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Bernadette Chirac : Un homme l'empêche de se laisser mourir !

Publié le 6 décembre 2020

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La disparition de Jacques l'a plongée dans un profond désespoir. Mais aujourd'hui, sa fille Claude n'est plus seule à se battre pour que Bernadette Chirac retrouve le goût de vivre…

« C 'est un moment un peu particulier que tous ceux qui ont vécu des deuils connaissent. Ce premier anniversaire de la mort d'un proche, c'est toujours un peu douloureux », confiait Claude Chirac, dans une récente interview diffusée sur BFM. Or cet adjectif douloureux ne suffit certainement pas à exprimer l'état de tristesse, de désolation, dans lequel sa mère, Bernadette, a sombré depuis la disparition de son grand amour, Jacques Chirac, le 30 septembre 2019.


Elle, la battante, qui a survécu à tant d'épreuves, dont le décès tragique de sa fille aînée, Laurence, en 2016, n'était plus que l'ombre d'elle-même. Sans son homme, dont elle a été le plus fidèle soutien durant soixante-six ans, elle semblait avoir perdu tout désir de vivre, se murant dans ses souvenirs. Il y en a tant ! À commencer par leur rencontre sur les bancs de Sciences Po où, la jeune fille discrète et sage issue de la haute bourgeoisie tombe sous le charme de ce beau brun fougueux et charismatique. Il part étudier à Harvard, elle l'attend. À son retour, ils se fiancent et, en 1956, passant outre les réticences de sa famille, mademoiselle Chodron de Courcel lui dit « oui ».

Elle qui avait soif d'aventures, ne sera pas déçue. L'existence aux côtés de ce « bulldozer » n'est pas de tout repos. Mais elle lui tient tête, refusant de jouer les potiches. Contre son gré, elle reprend des études d'archéologie et, alors qu'il est nommé ministre délégué sous Georges Pompidou, se fait élire conseillère municipale de Sarran, en Corrèze. La mairie de Paris, que Jacques décroche en 1977, la course à l'Élysée, qu'il remporte en 1995, rien de tout cela n'aurait été possible sans le concours précieux de « sa petite tortue », comme il la surnomme. Durant douze ans, elle sera sa première dame, compagne agissante à qui l'on doit notamment l'opération Pièces jaunes, qui récolte des fonds pour la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

En 2007, lorsque Jacques cède la place à Nicolas Sarkozy, il est malade. L'AVC dont il a été victime deux ans plus tôt lui a laissé des séquelles irréversibles. Bernadette est là, encore, toujours. Elle s'oublie à le soigner, lui offrant, une fois de plus, la preuve de son immense amour. Cela ne suffira pas hélas, à le garder près d'elle… Elle a tant donné, tant fait pour que ce jour n'arrive pas, qu'elle n'a même pas la force de se rendre à la messe d'obsèques célébrée à l'église Saint-Sulpice, de Paris, le 29 septembre 2019. Muette de chagrin, la veuve se cloître rue de Tournon, où ces dernières années, elle a assisté, impuissante, au déclin de son lion. Elle, si vaillante, ne peut plus marcher. Ses jambes ne la portent plus. Très inquiète, Claude a tout fait pour que sa mère quitte ces lieux chargés de souffrance. Cet été, le premier sans Jacques, Bernadette a emménagé quai Voltaire, dans l'appartement prêté par la famille Hariri, leurs amis libanais, en 2007, dans lequel elle a partagé avec son époux, tant de moments paisibles…

Ce changement de décor lui a sans doute fait du bien, mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle cette femme meurtrie, de 87 ans, semble aujourd'hui enfin reprendre goût à la vie. En effet, derrière ce revirement inespéré se cache un homme. Doté d'une personnalité hors du commun qui lui rappellerait à bien des égards celle de son amour défunt, ce grand monsieur occuperait la plupart de ses pensées. C'est pour lui que, désormais, Bernadette accepte de sortir de la bulle de chagrin dans laquelle elle s'est enfermée depuis plus d'un an. En sa compagnie, elle revisite ce passé si riche dont la politique est le pilier. Avec lui, les souvenirs ne sont plus aussi douloureux.

Parce que cette France qu'avec Jacques elle a servie de toute son âme, lui aussi l'a aimée plus que tout. Leurs opinions sont en tout point les mêmes, et s'ils n'ont pas traversé les mêmes épreuves, ils ont en commun ce courage dont sont faits les héros. Bernadette est une héroïne de l'ombre, lui, demeure pour beaucoup, celui qui a sauvé la France, à la fois l'âme de sa résistance à l'occupant nazi et de son renouveau.

Cet homme, Jacques aussi l'admirait. Il a été son mentor, son guide, celui qui a inspiré son parcours et ses combats politiques : le général de Gaulle. C'est en sa mémoire que, le 9 novembre dernier, jour du cinquantième anniversaire de sa mort, l'ex-première dame, retrouvant toute sa superbe, a parcouru les berges de la Seine. Un pèlerinage qu'elle a accompli en compagnie de Claude, de ses deux assistants et de Sumette, son fidèle bichon maltais.

« Quels que soient les dangers, les crises, les drames que nous avons à traverser, par-dessus tout et toujours nous savons où nous allons, nous allons, même quand nous mourrons, vers la Vie », avait dit le grand Charles dans un discours prononcé en 1967. Aller vers la vie, un chemin que Bernadette Chirac a un temps déserté, mais qu'elle semble aujourd'hui bien déterminée à reprendre…

Lili CHABLIS

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