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Bernadette Chirac : Son premier été sans Jacques !

Publié le 15 août 2020

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Le 26 septembre, cela fera un an que l'ancien président Jacques Chirac est parti et beaucoup pensaient que Bernadette ne survivrait pas à un tel chagrin. C'était sous-estimer l'amour de sa fille…

« Le plus difficile, c'est de continuer son chemin. Le plus surprenant, c'est que, tant bien que mal, on y parvient. » Ces quelques mots de Françoise Sagan, Bernadette Chirac aurait pu se les approprier. Car oui, tant bien que mal, cette femme-courage s'accroche… À la vie sans lui, à la vie sans eux. Eux, ses chers disparus, dont l'absence n'a peut-être jamais été aussi présente dans sa chair et dans son cœur. En avril 2016, c'est sa fille aînée, Laurence, qui trouvait le repos éternel. Comment survivre à la mort d'un enfant ? On ne survit pas justement, on fait semblant. Alors Bernadette a certainement fait semblant. Semblant de vivre, de sourire, de continuer. Un bon petit soldat voulant rester droit et debout face aux mauvais coups du destin. Et puis, il fallait aussi s'occuper de Jacques, dont la santé déclinait de jour en jour.


Mais le 26 septembre 2019, Jacques Chirac est parti vers d'autres cieux, rejoindre d'autres dieux de la politique, la laissant seule pour toujours. Trois jours plus tard, Bernadette n'a même pas eu la force de se rendre à la messe d'obsèques célébrée à l'église Saint-Sulpice, à Paris. On pressent alors que sa santé serait désormais également précaire. Trop de drames pour une seule première dame. Au moment de la mort de son époux, Bernadette est même devenue muette. Les plus grandes douleurs ne le sont-elles pas ?

Depuis, les nouvelles n'étaient pas bonnes, pour ne pas dire inquiétantes. Certains pensaient même qu'elle ne survivrait pas longtemps à la mort de son mari. Après tout, Jacques et Bernadette n'étaient-ils pas comme ces oiseaux, les inséparables ? Bien sûr qu'entre ces deux fortes personnalités il y eut des orages et des tempêtes, des chagrins du cœur, de l'âme et du corps… Malgré tout, depuis leur première rencontre sur les bancs de Sciences Po à la rentrée 1951, en passant par leurs fiançailles en octobre 1953, puis leurs épousailles trois ans plus tard, tous deux n'auront jamais cessé de se battre l'un à côté de l'autre. Des vertes forêts de Corrèze aux couloirs dorés de l'Élysée, ce fut un duo à la vie à la mort. Une union sacrée, plus de soixante années d'une existence commune peu commune !

Mais aujourd'hui, plus rien. Que lui reste-t-il ? Le silence assourdissant d'une chambre vide avec, pour seuls repères, des souvenirs épars, des photos encadrées, des objets qui savent si bien lui raconter une histoire. Son histoire. Leur histoire. Recluse dans l'appartement de la rue de Tournon, Bernadette ne voyait plus personne et, surtout, n'entendait plus personne. Perdue dans ses pensées, égarée dans ses souffrances, la survivante semblait partie pour s'enterrer vivante. Évidemment, la crise du Covid-19 n'aura rien arrangé. En pleine pandémie, il était plus que jamais nécessaire de garder au chaud celle dont la santé était si fragile et sur la pente descendante.

Finalement, c'était bien mal connaître les femmes du clan Chirac, et notamment Bernadette, que d'avoir imaginé que les ténèbres auraient raison de leur combativité ! En particulier quand on sait que cette dernière a deux soutiens de taille : sa fille Claude et son petit-fils Martin ! Et, pour eux, il n'était pas question de la laisser mourir d'aimer. Le 18 mai, l'ex-première dame a donc fêté ses 87 ans en famille. Puis, avec l'aide de Claude, Bernadette aurait quitté cet appartement du VIe  arrondissement parisien lui rappelant trop douloureusement les derniers instants de Jacques…

Depuis quelques semaines, l'ex-première dame habiterait à nouveau leur ancienne résidence, située quai Voltaire. Un appartement rempli de souvenirs joyeux et heureux. Rappelez-vous, en mai 2007, ce magnifique 396 m2 , avec vue sur le Louvre, leur avait été prêté par leurs amis libanais de la famille Hariri ! Bernadette et Jacques y ont coulé des jours que l'on imagine sereins et tranquilles. Retrouver ce cadre de vie rassurant lui a certainement fait beaucoup de bien moralement et psychologiquement. Et puis, Claude et Martin sont là, tels deux anges gardiens, veillant jalousement sur le bien-être de leur mère et grand-mère adorée. Tant d'amour et de bienveillance l'auront peu à peu sortie de cette torpeur de douleur dans laquelle elle s'était doucement mais sûrement enfermée.

Désormais, il n'est pas rare de la voir de nouveau sur les trottoirs du VIIe  arrondissement. Comme ce samedi 1er  août où elle était de sortie, toute de rose vêtue ! Sans doute, Bernadette doit se sentir encore très fatiguée. Ses jambes ne la portent plus et elle n'a d'autre choix que de se déplacer en fauteuil roulant. Et puis, il est difficile ce premier été sans Jacques. Il lui faut faire le deuil de ces vacances qu'elle passait sous le soleil de Saint-Tropez à réprimander gentiment son incorrigible mari qui cédait trop facilement aux bains de foules !

Pour le moment donc, elle profite juste de ces instants privilégiés avec sa fille. Dans les rues de Paris, leur complicité est évidente et fait plaisir à voir. Surtout quand Claude se penche pour murmurer quelque secret à l'oreille de Bernadette ou qu'elle laisse éclater sa joie. Une joie simple : celle d'avoir retrouvé sa mère et de ne pas être encore complètement orpheline. Car Claude aussi doit affronter ce premier été sans son père. Mais l'union fait la force et, à elles deux, ces fortes femmes ont déjà gagné la partie et leur pari : faire de cet été celui de la résurrection !

Clément FRANÇOIS

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