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Bernard Tapie : Il veut faire comme Johnny !

Publié le 6 mai 2018

Le battant Bernard Tapie, bien qu’affaibli par son cancer, compte bientôt remonter sur scène.

«C’est un fighter [“battant”, ndlr]. Il ne renoncera jamais », confiait son ami Jacques Séguéla, le 12 février dernier, sur le plateau de CNews.

Pourtant les nouvelles étaient loin d’être rassurantes. Un mois plus tôt, Bernard Tapie, atteint d’un cancer de l’estomac, avait subi une très lourde et délicate intervention à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.

Onze heures d’opération avaient été nécessaires pour lui retirer l’organe touché, ainsi qu’une partie de l’œsophage.

Amaigri de 20 kg depuis l’annonce de sa maladie en septembre dernier, l’homme d’affaires continuait de perdre 400 g par jour…


Deux mois se sont écoulés, et son état de santé ne s’est, hélas, pas amélioré.

En effet, comme l’ancien président de l’Olympique de Marseille vient de le confier dans une interview accordée à Aujourd’hui en France, il semblerait que l’opération n’ait pas suffi à enrayer la progression de la maladie : « Après analyse, l’équipe médicale a décidé une nouvelle séquence de chimiothérapie […], une épreuve très dure à vivre et à supporter. »

Pourtant, comme l’avait prédit le publicitaire, Bernard est toujours debout, prêt à en découdre avec la Grande Faucheuse. Il a beau être très diminué physiquement, sa force intérieure est intacte : « Je veux vivre au-delà de mes 90 ans. C’est le souhait de toute ma famille, et je ne veux pas les décevoir », affirme-t-il.

D’où lui vient cette indestructible foi en la vie ?

De l’amour des siens, bien sûr, mais aussi et surtout d’un homme qui a traversé la même épreuve que lui et qu’il appréciait beaucoup : Johnny Hallyday.
Certes, le rocker a hélas fini par succomber à son cancer, le 5 décembre dernier, mais comme l’explique Bernard Tapie : « Je sais que sans la tournée des Vieilles canailles, il serait mort un an plus tôt. Il a tenu le coup parce qu’il s’était fixé l’objectif de finir la tournée. »

Appétit de vivre

Pourquoi ce qui a fait du bien à l’un ne marcherait-il pas pour l’autre ?

La scène, l’ex-patron d’Adidas en a goûté l’ivresse pour la première fois en 2001. C’était dans la pièce Vol au-dessus d’un nid de coucou, de Dale Wasserman. Il interprétait alors le rôle tenu par Jack Nicholson dans la célèbre adaptation cinématographique du regretté Milos Forman.

Un souvenir qui, dix-sept années plus tard, le fait encore vibrer. Fouler de nouveau les planches permettra-t-il à Bernard Tapie de voler au-dessus de la maladie ?

En tout cas, c’est bel et bien son intention. Dans une nouvelle pièce ou une comédie musicale, confie ce self-made-man qui envisage de faire cent représentations à Paris et une tournée dans toute la France. Rien de moins !

Un pari a priori guère raisonnable d’un point de vue médical, mais ne vaut-il pas mieux parfois risquer gros que ne rien tenter ?

« Tant que l’on est dans la bagarre, la peur n’est plus présente », assure encore Bernard Tapie. Pourtant, lorsque son médecin lui a appris la terrible nouvelle, l’été dernier, « le lion », comme le surnomme son fils Stéphane, était « KO debout ».

Ironie du sort, dans l’avion qui le ramenait de Marseille (où il avait passé sa fibroscopie) à Paris, il se retrouve assis à côté de Pierre Arditi. Vingt ans plus tôt, le réalisateur Claude Lelouch les avait réunis dans son film Hommes, femmes : mode d’emploi. Une fable mordante dans laquelle le comédien, qui interprète un grand médecin, apprend à Benoît Blanc, joué par l’homme d’affaires, qu’il est atteint… d’un cancer de l’estomac !

Comme le raconte Bernard Tapie, toujours dans Aujourd’hui en France :
« J’adore Pierre Arditi, et je lui dis : “Cette fois, c’est pas du cinéma, c’est pour de vrai.” »

KO, cet inébranlable optimiste ne l’est pas resté longtemps. Fervent défenseur de l’hôpital public, il a foi dans les progrès de la médecine qui, selon lui, pourraient prochainement augmenter les chances de guérison d’un cancer.

Aurait-il pu éviter le sien ?

Peut-être pas, mais le prendre à un stade plus précoce, sans aucun doute !

En effet, il a souffert durant six à sept ans de maux d’estomac avant de se décider à faire un check-up ! « J’ai eu tort, reconnaît-il. Il faut être attentif aux alertes que votre corps vous envoie. Ensuite vous allez aux contrôles de détection. »

Aujourd’hui, grâce à son épouse Dominique et à leurs enfants, à ses amis, à ses quatre chiens et aux nombreuses personnes qui le soutiennent, Bernard résiste. Son formidable appétit de vivre fait le reste.

Cela suffira-t-il pour qu’il guérisse ?

Une chose est sûre, c’est que, comme dans tout ce que cet homme a entrepris au cours de ses mille et une vies, il s’y emploie à fond !

Lili CHABLIS

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