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Bernadette Chirac : Bouleversée par la mort de Rostropovitch

Publié le 4 mai 2007

Bernadette Chirac a tenu à se rendre à Moscou pour donner le baiser d'adieu à l'immense musicienBernadette Chirac a tenu à se rendre à Moscou pour donner le baiser d'adieu à l'immense musicien

«Je ne crains pas la mort une seconde. Je sais qu'ils m'attendent là-bas. Je sais même que sur un des nuages, il y a une petite bouteille pour moi.» C'est avec humour, poésie et sérénité que l'immense violoncelliste Mstislav Rostropovitch attendait sa dernière heure. Celle-ci a sonné vendredi, emportant, à 80 ans, le musicien atteint d'un cancer de l'intestin.

Le lendemain, le cercueil était exposé dans la grande salle du Conservatoire de Moscou. Tout au long de la journée, des milliers de personnes sont venues s'incliner et déposer des fleurs devant la dépouille.

->Voir aussi - Bernadette Chirac : Son bouleversant combat pour sa fille malade !

Paix

Anonymes et officiels tenaient à rendre un dernier hommage à celui qui fut un incroyable violoncelliste, un fabuleux chef d'orchestre... mais aussi un infatigable combattant de la liberté. Au début des années 70, il avait notamment accueilli et soutenu l'écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne. Cette prise de position publique l'avait contraint à l'exil, en 1974. En 1978, déchu de sa nationalité, il décidait de refuser toute citoyenneté, préférant rester un citoyen du monde, œuvrant pour l'humanité.

On se souvient de son concert «improvisé» au pied du mur de Berlin, en 1989. Vendredi, à l'annonce de sa mort, Jacques Chirac et son épouse confiaient leur «immense douleur». Dans un communiqué publié par l'Élysée, le couple présidentiel rendait hommage à cet «immense musicien » qui avait «fait de son violoncelle un instrument de paix».

Il «offrait chaque jour son talent et sa notoriété au service d'une vision du monde faite de réconciliation, d'humanité, de générosité et de tolérance».

Bouleversée par la disparition de son «ami», Bernadette Chirac a tenu à faire le voyage de Moscou pour le saluer une dernière fois. Dimanche matin, elle assistait à l'office funèbre, célébré en la cathédrale du Christ Sauveur.

Devant le cercueil ouvert, la première dame de France s'est inclinée et a donné un dernier baiser sur le front du musicien. Et sous le vaste dôme doré, parmi des personnalités venues du monde entier, la reine Sofia d'Espagne retenait ses larmes, elle aussi. L'inhumation a eu lieu dans la journée, au cimetière Novodevitchié.

Le musicien repose désormais non loin de l'ancien président russe, Boris Eltsine, décédé quelques jours plus tôt, mais également auprès de ses «maîtres » et amis, les compositeurs Dimitri Chostakovitch et Serge Prokofiev.

Lors de la mise en terre, l'assistance, très émue, a applaudi solennellement. Comme pour remercier cet homme extraordinaire par un ultime «bravo !»

Robert Frilos

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