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Barbara Pravi : Mutilée à 17 ans !

Publié le 23 février 2021

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Barbara Pravi, la nouvelle représentante de la France au concours de l'Eurovision, a dû surmonter l'indicible…

«Voilà ». C'est avec cette chanson que Barbara Pravi a bouleversé le jury devant qui elle auditionnait, samedi 30 janvier dernier, sur France 2, faisant d'elle la nouvelle représentante de notre pays au concours de l'Eurovision. Élue aussi bien par des anonymes que par des professionnels comme Amir, André Manoukian ou Marie Myriam, dernière gagnante française en 1977, la chanteuse de 27 ans a conquis les cœurs de son auditoire avec ses accents à la Édith Piaf.


Et la comparaison avec l'interprète de L'Hymne à l'amour ne s'arrête pas aux apparences. En effet, Barbara Pravi a, comme Piaf, vécu des moments très douloureux. Pour dépasser ces épreuves, elle a décidé de les mettre en mots. « Regardez-moi, du moins ce qu'il en reste », chante la jeune femme dans Voilà. Si l'on ignore à quels malheurs elle fait ici allusion, dans une autre chanson, intitulée Chair, le message est on ne peut plus clair. Barbara y parle de la violence reçue en pleine face parce qu'elle a décidé d'avorter. « Mais vous n'êtes qu'une pute, c'est ce qui arrive, bah ouais /Vous êtes pas protégée et vous serez peut-être stérile / Fallait y penser », entend-elle.

Cette violence, elle l'avait évoquée au printemps dernier, sur Simone Media. « J'ai eu très peur. Je me suis dit qu'il se passait quelque chose de grave et je me suis sentie très sale. Le jour de l'avortement a été très, très douloureux. C'était sous pilule, j'ai beaucoup pleuré. Tu saignes de partout, tu as mal au ventre. Ça s'est vraiment fait dans la douleur. »

Mais la souffrance, si elle est physique, ne s'arrête pas là : « Ce qui m'a bouleversée dans mon histoire, c'est qu'on m'ait renvoyé une telle image de moi négative, qui fait qu'en fait, ça a été le point de départ à une construction un peu lamentable en tant que femme. On me traite de pute, on me dit que ce que je fais c'est dégueulasse, que je n'aurais jamais dû coucher avec un garçon, que j'ai pas honte, que j'ai que 17 ans, que j'ai machin, que j'ai truc… Et moi, je suis là, je me prends tout ça dans la tronche. Va exister, va te construire en tant que femme et avoir confiance en toi, avoir envie de porter des choses en ayant comme background ce genre d'informations là sur toi. »

Si l'on déplore que Barbara ait dû affronter cette haine, on est heureux aujourd'hui qu'elle ait surmonté ce drame. Et l'on se réjouit de la retrouver à Rotterdam, le 22 mai… 

Laurence PARIS

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