orient-Express, réalisé par Sydney Lumet. Une distinction qu’il avait déjà remportée dix ans plus tôt, pour son interprétation de Tom Jones dans le film éponyme de Tony Richardson. La petite statuette dorée lui offre une voie toute tracée vers la célébrité, tout en haut de l’affiche, lui ouvrant en grand les portes d’Hollywood. Mais cet électron libre du cinéma mondial refuse de reprendre le rôle du grand détective à moustaches dans Mort sur le Nil, réalisé en 1978 par John Guillermin et laisse la place à Peter Ustinov.


Toujours là où on ne l’attend pas, Finney tourne dans Les duellistes de Ridley Scott, contre une caisse de champagne, mais se rattrape financièrement en participant à Annie, comédie musicale de John Huston, qui lui rapporte un million de dollars !


Albert Finney

à la fin des années 70, alors que les carrières respectives d’Anouk Aimée et Albert Finney se poursuivent, leur belle romance voit défiler son générique de fin. La belle brune, toujours fidèle à Claude Lelouch, tourne dans la plupart de ses films – elle figure d’ailleurs dans son dernier long-métrage, Les plus belles années, la suite d’Un homme et une femme qui doit sortir dans les prochains mois –, incarne de nombreux rôles pour des grands noms du cinéma, tels Agnès Varda, Robert Altman ou encore Jacques Demy, et monte sur les planches avec succès.

De son côté, l’acteur à la présence féline tourne moins souvent à partir des années 90, mais des réalisateurs américains de renom, tels Tim Burton, les frères Cohen ou Steven Soderbergh, lui confient des seconds rôles marquants. En 2012, il était le fidèle gardien du domaine écossais de James Bond, dans Skyfall, de Sam Mendes, avec Daniel Craig dans le rôle de 007. Pour sa dernière apparition au cinéma, la présence de l’acteur au physique toujours imposant et à la barbe blanche de patriarche est inoubliable…

« Albert Finney ne buvait pas que de l’eau mais c’était un génie, a commenté l’ancien président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, plaidant pour la rediffusion des films de la star anglaise. C’est le Depardieu d’outre-Manche, son Gabin, son Harry Baur, son Charles Vanel. Bref, l’héritier de Laurence Olivier. » Un hommage que le comédien lui-même aurait sans doute apprécié… tout en le reniant bien sûr !

Clara MARGAUX

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