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Antoine : “Je ne me suis jamais fait couper les cheveux !”

Publié le 3 mars 2019

La tournée âge tendre et la télé-réalité le réclament. Mais Antoine ne cède qu’à deux sirènes : sa compagne et la mer.

Il n’a toujours pas, à 74 ans, fait couper ses cheveux, comme l’exigeait sa mère ! Il s’est même laissé pousser la barbe, arborant toujours ses chemises à fleurs. L’interprète des Élucubrations, globe-trotteur passionné, nous fait voyager au fil d’un nouvel ouvrage magnifique paru chez Gallimard, Escales aux Caraïbes. De passage dans la capitale, nous l’avons rencontré au milieu des poissons de l’Aquarium de Paris, pour ne pas trop le dépayser.

France Dimanche : Parlez-nous de votre nouveau livre…
Antoine : Notre voyage avec Gallimard, qui dure depuis trente ans, continue et nous en sommes enchantés. On a déjà publié plus d’une vingtaine d’ouvrages, à la recherche de la beauté et de la préservation de la nature. Ce ne sont en aucun cas des traités de protection de l’environnement, mon propos étant simplement de montrer ce qui est beau et de donner aux gens envie de le protéger. Mais je dois reconnaître que c’était une gageure de faire tenir dans un livre un archipel aussi immense et varié. Car ce n’est pas simplement la Guadeloupe et la Martinique, ça va jusqu’au Mexique, au Panama, Carthagène et des îles de Colombie, Curaçao, le Venezuela ! Et pour le prochain, on va s’attacher à un pays fait de deux îles extrêmement riches, la Nouvelle-Zélande.

FD : Qu’est-ce qui a changé depuis toutes ces années ?
A : Depuis mes premières escapades en 1974 ? Pas grand-chose. Car les endroits où nous aimons nous rendre, avec ma compagne Francette, n’ont pas trop bougé. Il faut dire que nous avons toujours eu une préférence pour les lieux à l’abri du développement touristique, où les gens prennent encore le temps d’être gentils, où l’on peut vivre sans rencontrer personne. Vous savez, le voyage me procure trois bonheurs : le faire, ensuite le raconter, et enfin, le partager avec le public. Ce que je fais dans le cadre de mes conférences Connaissance du monde que je donne à travers l’Hexagone.

FD : Que vous apportent ces voyages ?
A : D’abord, une profonde satisfaction, car je suis né voyageur, à Madagascar, d’un père corse qui avait choisi d’être ingénieur des travaux publics dans la France d’outre-mer. Et j’ai eu la chance d’exercer un métier qui me permette de bouger. Quand j’ai commencé à chanter, ça a été un succès hallucinant, la folie complète. Mais ça ne suffisait pas à mon bonheur, quelque chose me manquait : j’avais envie de partir. Les tournées, c’était bien, mais on ne voyait que l’aéroport, la salle de spectacles et l’hôtel. Moi, je voulais découvrir tout le reste.

FD : Il y avait quand même de bons côtés à ce succès…
A : Bien sûr ! J’ai joué avec les Rolling Stones, participé aux plus grandes émissions de télé, à des festivals… Ça m’a plu, mais j’étais toujours à la recherche d’autre chose. Et puis, au bout de quatre ans dans le show-business, je suis tombé amoureux, complètement par hasard, de la navigation. Personne ne m’avait emmené gamin sur un bateau, mais j’ai tout de suite attrapé le virus. Je suis devenu un boulimique de voyages, au point que, parfois, je ne sais plus vraiment sur quel océan je suis. Mais ça m’a toujours fasciné, et plus encore avec les nouvelles technologies. Car aujourd’hui, vous faites de somptueuses images avec cette petite chose de rien du tout [un portable, ndlr]. C’est fabuleux !

FD : Vous qui fêterez vos 75 printemps en juin prochain, vous arrive-t-il de songer au jour où les aléas de l’âge ne vous permettront peut-être plus de monter sur un bateau ?
A : Oh, on verra ça dans vingt ou trente ans ! Alors, on commencera à ralentir un peu. [Rire] Comme dirait Michel Drucker : « J’ai décidé d’arrêter de vieillir ! Il n’y a pas que l’alcool et le tabac qui sont mauvais pour la santé, vieillir aussi… J’ai un ami qui n’a pas pu arrêter, ben il est mort. » [Rire].

FD : Dans votre dressing, il n’y a que des chemises à fleurs ?
A : Non, mais il y en a beaucoup, par un pur hasard. Avant même le Flower Power des hippies, je parcourais les routes en auto-stop. J’avais un jean troué aux genoux sur lequel j’avais cousu des pièces de tissu à fleurs. Et un jour, à Grenoble, je suis tombé sur un chemisier à fleurs pour femme, que j’ai porté sur les photos de mon premier album, puis abandonné ensuite pendant plusieurs années, adoptant plutôt un look de marin. Mais en arrivant en Polynésie, je suis retombé dans les chemises à fleurs.


FD : Vous avez trois grands enfants, Manea, 32 ans, Teiki, 28 ans, et Vaimiti, 26 ans. L’un d’eux vous a-t-il fait la joie de devenir grand-père ?
A : Non. Ça viendra bien mais, pour l’instant, ça ne les intéresse pas. Et disons que mes enfants auront des enfants, mais que moi, je ne serai pas grand-père ! Ils ont tous les trois choisi des vies passionnantes. L’aîné crée des jeux vidéo à Montréal. Le second est consultant en cybersécurité, donc voyage à travers toute l’Europe. Quant à ma fille, elle a fait l’école Bocuse, et s’apprête à partir avec son compagnon dans un atoll privé appartenant à un milliardaire, le créateur du Cirque du Soleil.

FD : Vous n’avez jamais accédé à la requête de votre maman, à savoir bien sûr d’aller vous faire couper les cheveux ?
A : Ah, non ! En général, quand quelqu’un me dit ça, je lui rétorque qu’il est le 1 750 802e à me poser la question ! Et l’autre jour, je dis ça à un mec, qui m’a répondu : « Ah super ! c’est la première fois que je suis bien placé ! » [Rire] Mais non, ma pauvre mère n’a jamais eu gain de cause. Mon père, lui, l’a mieux vécu qu’elle. D’ailleurs, il m’a suivi jusqu’à sa mort et partait en voyage avec moi.

FD : Avez-vous gardé des contacts dans le show-biz ?
A : Pas vraiment. Un peu avec Herbert Léonard, sinon plutôt avec des navigateurs, des acteurs, mais pas tellement dans la chanson. On m’a demandé cent fois de participer à la tournée Âge tendre, mais ça ne me dit rien. Un coup comme ça, à l’Olympia ou au Stade de France, juste pour le plaisir de reprendre Les Élucubrations et entendre « Oh yeah ! » avec deux minutes de retard ! [Rire] Sinon, on m’appelle pour des tas de choses complètement dingues. Jadis, pour La ferme célébrités, et cette année, on m’a contacté pour un truc sur des seniors qui partent en voyage à la dure. Et comme je suis très connu en Italie, peut-être même plus qu’en France, on m’a proposé de faire le Koh-Lanta célébrités transalpin. Mais je leur ai répondu non, surtout pas, je n’ai pas du tout envie de faire ça…

Caroline BERGER

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