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Brigitte Bardot : Sa petite sœur terrassée par le cancer !

Publié le 2 novembre 2019

Brigitte Bardot pleure sa très chère Marie-José Nat, qui s’est éteinte le 10 octobre, à 79 ans, des suites d’un cancer généralisé.

La mort de cette immense artiste est une très triste disparition, qui a fait trop peu de bruit pour sa célèbre consœur, Brigitte Bardot, qui l’aimait tendrement, et avait tourné avec elle : « Marie-José Nat, qui fut ma petite sœur dans le film La Vérité [d’Henri-Georges Clouzot, sorti en 1960, ndlr], vient de mourir, me laissant une fois encore un peu plus esseulée. Je déplore que les médias aient passé sa mort “sous silence”, car elle méritait un hommage à la hauteur de son talent et de la jolie image qu’elle donnait des années 60-70. J’espère que la télévision passera le film Les violons du bal, pour lequel elle a obtenu le prix d’interprétation à Cannes », a-t-elle publié le 11 octobre sur Twitter.

Nous, à France Dimanche, tenons à rendre hommage à cette merveilleuse actrice qui, par son talent, sa voix rauque inimitable et son élégance a en effet marqué son époque, comme le dit si justement Brigitte Bardot.

Née Marie-José Benhalassa le 22 avril 1940, à Bonifacio, dans une famille pauvre de cinq enfants, il n’est pas question pour son père, kabyle, ancien militaire, qu’elle devienne comédienne. Heureusement, sa mère s’oppose à ce diktat paternel, et autorise sa fille à monter à Paris. « Ma mère, corse, ne cédait jamais à mon père. Elle avait un caractère bien trempé et toujours le dernier mot à la maison », dira Marie-José Nat.

La jeune fille monte à Paris à 15 ans, en 1955, accompagnée de sa famille, avec laquelle elle s’installe dans un petit hôtel de Montmartre. Le magazine de romans-photos Femmes d’aujourd’hui l’a en effet sélectionnée parmi vingt autres jeunes filles pour poser au côté de Jean-Claude Pascal ! C’est lui qui la surnommera « Marie-José Nat », à cause de ses jolies nattes.


Sa carrière est vraiment lancée en 1959, lorsque Jean Gabin la remarque lors du casting du film Rue des Prairies, de Denys de La Patellière. L’acteur est fasciné par sa beauté méditerranéenne, sa belle voix rauque et son élégance naturelle et, surtout, l’intensité de son regard noir. Il l’impose pour jouer sa fille.

Le 26 mars 1960, elle fait la couverture du premier numéro de Télé 7 Jours, où elle pose, souriante, avec un chapeau de paille. C’est cette année-là qu’elle épouse le comédien Roger Dumas, dont elle divorce deux ans plus tard.

Marie-José tourne ensuite avec les plus grands, André Cayatte, Claude Autant-Lara, Gérard Oury… La consécration sera son rôle dans La vérité, sur le tournage duquel BB et elle deviennent vraiment amies. Une relation qui, on le voit bien, tenait toujours très à cœur à Brigitte…

Avec les années 70, la popularité de Marie-José explose. Le film Elise ou la vraie vie, d’après le roman de Claire Etcherelli, mis en scène par celui qui est devenu son deuxième mari, Michel Drach, la propulse comme star. Elle y joue une jeune femme française qui tombe éperdument amoureuse d’un ouvrier maghrébin, sympathisant du FLN, en pleine guerre d’Algérie. Le film fait scandale. On l’insulte dans la rue. Mais la critique et le public la portent aux nues. Côté cœur, après avoir eu trois enfants avec lui, elle divorce de Michel Drach, en 1981.

Mais c’est en 1972 que sa beauté et sa classe remportent tous les suffrages ! En décembre, on la découvre en effet dans le rôle de Julia, dans Les gens de Mogador, un feuilleton romantique de treize épisodes. Aux côtés d’autres prestigieux comédiens, comme Marie-France Pisier, Brigitte Fossey, elle séduit le bonapartiste Rodolphe, joué par Jean-Claude Drouot…

Ce programme, diffusé sur la première chaîne de l’ORTF, est un immense succès d’audience, et la consacre « actrice des années 70 la plus appréciée des Français » ! Marie-José Nat n’a jamais été aussi belle, dans ses robes à crinolines ! « Robert Mazoyer [le réalisateur, ndlr]savait faire de la télévision de qualité, avec des dialogues bien écrits, et des costumes somptueux. Nous tournions dans des décors extraordinaires et l’ambiance des plateaux était idyllique. Nous avions le temps de recommencer les scènes et de bien travailler. C’était un bonheur de tourner avec lui et Jean-Claude. Ce furent sans conteste les plus belles années artistiques de ma vie. »

A la fin des années 70, la comédienne rencontre, sur le tournage de Passé simple, réalisé par son mari, un homme qui va faire battre son cœur : Victor Lanoux. Avec lui, elle va vivre une grande passion, formant ensemble une belle famille recomposée : les trois fils de Marie-José, et les deux filles et le fils de Victor. Lui disait de cette relation passionnée. « Nous n’étions pas vraiment faits l’un pour l’autre. Au fond, notre couple fut un mystère. Mais nous nous sommes follement aimés », confiera-t-elle.

Retirée depuis les années 1990 dans sa maison de Bonifacio, elle se moquait bien de réussir sa carrière d’actrice. Elle préférait prendre le temps de vivre loin du bruit et de la fureur de Paris. « Je suis une chèvre corse, têtue et qui marche à coup de cœur. J’aime cette île plus que tout au monde, je veux y finir mes jours », nous avait-elle dit. Du cinéma, elle reconnaissait : « J’ai refusé beaucoup de scénarios, car je pense qu’il ne faut pas faire n’importe quoi. Je suis fière des rôles que j’ai eus et, si je devais recommencer, je ferais la même carrière ! Je l’ai menée en écoutant mon cœur. »

Son cœur qui l’avait fait épouser, le 30 septembre 2005, en troisième noce, le peintre, écrivain et compositeur de chansons Serge Rezvani. Celui-là même qui avait écrit pour Jeanne Moreau Le tourbillon [de la vie], qu’elle interprète dans le film Jules et Jim… Il sera l’homme du reste de son existence, et sans doute son plus bel amour.

En 2010, Marie-José avait quitté sa maison familiale de Bonifacio, le long de la falaise, pour une demeure plus vaste et tranquille dans un quartier résidentiel, moins fréquenté par les touristes : celui de Saint-Julien. Là, près de Serge, elle se livrait à sa passion : le jardinage des roses. « Dans mon jardin, je savoure la vie et je profite des bonheurs simples. Et je peux enfin profiter du plus grand amour de ma vie : la Corse. Vous savez, je l’aime plus que mon âme… »

Après s’être battue depuis des années contre la maladie, la comédienne a été inhumée le mardi 15 octobre, dans son caveau familial du cimetière marin de Bonifacio. Tout près des célèbres falaises de la ville corse, face à cette mer Méditerranée qu’elle aimait tant…

Claude LEBLANC

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