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Brigitte Bardot et Gunter Sachs : Lorsqu'une pluie de roses tombe sur la Madrague, BB est conquise…

Publié le 24 mars 2021

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En 1966, à 31 ans, BB est au sommet de sa gloire et de sa beauté. Chez elle, à Saint-Tropez, malgré les fêtes nocturnes et le flot des invités sans cesse renouvelé, elle s'ennuie. Une rencontre magnifique va briser cette monotonie.

Le 2 juin 1966, alors qu'elle dîne avec des amis au restaurant La Vieille Fontaine, à Gassin, Bardot remarque, à quelques mètres de sa table, un homme dont le sourire et les yeux bleus la fascinent. Élégamment vêtu d'une chemise de soie blanche, il s'exprime avec un léger accent allemand. Il a des mains parfaitement manucurées, ses gestes gracieux, ses manières distinguées qui le différencient des autres convives. Il a sur le visage l'insouciance des jeunes hommes riches qui assouvissent leurs caprices les plus fous en un claquement de doigts.


« Qui est ce monsieur ? » demande-t-elle, intriguée, à un serveur. Il s'empresse de lui répondre : « Mais c'est Gunter Sachs, le célèbre milliardaire allemand, le play-boy le plus riche d'Europe ! » Sans détacher son regard de l'homme qu'elle observe, la comédienne murmure : « Il me le faut ! » Une heure plus tard, Gunter Sachs et Brigitte Bardot dansent langoureusement sur la piste du restaurant. Puis le couple fausse discrètement compagnie à leurs amis pour finir la nuit à La Madrague.

Au milieu de la matinée, Brigitte Bardot se réveille. Le lit est un véritable champ de bataille. Elle tend la main et constate, agacée, que son amant est déjà parti, sans un mot, sans un baiser pour elle ! Une immense tristesse assombrit soudain son visage. Ce sublime étranger au délicieux accent, qui l'a aimée toute la nuit, n'est donc qu'un rêve…

Dépitée, elle sort de la pièce pour rejoindre sa plage privée. Elle songe à tous ces hommes qu'elle a quittés : Roger Vadim, Jacques Charrier, Bob Zagury… Elle se sent bientôt gagnée par une pesante sensation de solitude. Heureusement, il lui reste La Madrague, cette magnifique propriété qu'elle a acquise sur un coup de cœur en 1958. Elle compte bien s'y éteindre, d'ailleurs, loin du fracas parisien.

Plongée dans ses rêveries, elle ne remarque même pas le bruit d'un hélicoptère. Arrivé au niveau de la plage, l'appareil change soudain de cap et se dirige tout droit vers La Madrague.

Brigitte Bardot est étonnée : peut-être s'agit-il d'une manœuvre aérienne des pompiers ? Non, malgré le soleil qui l'éblouit, elle constate qu'il s'agit d'un appareil privé. « Sûrement des paparazzis ! » enrage-t-elle.

Dans un bruit assourdissant, l'engin tournoie et se stabilise à une cinquantaine de mètres au-dessus de la maison. Ses portes s'ouvrent et là… La jeune femme assiste à un spectacle féerique : des centaines, plus de mille roses rouges pleuvent sur le jardin, la plage, la piscine, les toits de La Madrague ! En tout, 1 200 fleurs tombent du ciel.

CHEVALERESQUE BB, le souffle coupé, aperçoit Gunter Sachs dans la cabine de l'appareil, qui lui envoie un baiser de la main. Elle ne peut retenir des larmes d'émotion : de tous les hommes qui ont tenté de la séduire, celui-là l'impressionne le plus. Cet acte bouleversant de romantisme la transporte. « Ce n'est pas tous les jours qu'un homme largue une tonne de roses dans votre cour », écrira-t-elle, plus tard. Elle découvre un tableau qui l'enchante : sa propriété est recouverte de roses rouges qui exhalent leur parfum délicat. L'actrice va mettre une semaine à toutes les ramasser. Mais elle met juste quelques secondes à tomber définitivement amoureuse d'une personnalité capable d'une telle mise en scène. Pour la petite histoire, le milliardaire a quitté La Madrague le matin même pour se rendre à Nice avec deux domestiques. Arrivé très tôt au marché Saleya du centre-ville, il a convoqué tous les fleuristes, stupéfaits, pour leur acheter 1 200 fleurs ! Soit l'intégralité de toutes les roses disponibles. Lorsqu'un grossiste lui tend la note, d'un geste hésitant, le play-boy éclate d'un rire puissant : « Mais ce n'est pas cher ! »

Car l'homme est très riche. Il est l'héritier, par sa mère, d'Opel, la célèbre compagnie automobile allemande. Son père, Willy Sachs, est, quant à lui, le propriétaire de la firme Fichtel & Sachs, le plus gros fabriquant de composants et de pièces automobiles allemand. Doté d'une immense fortune, Gunter n'est pas heureux pour autant : en 1958, son père se suicide. La même année, Anne-Marie Faure, la jeune étudiante française qu'il a épousée en 1955, meurt des suites d'un accident de la route. À 26 ans, Gunter Sachs se retrouve veuf, avec un fils en bas âge.

Il décide de noyer son chagrin en menant l'existence dorée d'un playboy. Mais inconsolable de la perte de sa femme, Sachs se refuse aux actrices, mannequins qui tournent autour de ce beau parti… L'été 1966 sera, pour Sachs et Bardot, celui de toutes les démesures. Désormais, ils ne se déplacent plus qu'en avion privé. À cause des barrières d'algues, son yacht ne peut pas accoster devant la propriété de Brigitte Bardot ? Il se rend alors à La Madrague en hélicoptère, pour sauter de l'appareil dans la mer, tout habillé !

BB est bluffée par cet homme imprévisible, capable de lui offrir une bague avec un diamant de dix carats d'une valeur de plusieurs centaines de milliers de francs.

Et les folies ne sont pas finies : lors d'une nuit, le 29 juin de la même année, il invite Brigitte Bardot à dîner sur une plage. La table est éclairée par 200 chandelles. Pour les éteindre, Gunter offre une carabine à Bardot, médusée. Ils passent la nuit à tirer sur les bougies. Le lendemain, ils s'envolent en jet privé pour le casino de Monaco. Lors d'une nuit magique où la chance leur sourit, ils gagnent à la roulette plus d'un million de francs ! Somme que Sachs dépense les jours suivants dans les boutiques de luxe en cadeaux pour l'actrice…

Le clou de cette vie rêvée ? Gunter et Brigitte décident de se marier à Las Vegas, le soir du 13 juillet suivant.

Il est 23 h 40 lorsque le juge John Mowbray, du comté du Nevada, s'apprête à prononcer l'union. Stupéfiant l'assistance, le fiancé hurle tout à coup un retentissant « Arrêtez ! ». Le sang de BB ne fait qu'un tour : a-t-il changé d'avis ? Peut-être même ne l'aime-t-il plus ? Le milliardaire, tout sourire, se tourne alors vers le juge pour le supplier : « Attendez 20 minutes que l'on soit le 14 juillet : je voudrais épouser le plus beau symbole de la France le jour de sa fête nationale ! » Le mariage est prononcé à minuit et une minute…

Jean-Baptiste DROUET

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