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Bernard Tapie : Il ne se soigne plus  !

Publié le 19 mars 2019

Pour rester lucide jusqu’au bout, Bernard Tapie a décidé d’arrêter de prendre ses médicaments contre le cancer.

Il se bat comme un lion, ainsi qu’il l’a toujours fait, quel que soit l’enjeu, quelle qu’en soit l’issue… Mais cette fois, il ne s’agit pas pour Bernard Tapie de gagner davantage d’argent ou de décrocher un poste de ministre. Depuis bientôt deux ans, l’homme d’affaires touche-à-tout lutte pour sauver sa peau, combattant le double cancer dont il est atteint, avec un courage et une dignité admirables.

En malade exemplaire et confiant, le businessman de 76 ans a accepté de se soumettre à tous les protocoles prescrits par l’équipe médicale de l’hôpital Saint-Louis à Paris et ce, malgré les terribles souffrances qu’il endure et une guérison très incertaine : « On m’a enlevé les trois-quarts de l’estomac et la moitié de l’œsophage, vient d’expliquer Tapie dans Le Journal du dimanche. Les suites de l’opération ont été très douloureuses. J’ai eu des complications avec des traitements lourds, des difficultés respiratoires, chaque repas est une épreuve. Malgré tout, grâce à ma famille et à mes amis, j’essaie de vivre normalement.  »

Une épreuve épouvantable pour celui qui se prépare, à partir du 11 mars, à se présenter de nouveau devant la justice pour un procès en rapport avec l’affaire de la vente d’Adidas, qui l’oppose depuis vingt-cinq ans au Crédit lyonnais. Cette audience, qui se déroulera devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, reviendra sur l’arbitrage de juillet 2008 qui avait été rendu en faveur de Bernard Tapie, lui octroyant 404 millions d’euros, dont 45 millions au titre de «préjudice moral ».


Les juges accusent aujourd’hui l’ancien propriétaire de la « marque aux trois bandes », ainsi que cinq autres prévenus, d’avoir préparé en amont cette procédure, et donc d’être coupable d’escroquerie et de détournement de fonds publics. Ce que conteste haut et fort l’ancien patron de l’Olympique de Marseille. Ce retour au tribunal, ce compétiteur-né l’attend avec impatience, et tient à y participer afin de prouver son innocence, malgré la maladie qui depuis de longs mois l’a énormément affaibli.

Et pour y parvenir, le patron du groupe de médias La Provence, dont la ténacité et le tempérament de bagarreur ne sont plus à prouver, a pris une décision radicale : « Parce que je veux avoir toute ma lucidité pendant le procès, j’ai décidé d’arrêter tous les traitements, plus de chimiothérapie, plus d’antidouleur, rien ! Il faut que je sois au top, j’espère y arriver », a-t-il confié. Une solution extrême dont il a expliqué les raisons tout récemment sur Europe 1 : « Les antidouleur ont l’avantage d’éviter les souffrances mais ont le désavantage de vous ensuquer [engourdir, ndlr]. »

Pour ne rien arranger, durant cette période difficile que traverse cet homme au caractère volontaire, à quelques jours de ce procès capital, une autre attaque s’est abattue sur lui, jetant une fois encore l’opprobre sur sa réputation. Car tandis que Bernard Tapie se prépare à présenter sa défense, son ancien attaché parlementaire, qui a été à son service durant trente ans, l’accuse d’avoir acheté des arbitres et drogué des joueurs adverses pour gagner des matchs lorsqu’il était président de l’OM. « J’ai participé une fois à un achat d’arbitre, détaille ainsi cet ex-collaborateur dans Le Monde. C’était pour un match contre le PSG, à Paris. On déstabilisait aussi l’adversaire en utilisant des psychotropes : du Haldol. À l’aide de seringues à aiguilles ultrafines, le produit était injecté à l’intérieur de bouteilles en plastique. Tout ce qui était consommable par l’adversaire était traité. » Des accusations que l’ancien ministre de François Mitterrand récuse avec véhémence, envisageant même de porter plainte.

À deux jours du début de son procès, Bernard Tapie ne semble pas près de pardonner à tous ceux qui se sont opposés à lui. « Je ne suis pas du genre à pleurnicher mais tous mes médecins me l’ont dit : avec mon mode de vie – je ne fume pas, je ne bois pas, je fais du sport –, j’avais très peu de chance, pour ne pas dire aucune, d’avoir un double cancer digestif. Ils m’ont cité les expressions populaires : “se faire de la bile”, “du mauvais sang”… C’est ce qui m’est arrivé et je dis merci à tous ceux qui sont responsables de ça. »

Clara MARGAUX

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