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Bruno Cremer : L’inoubliable Maigret aurait eu 90 ans !

Publié le 26 octobre 2019

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© BESTIMAGE Bruno Cremer

Disparue il y a presque dix ans, cette “gueule” du cinéma français, Bruno Cremer demeure ancrée dans nos mémoires.

Personne n’a oublié son élégance et ce timbre de voix si particulier. Si un maudit cancer de la gorge ne l’avait pas emporté voilà presque dix ans, privant le cinéma français de l’un de ses plus grands acteurs, peut-être continuerait-il, à l’image d’un de ses copains du Conservatoire, Michel Bouquet (93 ans et encore à l’affiche d’un nouveau film en 2020), à nous embarquer, pipe au bec et chapeau vissé sur la tête, dans ses enquêtes les plus farfelues.

Si Bruno Cremer a toujours semblé très à l’aise face à la caméra, il peine dès son plus jeune âge à trouver sa place en famille. Cadet de trois enfants, il se sent différent, au point de confier dans son autobiographie : « Ma sœur était volontaire et soumise. Mon frère, beau garçon et premier de la classe. Moi, je me sentais seul, unique. J’étais comme un jouet rangé dans un coin, trop difficile à manipuler, dont on aurait perdu le mode d’emploi. J’avais 4 ans et un besoin de rêves, de fantastique pour respirer. »


Des rêves qu’il trouvera dans le jeu. à l’âge de 12 ans, il décide qu’il sera comédien. à 19 ans, il est recalé au bac. Il frôle la mort à cause d’une maladie de sang qui le cloue au lit pendant plusieurs mois. Sauvé in extremis, il entre au Conservatoire d’art dramatique de Paris (promotion 52) aux côtés de Jean-Paul Belmondo, Annie Girardot, Jean Rochefort, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, entre autres, ceux qu’on appelle alors « la bande du Conservatoire ». Sa prestance, son regard azur et cette cicatrice qui lui barre la lèvre, souvenir d’une chute de vélo à l’âge de 7 ans, attirent de nombreux metteurs en scène.

C’est sur les planches qu’il débute et triomphe dans de nombreux classiques, avant que le cinéma ne s’intéresse à ce colosse au cœur tendre et lui offre de très beaux rôles. Près de quatre-vingts films dans lesquels l’acteur tourne sous la direction de Visconti, Sautet, Boisset, Blier, Lelouch… Il donne la réplique à Romy schneider, Alain Delon, Miou-Miou, ou Vanessa Paradis pour son premier rôle au cinéma en 1989, dans Noce blanche.

Mais c’est bien sûr son rôle de Maigret qui fait de lui un acteur populaire et reste dans toutes les mémoires. En 1991, Bruno Cremer succède à Jean Richard et enfile l’indémodable imper du célèbre commissaire, entamant ainsi avec lui un voyage qui durera quatorze ans. « Il y a plus d’une parenté entre nous, confie-t-il un jour au Figaro Magazine. Son côté humaniste et vague. Moi-même, je ne suis pas facile à cerner. Très ambivalent, j’aime le flou. » Ce personnage lui offre succès et reconnaissance. Mais il en faut plus pour lui faire tourner la tête.

Côté vie privée, le comédien aura un fils, Stéphane, né en 1954, de son mariage avec une jeune comédienne qui, à cause de sa jalousie, le quittera. Après quinze ans de célibat, c’est Chantal – une psychiatre qu’il épouse en 1984 – qui fera battre son cœur et lui donnera deux filles, Constance et Marie-Clémentine. Dans ses bras, l’acteur s’éteint le 7 août 2010 à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui son public orphelin.

Laura VALMONT

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