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Brigitte Macron : Prise au piège !

Publié le 13 août 2018

Depuis plusieurs jours, le scandale “Benalla” éclabousse le couple présidentiel. Ce proche est devenu compromettant pour le chef de l’État et son épouse. Jusqu’où ?

Elle est apparue souriante et détendue, ce lundi 23 juillet, aux côtés des 2 500 enfants des centres de loisirs franciliens qui ont pu visiter en sa compagnie la somptueuse demeure du Roi-Soleil, dans le cadre de l’opération Une journée de vacances à Versailles…

Heureuse, comme toujours, d’agir en faveur des plus jeunes et des plus défavorisés, et d’aider à sa manière ceux qui n’ont pas la chance de partir cet été, Brigitte Macron a profité pleinement de ce moment auprès de bambins surexcités et fiers de rencontrer l’épouse du chef de l’État.


Mais pendant que la première dame, radieuse, apportait, avec la spontanéité qui la caractérise, un peu de bonheur autour d’elle, à quelques kilomètres de là, dans la capitale frappée par la canicule, le piège se refermait sur elle et sur son mari.

À Paris, tout au long de cette journée de lundi, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, plusieurs personnes, dont le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et le directeur de la Préfecture de police, Michel Delpuech, témoignaient devant une commission d’enquête parlementaire, sur l’affaire qui secoue la France depuis quelques jours.

Et le second nommé n’a pas hésité à rejeter la faute sur le couple présidentiel !

Mais de quelle faute parle-t-on ?

Comment « Bibi », femme de cœur à la droiture et à l’honnêteté impeccables, peut-elle se retrouver ainsi mise en cause ?

Eh bien, pour le comprendre, il faut remonter le temps, et revenir au point de départ de ce fameux raz-de-marée du 18 juillet dernier, jour où le site internet du Monde a publié une vidéo accablante pour un certain Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du président de la République.

Gros bras

Que montrent ces images ?

Captées en marge des cortèges du 1er Mai, sur la petite place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement de Paris, elles dévoilent une scène très violente où ce proche collaborateur d’Emmanuel et de Brigitte Macron, entouré de plusieurs CRS, traîne un homme sur le sol et le frappe.

De plus, dans une autre vidéo révélée le 19, ce colosse fait reculer une jeune femme contre un mur, et tente de la déséquilibrer pour la contraindre de s’asseoir.

L’agresseur, casqué et muni d’un brassard de la police, semble appartenir aux forces de l’ordre.

Or, Benalla, présent sur les lieux de la manifestation en tant que simple observateur, n’est donc nullement habilité à intervenir !

Pire encore, après les faits, le gros bras aurait tenté de récupérer les preuves filmées de son intervention musclée par le biais de ses contacts à la Préfecture de police, entraînant du même coup la garde à vue et la mise en examen d’au moins quatre policiers, soupçonnés de lui avoir fourni les images de vidéoprotection de ce 1er Mai.

Garde rapprochée

Pourquoi ces scènes choquantes de passage à tabac seraient-elles une menace pour le couple présidentiel ?

Après tout, nous direz-vous peut-être, ni Bibi ni son époux ne sont responsables de tous les faits et gestes de leurs collaborateurs !

C’est juste. Seulement, selon les informations diffusées dans la presse ces derniers jours, Benalla ne serait pas qu’un membre lambda de la garde rapprochée de Brigitte et Emmanuel Macron, mais un proche parmi les proches, qui, selon les divers articles parus dans la presse, aurait bénéficié d’un vaste logement de fonction situé quai Branly, dans une dépendance de l’Élysée, dans le très chic VIIe arrondissement de Paris.

Un lieu dans lequel François Mitterrand avait autrefois hébergé sa maîtresse, Anne Pingeot et leur fille Mazarine.

Mais ce n’est pas tout !

Benalla aurait aussi perçu un salaire très confortable.

Cet ange gardien accompagnait partout le couple présidentiel : on peut d’ailleurs le voir au plus près du chef de l’État et de sa femme sur des photos de vacances, au ski ou au tennis.

Ce troisième homme possédait même les clés de la maison du Touquet, si chère aux Macron, et dont Bibi est l’unique propriétaire.

Plus étonnant encore pour le couple présidentiel : celui qu’on accuse désormais d’être leur protégé était présent à leurs côtés lors des célébrations du 14 Juillet et au retour de l’équipe de France de football le 16 juillet, sur le tarmac de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle comme à l’Élysée, où il se serait d’ailleurs montré, selon nos confrères du Parisien, « méprisant, odieux et virulent avec les forces de l’ordre […] Un comportement répété qui agaçait les hommes du Groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR), des professionnels triés sur le volet qui ont normalement l’exclusivité de la protection du chef de l’État. Ceux-ci supportaient mal l’agitation et l’influence de ce jeune intrus qui tutoie le président. »

Au soir du mardi 24 juillet, Emmanuel Macron est enfin sorti de son silence, alors qu’il était en visite surprise à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, devant les élus LREM.

« Ce qu’il s’est passé le 1er mai, a-t‑il déclaré, est une trahison. La République exemplaire n’empêche pas les erreurs. S’ils cherchent un responsable, le seul responsable c’est moi et moi seul. C’est moi qui ai fait confiance à Alexandre Benalla. »

Et d’ajouter : « Alexandre Benalla n’a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n’a jamais occupé un appartement de 300 m2, Alexandre Benalla n’a jamais eu un salaire de 10 000 euros »

Une mise au point ponctuée d’une note d’humour : « Alexandre Benalla n’est pas mon amant. »

Si ce discours fait taire certaines rumeurs, il ne lève pas entièrement le voile sur la personnalité de cet homme, entré à 19 ans au service d’ordre du PS et engagé par le futur candidat de La République en marche en 2016, et qui peut se targuer d’avoir accompli une ascension météorique dans le domaine de la sécurité rapprochée des personnalités les plus importantes du pays !

Secret-défense

Au point que, malgré une mise à pied de deux semaines infligée immédiatement après les incidents du 1er Mai et assortie d’une suspension de salaire, ce très solide gaillard, titulaire d’une licence en droit mais surtout réputé pour son caractère sanguin, jouissait de nombreux avantages.

Si sa mission était, selon le directeur de cabinet de Macron, Patrick Strzoda, de coordonner les services de l’Élysée (protocole, presse, sécurité), il s’était vu attribuer une voiture de fonction haut de gamme, inscrite au parc automobile du Palais – une Renault Talisman équipée comme celles des policiers d’une sirène à deux tons –, et était aussi habilité secret-défense depuis juin 2017 par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

« Il semble avoir joué de sa proximité avec le chef de l’État et ses réseaux pour se constituer une forme de légitimité policière, a confié un ancien de la place Beauvau. Mais c’est un imposteur, au comportement de voyou, qu’il aurait fallu écarter depuis longtemps. »

Manifestement fasciné par la police, il avait de plus obtenu un permis de port d’arme, d’abord refusé par l’Intérieur, puis accordé par la Préfecture, à la demande de l’Élysée, « pour un agent exposé à des risques d’agressions ».

Bien que le président endosse à lui seul toute la responsabilité de cette affaire, mettant en avant l’aspect humain et émotionnel, il est néanmoins permis de se demander comment ce personnage pour le moins sulfureux a pu s’approcher de si près du couple présidentiel.

Dimanche 22 juillet, Alexandre Benalla s’est ainsi vu signifier sa mise en examen pour « violences en réunion », « immixtion dans l’exercice d’une fonction publique », « port public et sans droit d’insignes réglementés », « recel de détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection » et « recel de violation du secret professionnel »…

Cet été, qui avait si bien commencé avec la victoire des Bleus, moment exceptionnel de bonheur et d’exaltation pour Brigitte Macron et son mari, semblait devoir se poursuivre sereinement.

Hélas, ce scandale pourrait bien plonger la première dame dans les affres de l’angoisse.

Clara MARGAUX

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