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Brigitte Bardot : "Michel Drucker m'a fait le plus beau des cadeaux"

Publié le 24 décembre 2004

Pour sa dernière grande émission de télé, l'inoubliable actrice Brigitte Bardot nous a accordé une interview exclusive

Elle avait pourtant dit qu'elle ne participerait plus jamais à de grandes émissions télévisées! Mais c'était sans compter l'amitié qui unit Brigitte Bardot et Michel Drucker depuis plus de quarante ans...

Ce dernier a en effet réussi, pour notre plus grand plaisir et celui des téléspectateurs, à la convaincre de faire une grande émission souvenir en l'honneur des 70 ans de la grande vedette. Un joli cadeau de Noël puisque ce Vivement Dimanche, Spécial Brigitte Bardot, sera diffusé le 26 décembre, sur France 2.

À cette occasion, l'inoubliable interprète de Et Dieu créa la femme, nous a donné, en exclusivité, une bouleversante interview. Confidences d'une femme qui, si elle a été blessée par la vie, n'en a pas moins gardé son grand cœur...

->Voir aussi - Brigitte Bardot : "J'ai fait la manche à Saint-Tropez !"

France Dimanche (F.D.) : Pourquoi cette émission alors que vous aviez décidé de ne plus accepter de grandes émissions, depuis ce 12 mai 2003 où vous étiez sur le plateau de On ne peut pas plaire à tout le monde ?

Brigitte Bardot (B.B.) : Michel, que je connais depuis très longtemps, me disait toujours : « On va faire un truc ensemble... » Il m'avait notamment appelé au moment où je venais d'accepter l'émission de Fogiel. Je crois que c'était huit jours plus tard, pour être précise. Je lui ai dit la vérité : que je venais tout juste d'accepter Fogiel.

F.D. : Ainsi, c'est donc tombé à l'eau...

B.B. : Disons que ça a été différé. Nous avions en effet convenu de remettre ça à plus tard, Michel ayant trouvé très intéressante l'idée de faire une émission à l'occasion de mes 70 ans. Et puis n'ayant plus de nouvelles, j'ai oublié. Jusqu'à ce qu'il me rappelle, il y a un peu plus d'un mois, pour me dire : « Il y a tellement d'années qu'on rêve de faire quelque chose ensemble qu'il faut se décider ! On va faire ça le dernier dimanche de l'année, le 26 décembre...»

F.D. : Et vous avez accepté sans hésiter ?

B.B. : Pas exactement ! Je lui ai répondu que je ne savais pas trop, qu'il fallait me donner le temps de réfléchir, parce que j'avais été très perturbée par l'émission de Fogiel. Bien sûr, j'avais confiance en Michel, mais j'avais également confiance en Fogiel avant de faire l'émission. Sauf que je ne le connaissais pas depuis longtemps, alors que je connais Michel depuis plus de quarante ans.

F.D. : C'est donc lui qui vous a convaincue de retourner de nouveau sur un plateau de télévision?

B.B. : Disons qu'il m'a confortée dans ma décision de laisser une jolie image aux gens qui m'aiment, plutôt que de rester sur le désastre que représentait l'émission de Fogiel.

F.D. : Cette émission demeure pour vous un très mauvais souvenir, même avec le temps...

B.B. : Vous n'imaginez pas à quel point j'en ai été perturbée ! J'ai été boycottée, depuis cette émission, j'ai été traitée de tout ce qu'on veut... Ça a été très dur pour moi d'accepter tout ça. D'autant que c'est d'une grande, très grande injustice. Ça m'a fait mal, très mal ! Et, je m'en rends bien compte aujourd'hui, le fait que Michel me donne la possibilité de m'exprimer à nouveau dans de jolies conditions, est pour moi, le plus beau des cadeaux.

F.D. : Quel a été le moment le plus émouvant de cette émission ?

B.B. : Il y en a eu plusieurs. Les témoignages d'Alain Delon, de Robert Hossein et de Roger Hanin m'ont beaucoup touchée. Le plus émouvant de tous, c'était celui d'Alain, qui m'a fait venir les larmes aux yeux.

F.D. : Qu'est-ce qui vous donc a tant émue ?

B.B. : Je ne me souviens plus des termes exacts. Mais il a parlé de moi mieux que personne. Il a dit des choses très justes sur la façon dont j'ai réagi en abandonnant le cinéma. En expliquant pourquoi je m'étais réfugiée auprès des animaux. Il a fait un parallèle avec lui, parce que, lui aussi, dans sa maison de Douchy, s'est réfugié auprès de ses animaux pour panser les plaies qu'il doit aux humains. Ce parallèle qu'il a fait entre nous est criant de vérité. C'est très rare, qu'on dise des choses aussi vraies sur moi. J'espère que cela sera aussi émouvant pour les téléspectateurs que ça l'a été pour moi.

F.D. : Une partie de l'émission a été tournée au Yaca, l'hôtel de Et Dieu créa la femme. Ce devait être également très émouvant, non ?

B.B. : L'hôtel était charmant, tout décoré. Mais ce n'est plus du tout le même. Ce sont de nouveaux propriétaires et tout a été changé. Non, ce qu'il y avait d'impressionnant c'est que l'équipe venue pour me filmer comptait 45 personnes vraiment formidables. On a d'ailleurs tous dîné ensemble à la Table du Marché. On s'embrassait comme du bon pain. On s'est bien amusé. Ça c'était émouvant, comme le fait que les propriétaires aient ouvert l'hôtel spécialement pour l'émission.

F.D. : Votre hanche vous fait-elle toujours autant souffrir ? Avez-vous pris la décision de vous faire opérer ?

B.B. : Écoutez, je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant. Je n'aborde d'ailleurs pas le sujet dans l'émission. Je n'aime pas évoquer mes petites misères... En revanche, on a beaucoup évoqué une cause qui m'est très chère... les animaux ! On a aussi longuement parlé de ceux qui nous ont quittés, Vadim, Sacha Distel... tous ceux qui ont jalonné ma vie et qui ont compté pour moi. En fait, nous n'avons abordé que des sujets essentiels... Je voudrais d'ailleurs faire une petite parenthèse concernant mes amies les bêtes. J'ai fait le Noël des Animaux le samedi 18 et le dimanche 19 décembre à Levallois Perret. Je tiens à souligner que le maire de cette commune, Patrick Balkany, a été formidable. Pas comme le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui n'a même pas daigné répondre à ma lettre. Patrick Balkany, lui, a mis à peine huit jours pour me répondre. Il a, non seulement mis des locaux à ma disposition, mais également toute une infrastructure pour nous aider. Nous avons ainsi pu accueillir Johnny, qui est cette année le parrain de la manifestation.

F.D. : En quels termes avez-vous évoqué Sacha Distel ?

B.B. : J'ai parlé du choc que j'ai ressenti. Sa disparition a été d'autant plus cruelle pour moi, que je ne m'y attendais pas du tout. J'en ai été très éprouvée. Il était là au Noël des Animaux de l'année dernière. Il semblait en forme. Je savais qu'il avait eu quelques problèmes, mais je croyais que c'était fini. Entre le mois de décembre où il est venu comme parrain au Noël des Animaux et ce triste jour de juillet où il s'est éteint, jamais je n'ai imaginé une seule seconde qu'il était gravement malade. Il montrait les chiens aux gens, en les secouant pour qu'ils les adoptent. Il était sympa, plein de punch. Sa mort m'a vraiment bouleversée.

F.D. : Qu'allez-vous faire pour Noël, cette année ?

B.B. : Comme d'habitude, je le fête avec Bernard, à La Madrague. L'important, à Noël, c'est d'installer un sapin avec des guirlandes qui clignotent, et de le décorer de tas de petits paquets avec des rubans d'argent. J'y suspends des petits os en biscuits pour les chiens, des jouets pour les chats. J'ai huit chiens et trente chats, sans compter cochons, oies, chèvre, poney, âne, poules.

F.D. : Un mot de la fin sur l'émission que vous venez de tourner avec Michel ?

B.B. : D'après ceux qui étaient autour de moi, d'après Michel, sa productrice, et toute l'équipe, c'est la plus belle émission qui ait été faite sur moi. Je suis donc comblée et je ne vois pas comment faire mieux par la suite...

F.D. : Pour vous, c'est votre dernière émission ?

B.B. : Il ne faut jurer de rien, mais je pense que ce sera ma dernière grande émission. Des interviews, oui, pourquoi pas ? Mais une émission de cette durée, non ! Cette émission, c'est un cadeau que m'a fait Michel et, à travers lui, c'est un cadeau que je fais à ceux qui m'aiment. Et qui ont envie de me voir ailleurs que sur un ring, pour parler de l'émission de Fogiel. C'est une très belle émission avec d'extraordinaires prises de vue de ma maison, faites d'un hélicoptère. On m'y vois, telle que je suis, entourée de tous mes animaux. On ne me voit pas chez moi, pour la simple raison, qu'il m'était impossible d'accueillir les quarante techniciens de l'équipe ! Pour tourner Titanic, il ne devait pas y avoir plus de monde !

F.D. : Au fait, comment êtes-vous parvenue à vaincre votre peur des caméras ?

B.B. : Je n'ai rien vaincu du tout. J'ai été malade toute la semaine précédant le tournage. Maintenant ça va beaucoup mieux. Et j'espère bien que tous ceux qui m'aiment passeront un bon moment.

Gérard Gilbert

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