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Arnold Schwarzenegger : “On m’a souvent dit que j’avais une gueule de machine !”

Publié le 3 juillet 2015

À 67 ans, le comédien Arnold Schwarzenegger reprend son rôle de � Terminator � avec la même fougue qu’il y a trente ans, lors de la sortie d’un autre volet de cette saga.

L’ancien culturiste reconverti dans le cinéma et la politique prouve qu’il n’est pas encore rouillé dans Terminator : Genysis, en reprenant le rôle du robot qui lui avait permis de se tailler une réputation internationale.

Rencontre avec une star aux muscles et au discours inoxydables…

Terminator
Terminator

France Dimanche (F.D.) : Ce film est-il différent des autres Terminator ?

Arnold Schwarzenegger (A.S.) : Oui, c’est quelque chose de complètement nouveau. Le premier volet de Terminator est sorti en 1984, le deuxième en 1990-1991 et le troisième en 2003. C’est donc une saga qui a commencé il y a plus de trente ans et a marqué des générations de fans ! Au début de cette aventure, des gens ont cru pour de bon que j’étais une machine ! Ce qui n’est pas si surprenant. On m’a souvent dit que j’avais une gueule de machine avant même que j’en incarne une !

F.D. : Qu’avez-vous éprouvé en reprenant  le rôle qui a fait votre gloire ?

A.S. : De la joie bien sûr ! Je n’ai eu aucune difficulté à me remettre dans la peau de ce personnage. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au fil des décennies, il est devenu une sorte d’extension de moi-même. Je suis fier de jouer ce robot. C’est l’un des personnages les plus universels de toute l’histoire du cinéma. Le blouson de cuir noir, les bottes, les lunettes de soleil, la façon qu’il a de marcher, ça parle tout de suite aux gens !

F.D. : Après votre expérience dans la politique, vous ne vous êtes pas dit : « Je vais lever le pied et prendre désormais du bon temps » ?

A.S. : Tout simplement parce que le bon temps, je le prends en travaillant. J’ai toujours été comme ça. Il faut que je sois dans l’action, dans le mouvement. Dès que je me lève, après mon café, je vais dans mon garage pour admirer mes voitures. Certaines sont comme moi. Elles roulent encore très bien, ne perdent pas de boulon, mais mettent plus de temps à récupérer ! Et comme moi, elles finiront un jour au musée !

F.D. : Pensez-vous que les cyborgs (hybrides homme-machine) pourraient devenir à terme une menace pour les hommes ?

A.S. : La question qu’il faut se poser est la suivante : l’humanité a-t-elle intérêt à créer ces outils surpuissants ? Un jour, nos créations seront des milliards de fois plus intelligentes que nous. Ne doit-on pas alors craindre un problème de chômage massif au fur et à mesure que ces robots nous remplaceront ? Les frontières se brouillant entre l’homme et la machine, certains se prennent déjà à rêver de surhommes bioniques, dont le savoir et les compétences seraient sans limites. Des scientifiques vont jusqu’à penser que les cyborgs peuvent représenter le prochain stade de l’évolution humaine. Qui sait ? Bientôt, on téléchargera peut-être l’esprit de l’homme dans un corps d’acier ne craignant ni les maladies ni la mort.

F.D. : Êtes-vous satisfait de votre vie ?

A.S. : Je vais avoir 68 ans le 30 juillet. Quand j’étais jeune, je considérais comme vieux les gens de 50 ans. Mais j’ai largement dépassé ce cap, et je me sens vraiment en pleine forme, enthousiaste comme jamais, très heureux de me lever tous les matins, d’aller au travail. Tout va parfaitement bien dans ma vie. Je suis très fier de mes enfants, et très content de ce que je fais, notamment à l’institut USC Schwarzenegger.

F.D. : Quel est le but de cet institut ?

A.S. : Il s’intéresse aux problématiques de bonne gouvernance et de réformes politiques. Ce sont des sujets qui me tiennent à cœur, comme la santé de nos corps, mais également celle de la Terre. C’est très important pour moi. Et puis il y a le travail que fait le R20, mon ONG de défense de l’environnement basée en Suisse, à Genève, créée en 2010, avec le soutien des Nations unies [sa mission consiste à aider les gouvernements à lancer des projets de réduction des émissions de carbone et à développer l’usage des énergies renouvelables, ndlr]. Je suis passionné par ce travail. J’ai l’impression de m’enrichir chaque jour, d’apprendre au quotidien. J’ai vraiment de la chance de pouvoir continuer à m’instruire, à me muscler le cerveau !

Recueilli à Los Angeles par Frank Rousseau

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