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Véronique Genest : "Avec Meyer, on se suporte déjà depuis trente ans !"

Publié le 10 mai 2020

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A 63 ans, la comédienne savoure un tendre confinement en famille, tout en réalisant des choses qui lui tiennent à coeur. Rencontre avec une rousse toujours aussi explosive !

Alors qu'elle aurait pu filer se confiner sur l'île de Beauté où elle réside désormais la moitié de l'année, l'inoubliable interprète de Julie Lescaut a préféré faire preuve de sagesse (« Je ne voulais pas risquer de trimbaler des miasmes là-bas ! »), et choisi de rester à Paris, avec Meyer, son mari, leur fils Sam, ainsi que leurs deux yorkshires, Miss et Patouf. Nous l'avons contactée afin de savoir si tout allait bien.

France Dimanche : Bonjour Véronique, je vous dérange ?

Véronique Genest : Mais pas du tout, je suis en train de laver mes chiens ! Ils en avaient bien besoin, et puis il faut bien s'occuper… Alors comme tout le monde, je fais du rangement, de temps en temps les courses, je promène nos yorkshires tous les jours, enfin seulement une fois désormais, alors que d'habitude on les sort matin et soir. À part ça, je suis vraiment rassurée que mon frère soit auprès ma mère de 86 ans, car ça m'aurait beaucoup inquiété qu'elle vive cette période toute seule, surtout qu'elle sortait de l'hôpital. Il se trouve que, comme il était là-bas quand le confinement a été instauré, il est resté chez elle. Pour moi qui suis loin, c'est très rassurant. Et puis, j'ai aussi eu envie de me rendre utile…


FD : Ah oui, de quelle manière ?

VG : En pensant à ma maman qui était une grande lectrice mais qui, voyant de moins en moins bien, rencontre des difficultés à lire. Je lui ai offert quelques livres audio, mais ça ne lui plaît pas, elle trouve que le ton est souvent trop monocorde. Bref, du coup, l'idée m'est venue de faire des lectures de bouquins. Ainsi, chaque jour, de 17 à 18 heures, j'invite les gens à un Facebook live durant lequel je lis cinq chapitres d'un livre, puis je réponds à leurs questions. Ça me plaît tellement que je réfléchis à pérenniser tout ça, même après le confinement ! C'est un rendez-vous quotidien vraiment sympa.

FD : Ce virus vous angoisse beaucoup ?

VG : Écoutez, la peur n'évite pas le danger, mais, pour être honnête, je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Depuis que j'ai arrêté de jouer au théâtre et que je suis confinée chez moi, je fais tout ce qu'on me demande de faire. Même si je respectais les règles d'hygiène bien avant cela. Quand je sors, je fais très attention. Donc non, je n'ai pas peur pour moi. Par contre, les ravages que ce virus peut provoquer un peu partout en France et dans le monde m'attristent énormément, c'est sûr.

FD : Vous étiez sur scène quand tout cela a commencé…

VG : Oui, je terminais une tournée avec la pièce Gina et Cléopâtre, du coup les dernières dates ont été reportées. Mais, surtout, je me réjouissais d'en commencer une autre début juin, Betty's Family, au théâtre La Bruyère, à Paris. Mais là, je pense qu'on est plutôt partis sur mi-juin voire début juillet, et encore si tout va bien… Ce que j'espère vivement parce que, sinon, ça va commencer à devenir financièrement très compliqué. Nous, artistes, lorsqu'on ne travaille pas, plus un sou ne rentre… Et nous n'avons aucune assurance. Mais bon, pour le moment, c'est surtout système D, et on ne peut pas prévoir grand-chose. Juste attendre de voir quand et comment tout ça va se terminer. Je souhaite de tout cœur qu'on en vienne à bout rapidement et que chacun puisse reprendre une vie à peu près normale. Même si, après cela, il est évident que plus rien ne sera vraiment comme avant.

FD : Vous êtes confinée avec votre mari et votre fils ?

VG : Absolument, on est tous les trois ! Mais on ne se marche pas dessus, l'appartement est suffisamment grand pour que chacun ait son espace. Sam, qui aura 24 ans cet été, fait une école de jeu vidéo et d'animation 3D, dont il est très content. Il prépare un master et suit aujourd'hui ses cours par Internet. Sinon, avec mon mari, ça ne change pas beaucoup, vu qu'on se supporte déjà depuis plus de trente ans ! Si, je dirais qu'on s'engueule peut-être même un peu moins en ce moment ! [Rires.] Mais, vous savez, on est souvent tous les trois, donc on a l'habitude. Sauf quand, avec Meyer, on est dans notre maison en Corse…

FD : Vous n'avez pas eu envie de vous confiner là-bas ?

VG : Si, on y a pensé, mais très vite on s'est dit « Pourquoi risquer d'aller trimbaler les miasmes en Corse ? Où il y a certainement encore moins de lits qu'à Paris si jamais il arrivait quoi que ce soit. Non, pas la peine d'aller encombrer là-bas. » Alors qu'on aurait pu, car on vit vraiment la moitié du temps sur l'île. Mais bon, on était à Paris, donc on a décidé d'y rester, et c'est très bien comme ça !

Caroline BERGER

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