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Brigitte Bardot : Sa jeunesse piétinée !

Publié le 7 août 2018

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Dans les années 50, Brigitte Bardot avec Roger Vadim, découvraient la plage de Pampelonne, devenue grâce à eux, un espace de vacances et de liberté. Jusqu’à ce lundi 16 juillet…

«Sur la plage abandonnée, coquillage et crustacés, qui l’eût cru, déplorent la perte de l’été », susurrait-elle en 1963.

Cinquante-cinq ans plus tard, c’est un autre refrain qu’interprète BB.

Celui du désarroi et même de la colère.


Oui, Brigitte est en rogne, remontée contre ce xxie siècle qui, décidément, ne respecte rien, pas même la plage de Pampelonne, cette merveilleuse langue de sable fin où elle a vécu les plus belles heures de sa jeunesse.

« Je suis scandalisée et très triste. On est en train de tuer l’âme de Pampelonne. C’est une époque qu’ils vont foutre en l’air », s’indigne-t-elle dans Paris Match.

Et quelle époque !

C’est au milieu des années 50, en repérant les lieux pour tourner Et Dieu… créa la femme, que Roger Vadim et sa sublime jeune épouse découvrent cette bande sableuse de près de 4,5 kilomètres, lovée entre pinèdes, vignobles et prairies.

Au milieu de cette étendue sauvage, léchée par les eaux turquoise de la Méditerranée, une table et quelques chaises autour desquelles papillonnent un couple et leurs trois enfants.

Vadim demande à l’homme s’il est possible de déjeuner sur place avec son équipe.

Amusé de jouer les plagistes, Bernard de Colmont, qui est en réalité explorateur, demande à sa femme de préparer un repas.

Le Club 55 naît ce jour-là, premier établissement du genre, et les quelques centaines de mètres de sable alentour sont baptisées plage des Explorateurs.

Le succès est immédiat, drainant dans un joyeux mélange d’artistes et d’anonymes, Parisiens et gens du cru.

Dans le même esprit, une dizaine de baraques se montent.

Au menu, débrouille et bonne humeur.

« On utilisait des groupes électrogènes et des frigos à gaz », se souvient l’un des exploitants.

Un vent d’audace et de liberté souffle sur ce petit coin de Côte d’Azur, illuminé par la bombe Bardot.

Symbole de liberté

C’est à Pampelonne en effet que, dans les années 70, les femmes osent pour la première fois enlever le haut de leur bikini et exposer leurs seins au soleil, mettant la France sens dessus dessous !

Comme le raconte notre confrère Paris Match, les forces de l’ordre verbalisent les affranchies, le tribunal de Draguignan les innocente.

Une joyeuse pagaille dont BB se souvient avec émotion : « Au début il n’y avait rien. Et puis des plages sont apparues avec le film Et Dieu… créa la femme. Chacune était différente, rigolote et non conforme. Il y avait de la joie, c’était le symbole de la liberté. »

A la fin des années 80, près de trente plages ont fleuri à Pampelonne.

Les baraques ont cédé la place à des restaurants et terrasses en dur.

Plus de barbecues improvisés, mais des grands chefs aux fourneaux.

Malgré tout, les lieux gardent leur charme et leur authenticité pour le bonheur d’une clientèle tous les ans plus nombreuse et internationale…

Parmi les exploitants, les Urbini, fondateurs de l’Esquinade.

Des pionniers qui, comme l’a confié BB à Match, font partie de sa famille.

Et les frères Jean-Claude et Jean-François Moreu, qui se sont installés en 1987, sur une plage, rebaptisée Les Jumeaux.

Hélas, comme le déplore amèrement Brigitte, le temps de la joie et de l’insouciance semble bel et bien révolu. à l’origine, un nouveau schéma d’aménagement de la plage de Pampelonne, élaboré par la commune de Ramatuelle et approuvé par décret en décembre 2015.

Celui-ci prévoit en effet de déplacer les établissements de l’autre côté des dunes, de redéfinir le cahier des charges de chacun des exploitants et d’éloigner les parkings.

Car ce site exceptionnel est en danger.

En cause, l’affluence de touristes, le réchauffement climatique, la montée des eaux…

Pour répondre à ce schéma, il fallait réattribuer pour les douze prochaines années les lots de plages, jusqu’alors concédés année par année.

La fête est finie !

Le 16 juillet dernier le conseil municipal de Ramatuelle, emmené par son maire Roland Bruno, a voté.

Et le résultat n’a pas, mais pas du tout plu, à Brigitte Bardot !

« Avec ce projet de réaménagement cette plage va devenir monotone, alors qu’elle était si charmante. C’est dramatique ! […] L’argent va tuer cet endroit, comme c’est déjà le cas dans le village de Saint-Tropez, où je ne vais plus. »

C’est aussi à son ami, Jean-Claude Moreu, qui a perdu son jumeau, que pense l’héroïne d’En cas de malheur.

En effet, ce dernier s’est vu refuser l’exploitation de sa célèbre plage des Jumeaux : « J’apprends qu’ils l’ont perdue. Pourtant elle est élégante, joyeuse, très couleur locale. Jean-Claude Moreu a continué malgré le décès de son frère jumeau. Aujourd’hui, en lui enlevant leur création de plus de trente ans, on a tué une deuxième fois son frère », fulmine l’actrice.

Sa chanson, La madrague, inspirée par ces merveilleux moments passés à Pampelonne, s’achevait ainsi : « Mais aux premiers jours de l’été, tous les ennuis oubliés, nous reviendrons faire la fête aux crustacés, de la plage ensoleillée… »

Pour BB, comme pour tant d’autres, il semble qu’aujourd’hui hélas, la fête soit bel et bien terminée…

Lili CHABLIS

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