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Bernard Mabille : "Je suis un vieux routier, dur à épater !"

Publié le 1 octobre 2021

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Après avoir souffert de la crise sanitaire, l'humoriste sociétaire des grosses têtes se réjouit à l'idée de remonter enfin sur scène.

France Dimanche : En quoi consiste ce spectacle diffusé en direct du théâtre de la Tour Eiffel, à Paris ?

Bernard Mabille : Je serai entouré de quelques camarades [Michel Guidoni et Mado la Niçoise, entre autres, ndlr] que j'apprécie déjà beaucoup pour certains ou que je vais découvrir pour d'autres, et nous aurons pour mission de commenter l'actualité politique. Autant dire qu'à quelques mois de l'élection présidentielle, on a de la matière. On va essayer de remettre en route la machine à rire !

FD : Les chansonniers ont-ils encore à ce point la cote ?

BM : Je ne me considère pas vraiment comme un chansonnier. C'est un mot qui sonne d'ailleurs assez mal aujourd'hui, je le trouve un peu désuet. Ça a longtemps été associé à ceux qui ne faisaient que de l'humour politique avec un petit côté réac. En revanche, avec leurs revues de presse, les Coluche et Bedos, pour ne citer qu'eux, ont réussi à ouvrir le spectre de ce genre comique. J'ai, quant à moi, longtemps trimballé l'image du mec qui ne faisait rire qu'avec de la politique, notamment par mes collaborations avec Thierry Le Luron ou plus récemment avec Anne Roumanoff.

FD : Trouvez-vous que votre écriture a évolué depuis le temps où vous travailliez avec Thierry Le Luron ?

BM : Oui, forcément. Il m'arrive souvent aujourd'hui de me dire : « Mais comment puis-je oser écrire ça ? » Des phrases, des sketches que je n'aurais jamais pu écrire à l'époque… Mais c'est aussi la société qui a évolué. Nous sommes de plus en plus dans une ambiance de café du commerce.

FD : Qui vous fait rire aujourd'hui ?

BM : Je suis assez friand du ton de Gaspard Proust ou de Stéphane Guillon. J'ai adoré aussi le dernier spectacle de Guy Carlier. Je suis très admiratif de son style d'écriture. Mais je fais quand même partie des vieux routiers, ça devient donc de plus en plus dur de m'épater. J'ai l'impression d'avoir déjà entendu certains bouts de sketches 25 000 fois !

FD : Prenez-vous toujours autant de plaisir à faire rire ?

BM : Oui, mais la machine s'étant arrêtée il y a quatorze mois avec cette satanée crise sanitaire, je dois avouer que je me pose des questions. Si j'ai certes encore le plaisir de faire rire, est-ce que les gens vont de leur côté rire des mêmes sujets depuis que le Covid nous est tombé sur la tête ? Avec ce spectacle sur Paris Première, j'ai donc vraiment l'impression de repartir à zéro, avec une humilité totale… Comme vous pouvez le remarquer, ce virus m'a mis un sacré coup au moral… Je ne suis qu'un gros oiseau fauché en plein vol !

FD : Appréhendez-vous à ce point ce retour sur scène ?

BM : Je crains surtout de me retrouver devant un public masqué, sans pouvoir le voir sourire… Comme si je me produisais devant le FLNC cagoulé !

Recueilli par Philippe CALLEWAERT

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