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Bernard Tapie : Troublantes confidences de son cancérologue...

Publié le 4 octobre 2021

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© Guillaume Gaffiot/Bestimage Bernard Tapie dans l'émission "Vivement Dimanche"

Bernard Tapie est décédé hier à l’âge de 78 ans des suites d’un cancer. Le cancérologue de l’ancien ministre et homme d’affaires s’est confié sur la manière dont ce dernier vivait sa maladie et sa volonté de « lutter et profiter de sa vie et notamment de ses proches ».

Bernard Tapie n’est plus. La famille de l’ex-président de l'Olympique de Marseille a annoncé sa mort, à l’âge de 78 ans, hier, dimanche 3 octobre. L’ancien ministre se battait contre le cancer depuis quatre ans. C’est en novembre 2017 qu’il s’était confié à Laurent Delahousse dans le jardin des Tuileries au sujet de sa maladie. Il avait déclaré « Quand on a 70 ans et plus, il faut accepter qu'à un moment donné, on va aller vers l'épreuve ultime qui est la mort, et pour moi ce n'est pas une catastrophe ». Affaibli par les traitements, il racontait : « J'ai vécu d'une manière incroyable, formidable ». Et de poursuivre : « Quand on vous apprend que vous avez un cancer, c'est comme si on vous mettait une batte de baseball dans la tête » et de parler d’« un truc très dur ».

À l’époque, Bernard Tapie déclarait n’avoir « aucune raison de craindre ça », le cancer. Il développait : « Je n'avais jamais eu de symptôme. Je ne picole pas, je ne fume pas ». Quand au pronostic des médecins, il répondait à Laurent Delahousse qu'« on n'est pas des statistiques. Chaque être humain a sa propre statistique ». Mais voilà, quatre ans plus tard, le cancer qui avait d’abord touché son estomac puis son oesophage, avant d’attaquer ses cordes vocales, ses poumons et sa peau, a eu raison de lui… Le professeur belge Eric Van Cutsem, l’un des cancérologues de Bernard Tapie, racontait aujourd’hui sur RMC : « Il savait bien qu'on ne pouvait pas guérir son cancer. Il le savait bien depuis deux ans (...) mais il ne voulait pas l'entendre, qu'il y avait une fin. (...) Se rendre n'était pas dans son dictionnaire ».

Il continuait, dans l’édition du Parisien de ce jour cette fois-ci : « Il a voulu lutter et profiter de sa vie et notamment de ses proches. Il n'a jamais été hospitalisé longtemps. Il est toujours resté chez lui, sauf quand il a été opéré. Ses fils, ses filles et Dominique, son épouse, étaient très, très proches de lui. C'était sa motivation ». Puis, sur RTL le cancérologue a confié, au sujet de la façon dont Bernard Tapie appréhendait son cancer : « Il s'est en effet beaucoup documenté sur la maladie. Ce n'était pas un homme facile. Il pose des questions très pointues. Il remet tout en question, mais c'est constructif. Il veut comprendre. (...) Je l'ai vu encore très récemment, il y a deux semaines, et il y a encore quelques jours. On était très souvent en contact par téléphone. Il ne se rendait pas. Il voulait toujours avoir un dernier petit espoir. Pour voir la lumière au bout du tunnel ». 

Toujours selon le professeur Eric Van Cutsem, l’ancien ministre savait ce qui l’attendait et concluait « Son but, c'était de vivre avec son cancer et d'en faire une maladie chronique. Il y a quinze ans, avec ce cancer, la survie aurait été de moins de six mois ». Une messe sera célébrée ce vendredi 8 octobre à la Major, la cathédrale sainte Marie-Majeure de Marseille. Le diocèse a précisé à l’AFP que c’est Mgr Jean-Marc Aveline, l'archevêque de Marseille, qui présidera la cérémonie.

Kahina Boudjidj

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