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Brigitte et Emmanuel Macron : Trahis par des proches !

Publié le 14 mai 2018

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Dans le documentaire “Macron à l’Élysée, le casse du siècle”, certains membres de l’entourage du couple se livrent à un grand déballage, brossant un portrait peu élogieux du chef de l’état et de son épouse.

Un an ! Un an déjà qu’Emmanuel Macron a accédé à la fonction suprême, à tout juste 39 ans, au terme d’un parcours unique sous la Ve République. Le héros de cette formidable ascension aurait pris le pouvoir au terme d’un incroyable hold-up politique. C’est en tout cas la thèse développée dans un documentaire diffusé le 29 avril dernier sur BFMTV.

Coréalisée par Pauline Revenaz et Jérémy Trottin, et intitulée Macron à l’Élysée, le casse du siècle, cette enquête s’appuie sur les témoignages de proches qui n’ont pas leur langue dans leur poche.

On imagine sans peine la stupeur du couple présidentiel en découvrant devant leur poste le visage de tous ces traîtres qu’ils considéraient, pour certains, comme de vrais amis.

Révélations

Des révélations qui ne laissent aucun doute.

Oui, Emmanuel Macron s’est emparé du pouvoir.

Oui, pour cela, il lui a fallu constituer une équipe de lieutenants «prêts à mourir» pour lui, comme le raconte son ex-porte-parole Laurence Haïm.


Oui ! Il a bien trahi François Hollande, selon l’ancien ministre Michel Sapin. Et il s’est bel et bien servi de son statut de ministre de l’Économie pour planifier son coup, invitant tous les soirs à Bercy tout ce que le pays compte d’esprits brillants, tissant ainsi un solide réseau de soutiens potentiels.

Gérard Collomb, fidèle de la première heure, devenu ministre de l’Intérieur, avoue avec une franchise déconcertante : «Il y a dans tout ça un peu l’aspect casse du siècle, parce que cela ne s’est jamais vu dans la vie politique française.»

Pour mettre son plan à exécution, il lui a fallu constituer une troupe de choc où chacun est maître de sa spécialité, une bande de jeunes gens brillants dont son conseiller spécial Ismaël Emelien, taiseux et fin stratège.

À eux, dans un premier temps, de lever des fonds. Tout a été réfléchi dans les moindres détails.

Il faut dire qu’Emmanuel fomente son coup depuis 2012, année où il réussit, après un passage fructueux à la banque Rothschild, à s’incruster dans le palais présidentiel.

Nommé secrétaire général adjoint en charge des affaires économiques, séparé du président d’un étage seulement, il est aux premières loges pour observer François Hollande.

Pendant deux ans, celui que l’on surnomme au 55 rue du Faubourg-Saint-Honoré «le petit prince» fait du repérage. Il se met dans la poche le petit personnel, des gardes républicains aux apprentis dans les cuisines, comme le raconte Gaspard Gantzer, l’ex-attaché de presse de l’élysée qui le voit à l’œuvre.

Sûr de lui, Macron ne se prive pas de donner son avis. «Il se croit meilleur que beaucoup d’autres», note même Michel Sapin.

Cette assurance n’est pas pour déplaire à Hollande, qui le considère comme son fils spirituel.

Pourtant, dans son dos, Macron ne se gêne pas de le critiquer car, en secret, il ronge son frein en attendant d’être nommé ministre. Il laisse éclater son amertume très vite. Comme à la sortie d’une réunion dont se souvient Jean-Christophe Cambadélis, l’ancien premier secrétaire du PS : «Il tombe dans les bras de Stéphane Le Foll et lui dit : “Tu sais, je reviendrai et j’attaquerai tout le monde au pic à glace.”»

Ambiance ! Une révélation qui en dit long sur la volonté de ce jeune homme ambitieux.

Pour mettre à exécution son plan, tous les moyens seront bons. En 2014, six semaines seulement après son départ de l’Élysée, il est appelé au gouvernement en tant que ministre de l’Économie.

Enfin ! Bercy va devenir la salle opérationnelle, une planque pour préparer sa mainmise sur le palais.

Règlement de comptes

Le conseiller de l’ombre Alain Minc se souvient aussi l’avoir interrogé sur son avenir en 2006, alors qu’il était inspecteur des Finances.

«Je lui ai demandé : “Qu’est-ce que vous serez dans trente ans ?” Il m’a répondu : “Je serai président de la République.” Quand on dit ça à 25 ans, c’est qu’on le pense depuis longtemps», confie l’essayiste, qui a soutenu sa candidature en 2017.

Emmanuel Macron, sollicité par les auteurs du documentaire pour répondre à quelques questions, n’a pas donné suite à leur proposition. On imagine qu’il s’en mord les doigts aujourd’hui.

En grand sorcier de la politique, menant tout son petit monde à la baguette, il ne pouvait sans doute pas croire un seul instant que ses proches allaient livrer de telles confidences.

Il n’a même pas souhaité visionner le reportage avant sa diffusion, persuadé que ses intervenants brosseraient de lui un portrait forcément flatteur.

Trahisons mues par la jalousie pour les uns, par des mises à l’écart pour les autres, tout ce petit monde a pourtant sauté sur l’occasion pour régler ses comptes, prenant un malin plaisir à dévoiler la face supposée cachée d’un homme passé lui-même maître, selon eux, dans l’art de duper, comme le révèle François Hollande dans son livre Les leçons du pouvoir (éd. Stock) où il peint au vitriol le portrait de son successeur : «Pour lui, une volonté clairement affirmée et beaucoup de séduction pourvoient à tout. C’est sa méthode. Qu’en dirais-je de plus ?»

Mais les révélations du Casse du siècle ne s’arrêtent pas là.

Stupéfait, on y apprend que le couple Macron passe ses soirées avec des personnages pour le moins sulfureux.

«Je pense qu’il m’aime bien», fanfaronne Philippe de Villiers dans le documentaire, pas mécontent de son petit effet. Et de narrer, un sourire en coin, leur rencontre un soir de 2016 à la Rotonde, une brasserie parisienne huppée du quartier Montparnasse où Brigitte et Emmanuel ont leurs habitudes.

Ce soir-là, le couple dîne en tête-à-tête au rez-de-chaussée. À l’étage, la figure de la droite souverainiste a aussi ses repères. En partant, Philippe de Villiers va lui serrer la main, ainsi qu’à Brigitte.

«Ils sont là tous les deux en dessous de l’escalier. On engage la conversation et Brigitte me dit : “J’ai beaucoup aimé votre livre Le moment est venu de dire ce que j’ai vu, ce qui était une entrée en matière agréable», raconte-t-il.

Bombe

Cela fait tout de même un choc d’apprendre que la première dame, grande admiratrice de Chateaubriand et de Baudelaire, a consacré du temps à la lecture de cet essai dans lequel le catholique traditionaliste, à la manière d’un Éric Zemmour, stigmatise l’immigration de masse et se désole du déclin de la France minée par l’islam.

Pire, l’on apprend que lors de cette conversation très enjouée, Macron sonde le Vendéen sur son intention de se rendre à la fête de Jeanne d’Arc à Orléans, une icône de l’histoire de France captée jusqu’alors par le Front national.

«Excellente idée», approuve le vicomte.

Pour couronner cette amitié naissante, celui qui est encore ministre de l’Économie se rend au Puy du Fou, en Vendée, le parc d’attractions créé par le président du Mouvement pour la France qui propose, selon ses nombreux détracteurs, une vision passéiste du monde, renvoyant à des jours heureux le temps où notre pays était aux mains de la noblesse.

«Je pense qu’il m’aime bien et que s’il avait une soirée à perdre, il préférerait la passer avec moi qu’avec Castaner (le délégué général de La République en marche)», se vante, en guise de conclusion, Philippe de Villiers conscient de lâcher une petite bombe…

Bref, si l’on en croit tous ces témoins à charge, le doute ne semble plus permis : parmi les animaux politiques, Emmanuel Macron est le plus redoutable prédateur…

Sophie MARION

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