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Bernadette Chirac : C’est la fin !

Publié le 3 juillet 2019

Cela faisait des mois que Bernadette Chirac s’était peu à peu retirée des médias. Aujourd’hui, elle a pris une décision irrévocable.

Les dernières nouvelles qu’on a reçues de l’ex-première dame, celles données par Erwan L’éléouet, qui avait passé plusieurs heures en sa compagnie pour la rédaction de son livre Bernadette Chirac, les secrets d’une conquête paru en février dernier chez Fayard, n’étaient pas excellentes. L’auteur confiait en effet avoir « rencontré une dame de 85 ans qu’on sait fatiguée, fragile. » En juin 2018, on avait découvert Bernadette sur un fauteuil roulant, le jour où elle inaugurait une rue portant son nom et celui de son mari, à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze. « Vous savez combien nous sommes attachés à cette terre corrézienne qui est le berceau familial de Jacques, avait-elle déclaré. C’est dire son émotion lorsque je lui ai appris. J’ai lu sur son visage, dans son regard, sur son sourire, un très grand bonheur. »

Mais, de bonheur il n’a hélas pas beaucoup été question pour elle ces derniers temps. Certes, l’état de son époux, très diminué selon de multiples sources, la meurtrit quotidiennement.

« Depuis l’été 2018, Jacques Chirac ne prononce quasiment plus un mot, il se tient dans son fauteuil, les yeux dans le vague, parfois fermés », avaient expliqué les journalistes du Monde au début de cette année. Cette souffrance, ajoutée au tracas que lui cause sa propre santé, doit chaque jour la fragiliser davantage. Et, il y a quelques semaines, le 18 mai dernier, elle fêtait ses 86 ans… Un âge plus que respectable, qui explique en partie sa lente disparition des médias.

Mais aujourd’hui, la décision qu’elle a prise en dit encore plus long sur son état. Et révèle à quel point, désormais, Bernadette est consciente que ce qui lui reste de force ne peut plus lui permettre de continuer à se battre. En effet, elle vient d’inscrire le mot fin à une histoire qui l’a autant portée qu’elle l’a portée. Une aventure qui a été celle de sa vie ! Le 12 juin, Bernadette Chirac a envoyé une longue lettre aux membres du conseil d’administration de la Fondation des hôpitaux de Paris dont elle était présidente. Une lettre dans laquelle celle que sa fille surnomme « Bernie » annonce… sa démission ! Ce qui signifie, bien sûr, qu’elle ne s’occupera plus de l’opération Pièces jaunes dont elle a amplement contribué à faire le succès !


Les Pièces jaunes sans Bernadette Chirac, c’est comme un été sans ciel bleu. Cela fait en effet vingt-cinq ans qu’elle avait à cœur de se battre dans le but de trouver des fonds destinés à rendre plus douce l’existence des enfants et des adolescents hospitalisés ! Un quart de siècle d’un rude combat qui a permis d’avancer puisque chaque année, ce sont quelque deux millions d’euros qui sont récoltés ! Jamais, à aucun moment, Bernadette n’avait baissé les bras, malgré l’ampleur et la difficulté de sa tâche. Et même quand le pire était arrivé, avec la disparition de sa fille Laurence, décédée le 14 avril 2016, cette mère et épouse courage avait tenu bon, portant son combat à bout de bras…

Hélas, cette bataille qui donnait du sens à sa vie, Bernadette sait aujourd’hui qu’elle ne peut plus la mener, comme on peut le comprendre dans le communiqué : « Parce qu’elle souhaite que cet esprit demeure, parce que c’est le combat d’une vie et que l’aventure doit continuer, Bernadette Chirac a la conviction que la fondation doit aujourd’hui se mettre en capacité de se projeter vers l’avenir, de définir de nouveaux objectifs afin de répondre aux nouveaux besoins et à ceux de demain. »

L’avenir, malheureusement, n’est plus du côté de l’ancienne première dame de l’Élysée. D’ailleurs mi-mars, Bernadette avait fait savoir à l’AFP qu’elle mettait un terme à sa fonction d’administrateur du groupe LVMH qu’elle occupait depuis neuf ans. Pour autant, elle n’a pas voulu quitter celle de présidente de la Fondation des hôpitaux de Paris sans avoir désigné celle qui, selon elle, prendrait le mieux sa suite. Elle l’a ainsi clairement nommée : il s’agit de Brigitte Macron, l’épouse de l’actuel président. Les deux femmes avaient déjà échangé à ce sujet en 2017, lors d’un déjeuner à l’Élysée. Et bien entendu, Brigitte a accepté avec joie et fierté de prendre la succession de Bernadette. De son côté, le conseil d’administration de la fondation a rendu un bel hommage à cette dernière et l’a nommée présidente d’honneur.

« J’aimerais que les Français sachent ce qui constitue […] ma personnalité, qu’ils comprennent que j’ai tenté d’être utile aux autres », avait-elle dit à Patrick de Carolis, dans son ouvrage Conversation, paru aux éditions Plon en 2001. Aujourd’hui, Bernadette peut être rassurée car ils sont rares ceux qui ignorent à quel point cette grande dame a réalisé son souhait le plus cher. Au fil du temps, elle aura réussi, à force d’engagement et d’acharnement, à faire tomber les barrières des partis politiques. Et l’on ne garde d’elle que ce magnifique combat dont elle a passé le relais, avec la volonté qu’il se prolonge, encore et encore…

Laurence PARIS

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