France Dimanche > Actualités > Brigitte Bardot : Brisée par le scandale

Actualités

Brigitte Bardot : Brisée par le scandale

Publié le 8 janvier 2020

Ardente avocate des animaux, Brigitte Bardot réfute les accusations d’irrégularités financières pointées par la Cour des comptes contre sa fondation…

«Une vie au service d’une cause », c’est la devise de Brigitte Bardot qui, depuis ses débuts au cinéma pratiquement, a consacré toute son énergie à défendre les animaux contre la cruauté des hommes. Totalement habitée par cette mission, l’actrice n’a pas hésité une seule seconde à tourner le dos à une carrière alors florissante pour s’engager corps et âme auprès des bêtes, créant, un peu plus tard, il y a près de trente-trois ans, la fondation qui porte son nom. Dès lors, rien d’étonnant que cette pasionaria du monde animal s’insurge et s’indigne lorsqu’on s’avise de ternir la réputation de cette institution qu’elle a bâtie avec son cœur !

Le 13 décembre dernier, BB laissait en effet éclater sa rage sur son compte Twitter, avec le franc-parler dont cette grande dame de 85 ans est coutumière : « Je suis révoltée, outrée et attaquante, je mets en garde les “chiures de mouche” qui ont osé attaquer ma fondation. » Un avertissement inquiétant écrit avec les tripes, complété par un long communiqué officiel dans lequel Brigitte Bardot accuse : « Certains “torchons” de presse diffusent actuellement des erreurs accablantes et diffamatoires, cherchant à salir ce que j’ai de plus sacré au monde. […] J’ai tout quitté, tout vendu, tout donné pour créer ma fondation en 1986. Depuis, celle-ci n’a fait que prospérer en devenant une des plus importantes en France et dans le monde entier. En lieu et place de gouvernements qui ne font rien, nous sauvons chaque année des milliers d’animaux partout dans le monde. Ma fondation est irréprochable. Je l’ai voulue à mon image, courageuse, honnête, efficace, dévouée à toutes les misères. »


Mais qu’a bien pu provoquer chez le sex-symbol des années 60 une telle explosion de colère ? Certes, l’ancienne mascotte du magazine Elle nous a depuis longtemps habitués à ses réactions vives et spontanées et ses prises de position sans concession, mais cette fois, la sauveuse des bébés phoques n’y va pas de main morte !

C’est un article du Canard enchaîné qui a mis le feu aux poudres et provoqué l’ire de Brigitte… Dans son édition du 13 décembre, le journal satirique s’appuyait sur un rapport de la Cour des comptes datant du 20 novembre dernier, mettant en avant une gestion douteuse de l’organisation fondée par l’ex-star du cinéma français. Cette haute juridiction financière chargée de contrôler les établissements publics aurait, selon notre confrère, notamment pointé des honoraires annuels faramineux, – plus d’un demi-million d’euros ! –, de l’avocat de la fondation, Me Jean-Louis Bouguereau. Ce dernier, conseiller juridique en charge des legs et de la défense de la cause animale au sein de la fondation, serait également secrétaire général de l’organisation mais aussi avocat personnel de Madame Bardot. Un mélange des genres qui poserait la question d’un potentiel conflit d’intérêts : cet apôtre de la loi a-t-il été rémunéré par la fondation ou par l’héroïne de Et Dieu créa la femme ?

Une épouvantable suspicion que l’interprète de Bonnie and Clyde n’a pas supportée, réagissant avec véhémence, également sur son compte Twitter : « La Cour des comptes vient depuis deux ans mettre son nez dans tous nos papiers, nos contrats, nos dépenses, notre fonctionnement, nos employés, nos bénévoles, nos refuges, une vraie inquisition, écrit-elle. Ils n’ont rien trouvé. Nous sommes “blanc-bleu”. Mais les “torchons” à scandale m’accusent de transactions douteuses avec l’avocat de la Fondation dont ils n’ont même pas vérifié le nom ! La preuve de leur indigne délation. »

Si l’on en croit un article de Var-matin, paru également le 13 décembre, Me Bouguereau, retraité du barreau d’Aix-en-Provence et anciennement Tropézien, n’apparaît en effet à aucun moment dans le rapport. « De toute évidence, j’ai été victime d’une dénonciation calomnieuse ou pire d’une usurpation d’identité car je n’ai jamais prêté mon concours d’avocat à Mme Brigitte Bardot ou à sa fondation depuis vingt-cinq ans, a confirmé ce dernier. De surcroît, j’ai pris ma retraite d’avocat en 2003 et je n’ai jamais participé à une réunion de cette fondation dont je n’ai jamais franchi les portes de son siège. » Des propos confirmés par l’ex-muse de Serge Gainsbourg qui indique dans les colonnes de notre confrère : « L’avocat actuel de la Fondation, qui n’est effectivement pas Me Bouguereau, a démissionné de son poste de secrétaire général. Ses honoraires s’élèvent à environ 20 000 euros par mois, cela pour traiter des centaines de dossiers par an. »

Tandis que des dizaines de milliers d’animaux dans le monde entier sont sauvagement assassinés, maltraités au quotidien, ou abandonnés sur le bord des routes comme de vulgaires objets, il est bon de savoir que, chez nous, une voix s’élève et parle haut et fort pour leur venir en aide. Peut-être serait-il bon de s’attaquer plutôt à leurs bourreaux qu’à Brigitte Bardot ?

Ce qui est sûr, c’est que cette invulnérable militante, fidèle à tout jamais à cette louable cause qu’elle a embrassée il y a si longtemps, ne se laissera pas faire… Ainsi cette guerrière qui n’en est pas à sa première ni à sa dernière bataille conclut-elle son communiqué par ces mots : « JE LES MÉPRISE et lorsque je mords, je ne lâche jamais. À bon entendeur, salut ! »

Clara MARGAUX

À découvrir