France Dimanche > Actualités > Bébert (Les Forbans) : "Je suis un autoentrepreneur"

Actualités

Bébert (Les Forbans) : "Je suis un autoentrepreneur"

Publié le 16 juillet 2020

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Aidé d’Astrid, sa compagne, et occasionnellement de son fils Kevin, Bébert des Forbans fabrique toutes sortes d’objets qu’il revend à ses fans…

Il y a neuf ans, nous vous avions révélé dans France Dimanche (n° 3384) la passion du plus bricoleur des rockers, le magicien du noble bois. Quand il n’est pas sur scène avec ses copains des Forbans, l’interprète de Chante et Flip Flap, âgé de 58 ans, aime en effet passer du temps dans son atelier au fond de son jardin en banlieue parisienne, pour s’adonner à la menuiserie et, plus précisément, à l’ébénisterie. Une passion qui date de longues années. Et si le confinement n’a pas été de son goût, il lui a au moins permis de développer des idées lumineuses…


France Dimanche : Avez-vous souffert du confinement comme beaucoup d’entre nous ?

Bébert : Avec les Forbans, nous faisons généralement plus de soixante galas par an. Donc, comme pour la plupart des artistes, pas mal de dates ont été annulées, ou au mieux, reportées. Le 18 juillet, nous serons toutefois dans un splendide château à Chazemais dans l’Allier. Mais c’est le seul concert du mois de juillet qui a été pour l’instant conservé ! Et c’est navrant… Je n’en veux évidemment pas aux organisateurs de spectacles qui n’ont fait qu’appliquer la loi, mais bien au gouvernement qui est, selon moi, responsable de cette escroquerie.

FD : Qu’entendez-vous par « escroquerie » ?

B : À mon sens, on a exagéré la portée du coronavirus. Et aussi bien la France que tous les autres pays. Paralyser la planète pour ça, c’était une grosse connerie ! C’est mon point de vue, mais ça ne veut évidemment pas dire que la maladie n’existe pas !

FD : Ne craignez-vous de violentes critiques avec ce discours pas très politiquement correct ?

B : J’assume ce que je dis et ce que je pense. La maladie existe bel et bien, mais j’estime qu’on nous a un peu pris pour des guignols. J’en ai marre que l’État fasse semblant de prendre soin de nous. Ça a commencé à partir du port de la ceinture de sécurité. Ou même l’interdiction de fumer ! Et je dis ça d’autant plus que je ne fume pas, ni même ne bois une goutte d’alcool. Pourquoi vouloir à tout prix nous rendre immortels ? Nous n’avons pas besoin de vivre jusqu’à 172 ans… Avec beaucoup d’humour, j’aime à dire : « Laissez-nous mourir tranquillement quand on doit mourir ! » Cela dit, je me conforme aux ordres. Je n’ai absolument pas transgressé ce confinement. Mais je l’ai respecté uniquement parce que c’était la loi, et non pas parce que j’avais peur. Et aussi parce que je n’avais pas envie de payer une amende… Je ne voulais pas non plus être un mauvais exemple et qu’on dise qu’à cause moi, des gens ont outrepassé la loi. Je suis conscient d’être un personnage public et avoir une certaine responsabilité. Toujours est-il que, dans la mesure où je ne pouvais pas faire ce que j’avais envie de faire, j’avais le sentiment d’être en prison. Et je sais de quoi je parle ! [Sourires]

FD : On vous sent révolté. N’auriezvous pas envie de vous lancer un jour en politique ?

B : Beaucoup de gens autour de moi me le demandent. Aussi bien des proches que des hommes politiques. On m’a également proposé à maintes reprises de rejoindre la franc-maçonnerie. J’aurais effectivement tant de choses à dire, tant d’idées à soumettre, tant d’actions à mener. Mon souci, c’est qu’il faudrait pour ça que je sois disponible. Et comme j’aime bien m’amuser, ce serait trop contraignant pour moi. Du moins pour l’instant… Bref, ce confinement m’a certes contrarié. Heureusement, j’ai pu calmer mes nerfs dans mon atelier au fond de mon jardin, pour créer des boîtes et des couteaux pour mes fans…

FD : D’où vous vient cette passion pour l’ébénisterie ?

B : Ça fait depuis une bonne quinzaine d’années que je me perfectionne, jour après jour. C’est mon père, ancien cordonnier âgé de 91 ans aujourd’hui, qui m’a transmis le virus du bricolage depuis mon plus jeune âge, au même titre que j’ai moi-même mis une visseuse dans les mains de mon fils Kevin quand il avait 7 ans. J’ai très vite eu une attirance pour le bois, qui est une matière noble. Je précise que c’est une passion qui n’est pas dénuée de risques. Les outils que j’emploie sont en effet très dangereux. D’ailleurs, je ne vous cache pas que je suis à chaque fois mort de peur, dès que je me serre d’une scie électrique. Ça ne m’a pas empêché d’avoir, à plusieurs reprises, frôlé le pire. Jusqu’à présent, il me reste tous mes doigts. Je touche du bois ! C’est peut-être de là que vient l’expression… [Rires] Quoi qu’il en soit, j’essaie de me perfectionner au quotidien, notamment en suivant des vidéos sur Internet. Des amis menuisiers m’ont dit que j’avais un niveau très correct. Ça me flatte.

FD : Comment vous est venue l’idée de vendre vos œuvres à vos fans ?

B : Outre des meubles, j’aime fabriquer des écrins depuis longtemps. Mais c’est la première fois que, durant le confinement, j’ai montré mon travail sur une petite vidéo diffusée par Chelmi, le batteur des Forbans, sur notre page Facebook. Je n’aurais jamais imaginé un seul instant que ça allait faire autant de bruit. Les réactions ont été extrêmement positives ! En vingt-quatre heures, je me retrouve avec une bonne trentaine de personnes qui me demandent si je ne pourrais pas leur en fabriquer. Au bout d’une semaine, ça monte carrément à une centaine de demandes ! Incroyable ! En premier, ce ne sont que des gens qui me connaissent bien, des proches, des fans de la première heure. Mais très vite, ça a pris une ampleur inattendue. Je me suis dit au début que ça n’allait pas durer, mais ça fait maintenant plus de deux mois que ça dure. Du coup, avec Astrid, ma compagne, on a eu l’idée de pousser le délire un peu plus loin en créant notre marque, Bel Écrin.

FD : Faites-vous ça essentiellement pour l’argent ?

B : J’adore ce que je fais, mais il faut savoir que ça me prend beaucoup de temps. Je suis dans mon atelier du matin au soir, parfois tard la nuit, pour réaliser les commandes qui se multiplient. C’est difficile de quantifier : pour un simple écrin, j’y passe une journée. Rien de plus normal, donc, que ce travail soit rémunéré. Ne serait-ce que pour financer tout le matériel dont j’ai besoin. Aussi, je suis passé au statut d’autoentrepreneur. J’aime être en règle. Mais au-delà de l’argent, c’est le rapport humain qui m’intéresse. Les gens prennent un immense plaisir à me parler au téléphone. Car pour chaque objet que je crée, je tiens à discuter auparavant avec la personne qui en fait la demande. Je trouve important que nous échangions, pour saisir notamment ce qui leur ferait plaisir : taille, couleur, etc. Au début, j’appelais avec mon propre téléphone, sans masquer mon numéro. Mais à force, je recevais des photos de petits chats et autres mots doux par SMS, alors j’ai changé de numéro. Aujourd’hui, Astrid m’aide à gérer ce flux incroyable d’appels.

FD : Astrid vous accompagne donc pleinement dans cette aventure ?

B : Oui, et heureusement d’ailleurs ! C’est elle qui organise aussi les commandes, qui s’occupe d’emballer chaque colis et de les porter à la Poste. Pendant le confinement, mon fils Kevin qui a 24 ans nous aidait également pour la confection des couteaux. C’est lui qui façonnait les lames et trempait l’acier avec du charbon ardent. C’est une belle affaire familiale ! Je précise que je ne force absolument personne à l’achat. Certains à qui j’indique les tarifs me disent qu’ils n’en ont malheureusement pas les moyens. Il n’y a pas de honte à avoir, ce n’est pas grave. Pour l’anecdote, il y en a un qui m’a rappelé plusieurs semaines après notre premier coup de fil, pour me dire, tout content, qu’il avait enfin réussi à mettre des sous de côté ! C’était adorable. Une autre m’a demandé si elle pouvait payer en plusieurs fois. Je lui ai répondu qu’elle pouvait le faire en autant de fois qu’elle le voulait. Ce n’est pas forcément l’argent qui prime, mais ça compte quand même pas mal ! Malgré tout, même si je compte poursuivre cette aventure le plus longtemps possible, que les fans se rassurent : la musique reste quand même ma priorité. J’ai d’ailleurs hâte de retourner sur scène, car je reste chanteur !

Recueilli par Philippe CALLEWAERT

À découvrir