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Benoît Poelvoorde : L’as du dégueulasse !

Publié le 6 mars 2019

Quand il se met à la peinture ou à la cuisine, Benoît Poelvoorde ne fait jamais dans la dentelle.

Les grands comiques sont-ils de grands angoissés ? Oui, à en croire Benoît Poelvoorde. Souffrant de dépression chronique, l’acteur n’a jamais souhaité avoir d’enfants, sauf au cinéma. C’est le cas dans Deux fils, le film de Félix Moati, tout juste sorti en salles, dans lequel l’acteur incarne un médecin déprimé qui abandonne tout pour s’occuper de ses garçons.

Un rôle dans lequel le natif de Namur est étonnamment convaincant, quand on sait combien la paternité l’effraie dans la vraie vie ! « J’ai trop la trouille qu’il arrive quelque chose aux enfants : il ne faut pas qu’ils courent, il faut qu’ils mangent », vient de confier le comédien, en couple depuis vingt-sept ans avec Coralie.

Celui qui est resté un grand gosse préfère en effet les gamins des autres. Parrain idéal, Benoît est adoré de ses cinq filleuls, mais l’est beaucoup moins de leurs pères et mères. Il s’en explique : « Je fais n’importe quoi, je les agite. Après ils sont énervés comme des puces et moi je rentre me coucher. Alors les parents viennent se plaindre… »


Des plaintes, nul doute que le Belge en reçoit beaucoup. En effet cet « intranquille » – il ne tient pas en place – s’est, il y a peu, lancé dans la cuisine. Son imagination débordante lui jouerait-elle des tours ? Toujours est-il que ses derniers essais culinaires étaient immangeables, comme ce plat aux crevettes qui lui a pris deux heures à mitonner et pour lequel il a mélangé trois recettes. Le résultat, « une pâte dégoûtante », lui aura tout de même appris une chose : « Ce n’était pas une bonne idée de faire cuire des pommes avec des tomates ! »

Quand il n’est pas aux fourneaux ou en tournage, l’homme joue du pinceau. Sa spécialité ? L’art brut, autrement dit des œuvres qu’il réalise pour son seul et unique plaisir. Comme l’autruche bleue géante qu’il a peinte dans son jardin, ou encore cette tête de vache ornant l’un des murs de sa maison et que des artisans ont prise pour un graffiti ! « Quand les gars qui refaisaient la peinture sont venus, je leur ai demandé de la laisser, mais ils ont cru que c’était un tag, alors ils ont peint dessus… »

Mais cet artiste si souvent incompris ne se plaint pas. Au contraire, il s’amuse de ses incompétences qui, paradoxalement, lui ont permis de réaliser de belles choses.

Comme ce dernier film qu’il a accepté de faire alors qu’il était en train de tourner Le grand bain, avec Félix Moati, justement. Rendus complices par leurs piètres performances en natation synchronisée, les deux acteurs se sont très bien entendus. Comme le confie Benoît : « Être nuls ensemble ça rapproche tous les êtres humains. » Deux fils en est une jolie preuve : cette comédie pleine de charme et d’humour sait faire rimer tendresse et maladresse…

Lili CHABLIS

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