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Antoine Griezmann : Appelez-le Grizou !

Publié le 8 juillet 2016

Portrait du nouveau Zizou, Antoine Griezmann qui, en deux buts, a mené la France en quart de finale. Un homme aux goûts � simples  qui privilégie l’esprit d’équipe.

Ce dimanche 26 juin 2016, la France tremble. Au terme d’une première mi-temps laborieuse, les Bleus semblent perdus face aux Irlandais. Sauf miracle, on ne voit pas comment ils vont se qualifier pour les quarts de finale de cet Euro 2016. Oui, mais dans le foot, les miracles existent aussi, et ce jour-là, celui qui marche sur l’eau s’appelle Antoine Griezmann. Le numéro 7 s’offre un doublé et fait vivre aux supporters français des émotions qu’ils ne sont pas près d’oublier.

Lundi matin, tout le pays vante les exploits du nouveau héros, un temps surnommé « Grizi », et qu’on appelle maintenant « Grizou », comme pour en faire l’héritier d’un glorieux ancien, Zinedine Zidane, dit Zizou. Mais le sauveur de la nation a la victoire modeste, préférant en attribuer tous les mérites au collectif.

->Voir aussi : Tous derrière les Bleus !

Passionné

À 25 ans, Antoine fait en effet figure de joueur modèle. Un visage angélique, la tête sur les épaules, cette pépite vit une existence tranquille à Madrid avec sa compagne, Erika Choperena, une blogueuse mode rencontrée en 2011, et leur petite Mia, et n’a pas l’intention de renier ses origines.

Né à Mâcon, à 70 km de Lyon, il débute sur les terrains de foot à l’âge de 6 ans. Ce timide passe des heures à martyriser avec son ballon la porte verte du garage de la maison familiale du quartier des Gautriats. Quand il pleut, c’est le couloir desservant les chambres qu’il arpente balle au pied. Aujourd’hui, il fait les beaux jours de ­l’Atlético, le prestigieux club madrilène, et son transfert est coté à 120 millions d’euros, mais il revient au pays dès qu’il le peut.

Son père se souvient avec émotion des débuts de son petit bonhomme à l’Union du football mâconnais. Entraîneur d’une équipe locale de jeunes, ce passionné décide très vite de prendre son fiston sous son aile.

Antoine, lui, n’a qu’un souhait, vivre du ballon rond. Dans des rédactions de 6e que sa mère Isabelle garde religieusement, il imagine son avenir de footballeur professionnel. « C’était son rêve à lui. Moi, depuis ma petite lucarne, j’y croyais, parce que je voyais qu’il avait du talent », confie son papa au Parisien. Père et fils font la tournée des centres de formation : Montpellier, Lyon, Sochaux, Metz, Saint-Étienne… sans grand résultat. Papa sait cependant remonter le moral de son rejeton face aux portes qui se ferment à cause de son physique chétif.

Mais un jour, Eric Olhats, un recruteur du club ibérique de la Real Sociedad, le repère et l’emmène en Espagne. À 14 ans, Antoine quitte le cocon familial pour partir à 900 km de là, à San Sebastián. Sa mère, à laquelle il reste aujourd’hui encore très attaché, est en pleurs.

Depuis, que de chemin parcouru ! Pour autant, Antoine n’a pas changé, comme le raconte son père : « Je ne le regarde pas comme une star. Dès qu’il est à la maison, il enlève son costume. Il se pose et il ne faut pas lui parler de foot. Nous, on ne se gêne pas pour lui dire quand quelque chose ne va pas. On ne prend pas de gants. Il est le même qu’avant. Ça, c’est le plus important pour nous. Il nous rend très fiers. »

À 58 ans, Alain Griezmann a tenu à garder son emploi d’agent d’entretien à la mairie de Mâcon par souci d’indépendance. « Il me reste un an avant la retraite et mon fils n’est pas là pour subvenir à mes besoins, même s’il nous apporte un plus », déclare-t-il. Dorénavant, il l’aide à gérer sa carrière en lui donnant des conseils financiers et administratifs.

Soudés

Sa sœur Maud a suivi, elle, une formation de relations publiques pour devenir l’attachée de presse de l’attaquant français. Si elle travaille dans l’ombre, la jeune fille est sortie de l’anonymat le 13 novembre 2015. Ce soir-là, elle assiste au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan, pendant qu’Antoine joue au Stade de France contre l’Allemagne. À la fin du match, sans nouvelles de sa sœur, le joueur paniqué fait part de son inquiétude sur les réseaux sociaux. Mais, si 90 personnes perdent ce soir-là la vie au Bataclan, Maud s’en sort, heureusement, indemne.

Après ce drame, Antoine, très touché, la prend sous son aile. Il a eu si peur ! Conscient que la vie ne tient qu’à un fil, il lui a confié sa communication pour qu’elle reste à ses côtés. Ensemble, ils aiment parler de mode ou de coiffure, autant de sujets futiles qui leur permettent d’oublier le drame terrible qui a bien failli endeuiller leur famille si soudée.

À n’en pas douter, le nouveau chouchou des Français, Antoine Griezmann n’a pas fini de nous étonner…

Sophie Marion

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