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Brigitte Bardot : Cette fois, c’est la fin…

Publié le 23 août 2019

Après un cancer du sein et les souffrances dues à son arthrose, Brigitte Bardot renonce à se battre.

En la voyant se battre comme une lionne depuis des années pour venir en aide aux animaux, faire tout ce qui est en son pouvoir pour agir sur l’indifférence des hommes, on aurait pu penser que Brigitte Bardot était indestructible. Inaltérable. Qu’avec sa force, son courage, rien, ni personne n’arriverait jamais à entamer son moral d’acier.

À sa façon, B.B. était en effet devenue une espèce de « dame de fer » du combat pour plus de justice dans le monde, et toutes ses interventions donnaient la sensation qu’elle ne s’avouerait jamais vaincue. Mais hélas, aujourd’hui, à 84 ans – dont plusieurs décennies de bataille acharnée – B.B. est plus qu’épuisée. La cause de cet épuisement est bien sûr à trouver dans les oppositions qu’elle n’a cessé de rencontrer dans sa lutte, qui, peu à peu, a usé son cœur si généreux. Comme si, à chaque fois qu’un animal était maltraité, elle en ressentait en elle la trace.


Mais il n’y a pas que cela. Aujourd’hui, la vedette doit en effet affronter d’autres graves problèmes, tout aussi fondamentaux pour elle, qui, chaque jour, abîment un peu plus ses espoirs et son énergie. Et l’on sait à quel point l’aspect psychologique est important pour la santé, surtout quand une personne est déjà fragilisée. Et Bardot l’est. Comme elle l’avait confié à Paris Match l’année dernière, elle avait été victime d’un cancer du sein quand elle avait 49 ans, qu’elle avait alors réussi à soigner.

De la même façon, elle souffre depuis des années d’une sévère arthrose des hanches qui l’oblige à se déplacer avec des cannes. Chaque jour, cette maladie la condamne à un véritable supplice, peut-être accentué par sa phobie des blouses blanches…

Mais aujourd’hui, cette attitude rebelle, et même ce courage dont elle ne s’est jamais départie, est mise à rude épreuve. Car certains bouleversements dans son lieu de vie, la presqu’île de Saint-Tropez, cet endroit magique où elle a fait son nid, la blessent aujourd’hui affreusement. Tellement, qu’elle a décidé de crier au scandale, pour dire à quel point ces nouvelles dispositions gâchent ce qu’il lui restait de joie…

En effet, depuis peu, la mairie de Ramatuelle, dont dépendent les plages de Pampelonne, a décidé de modifier les règles qui s’appliquaient à ces lieux, installés le long des 4,5 km de littoral. Sur les 27 qui avaient pignon sur sable, dix ont dû fermer. Remplacées, et c’est là où le bât blesse, par des restaurants et bars qui n’ont plus rien à voir avec ce que Brigitte avait connu quand elle avait débarqué à Saint-Tropez…

C’était en 1955, et elle tournait alors Et Dieu… créa la femme. Un film qui allait commencer à construire sa légende, comme B.B. allait faire de la presqu’île un mythe. L’équipe s’était aventurée sur une plage qui semblait servir à manger. Mais après une petite discussion avec les propriétaires du lieu, ils apprenaient que le couple qui avait installé là une bicoque en bois (sans eau ni électricité) et une grande table sur le sable, n’étaient pas du tout des restaurateurs ! Ces derniers avaient cependant accepté de faire le service durant le tournage, et de nourrir Vadim et son équipe.

Voici comment était née la désormais célèbre plage du Club 55, un des endroits les plus beaux et sobres de Pampelonne. Mais aujourd’hui, si ce restaurant a réussi à garder sa concession, d’autres ont dû s’en aller, « chassés », pourrait-on presque avancer, par des établissements beaucoup plus luxueux, et beaucoup plus chers !

Certains ont ainsi proposé à la ville de Ramatuelle des redevances aux chiffres hallucinants. Comme l’a publié notre confrère Marianne, la nouvelle plage Loulou, dont le propriétaire, Gilles Malafosse, possède entre autres un très bel établissement dans les jardins du Louvre, à Paris, au sortir du musée des Arts décoratifs, a versé pas moins de 802 000 euros pour l’année !

La plage de La Réserve, dont la décoration est due au créateur Philippe Starck, en a été quitte pour 270 000 euros. Quant au Byblos Beach, petit frère du célèbre hôtel Byblos de Saint-Tropez, vrai palace 5 étoiles de la presqu’île, il s’est vu attribuer une concession moyennant 201 000 euros.

En revanche, d’autres plages qui étaient là depuis des lustres, et sur lesquelles on pouvait manger un pan bagnat sur sa serviette, ont, elles, disparu. Au grand dam des habitués, qui, l’été, profitaient de ces lieux magnifiques, et auxquels ces plaisirs – hors de prix – sont maintenant refusés.

Ceci plonge aussi Brigitte Bardot dans le désespoir ! « C’est scandaleux, ce qu’ils ont fait, a-t-elle confié dans les colonnes de Marianne. En rasant les cahutes qui avaient de la fantaisie, une poésie, c’est l’âme de la plage qui a été tuée ! J’ai bien essayé de me mobiliser, mais que voulez-vous faire contre le lobby des milliardaires ? »

Et d’expliquer qu’avant, il y avait plein de boutiques d’artisanat local qui avaient « un charme fou ». « Maintenant, on ne mange plus sur de simples tables en bois mais sur des nappes blanches : on se croirait à La Tour d’argent ! » regrette l’artiste. Franchement désespérée, elle ajoute : « Il y avait aussi […] des pêcheurs qui m’apportaient des poissons sur le ponton de ma maison. C’est fini tout ça. Il n’y en a plus que pour les yachts. Le pognon a tout bouffé ! »

En conséquence, Brigitte, qui ne sortait déjà plus très souvent de chez elle, a décidé de n’en plus bouger : « Je préfère vivre en recluse à la Madrague et je ne mets plus les pieds à Saint-Tropez. Il ne manque plus qu’une autoroute et ça va devenir Miami ici ! Si je n’avais pas mon âge, je serais partie depuis longtemps ! » a-t-elle ponctué, très éprouvée par ces dispositions récentes.

Aujourd’hui, ce que l’on souhaite, c’est que ces nouvelles n’affectent pas son moral. Car B.B. a besoin de toutes ses forces dans son combat pour les animaux. Et nous, humains, avons aussi besoin de l’incroyable personnalité de cette pasionaria qui ne baisse jamais les bras face à l’adversité.

Laurence PARIS

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