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Caroline Margeridon : "Je suis l'archétype de la blonde qu'on déteste !"

Publié le 21 décembre 2020

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A l'occasion d'un prime spécial Noël, ce lundi 21 décembre, sur France 2, Caroline Margeridon, la pétulante acheteuse d'“Affaire conclue” se confie sans langue de bois. Et c'est pour ça qu'on l'aime !

C'est dans un lieu féerique, au musée des Arts forains, situé dans le quartier de Bercy, à Paris, qu'a été tournée cette émission « spécial Noël » d'Affaire conclue. Un rendez-vous dans lequel plusieurs personnalités tenteront de vendre au meilleur prix des objets au profit d'associations caritatives : de Maud Fontenoy (et son compas de navigation) à Malika Ménard (et son Jeu de la grenouille), en passant par l'écrivain Bernard Werber (et un tableau représentant la couverture de son livre L'Empire des anges)… À la veille de sa diffusion, lundi prochain, la belle blonde au sourire communicatif a accepté notre entretien. Elle se confie sur son enfance, son parcours de vie et son rapport à l'argent. Peu avare en confidences donc…

France Dimanche : Quel plaisir de vous voir toujours le sourire aux lèvres ! Cela ne dissimulerait-il pas une souffrance plus profonde ?

Caroline Margeridon : Eh bien, non, je vous assure que je vais toujours bien. C'est comme ça, je n'y peux rien. Je pense avoir une bonne étoile au-dessus de ma tête ! Donc, depuis que je suis bébé, je souris ! Malgré tous les problèmes que l'on peut rencontrer, je trouve que la vie est super belle et mérite d'être vécue à fond. Et comme je ne crois pas vraiment à la réincarnation, je préfère ne pas gâcher cette vie-là ! Voilà pourquoi j'aime mieux voir le verre à moitié plein… Pour moi, il y a toujours du positif dans le négatif ! D'ailleurs, quand j'étais enfant, on m'appelait Obélix parce que je donnais l'impression d'être tombée dans une marmite de bonheur…


FD : D'où vous vient cette force de caractère ?

CM : Je ne sais pas trop, peut-être des origines basques de mon père et vietnamiennes de ma mère. D'un côté, la famille paternelle était très aisée et, de l'autre, ma grand-mère faisait partie des boat people. Le mélange est étonnant, non ? J'ai donc toujours côtoyé des gens de différents milieux, ce qui m'a forcément enrichie intellectuellement. Je peux être aussi copine avec le balayeur du coin qu'avec le président de l'univers. Ce n'est pas ce que les gens représentent qui m'intéresse, mais ce qu'ils sont au fond d'eux.

FD : Il paraît que vous avez commencé à travailler à l'âge de 15 ans…

CM : Oui, même avant ! À 12 ans, je me souviens avoir piqué la pièce d'identité de ma grande sœur, puis changé la photo, pour pouvoir aller bosser dans un magasin de vêtements quand je n'avais pas école. Comme je mesurais déjà 1,70 m à 10 ans, et que je paraissais bien plus âgée, ça passait.

FD : Vous faisiez ça pour l'argent ?

CM : Pas du tout, puisque j'obtenais plus d'argent de poche de mes parents que ce que je gagnais en travaillant. Il faut savoir que l'école, ce n'était pas mon truc. Donc, peut-être que je voulais inconsciemment travailler pour préparer mon avenir, devenir au plus vite indépendante. Car vivre d'amour et d'eau fraîche, je n'y crois pas du tout. Pour moi, l'argent contribue forcément à la liberté. Et pour avoir de l'argent, il faut travailler.

FD : Est-ce la raison pour laquelle vous n'arrêtez jamais ?

CM : Avec mes cinq boutiques aux Puces de Saint-Ouen, ou encore ma société de gardiennage, sans parler des tournages d'Affaire conclue, c'est vrai que je suis très occupée. Mais j'ai de la chance d'adorer mon travail, ce qui fait que je n'ai pas vraiment l'impression de travailler.

FD : Votre vie a-t-elle changé depuis Affaire conclue ?

CM : Pendant trente ans, j'ai organisé des événements gigantesques. À 15 ans, il m'arrivait déjà de monter sur une estrade pour m'exprimer face à 2 000 personnes. En fait, j'adore m'adresser aux gens. Affaire conclue n'est donc qu'une continuité de ce que je faisais déjà. Cela dit, depuis qu'on me voit à la télévision, on m'arrête dans la rue, mais c'est toujours bienveillant. Où que j'aille, on me demande un câlin. Je crois que je détiens le record du câlin ! Et à mon grand désespoir, depuis le Covid, je ne peux plus en faire. J'en suis véritablement traumatisée !

FD : Selon vous, pourquoi vous a-t-on choisie comme acheteuse pour animer cette émission ?

CM : Je me le demande bien. Je me souviens que la production est venue me chercher quelques mois après les tout premiers enregistrements, et ils ont dû insister parce que je n'étais pas très motivée. Le test initial a d'ailleurs été un désastre. Je ne m'amusais pas, et c'était donc hors de question d'y retourner. Mais comme je m'étais engagée, j'ai quand même participé au deuxième jour de tournage, et là, miracle, ça a été un coup de foudre. J'étais tellement détendue que tout s'est merveilleusement bien passé. Et quatre ans après, le plaisir est toujours là !

FD : Comment vous trouvez-vous à l'antenne ?

CM : C'est quand même étonnant tout ce qui m'arrive : je travaille sur une chaîne publique, destinée à plaire à un maximum de Français. Or je pense être l'archétype même de la blonde qu'on déteste. Moi je me détesterais. Je roule certes en Porsche, je possède plein de sacs et des bijoux de grandes marques, mais je ne le dois à personne. Je les ai achetés avec les sous que j'ai gagnés en travaillant beaucoup.

FD : Avez-vous subi des critiques à ce sujet ?

CM : Curieusement, jamais ! Il m'est quand même arrivé une fois d'avoir choqué quelques-uns de mes followers sur Instagram parce que j'avais voulu goûter une de ces viandes recouvertes d'une feuille d'or dans un célèbre restaurant à Dubaï. Je n'ai même pas eu besoin de me défendre parce que mes fans s'en sont chargés à ma place. C'était trop mignon. Quoi qu'il en soit, contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne suis pas aussi attachée que ça au matériel et à l'argent. Quand j'ai quitté le père de mes enfants, nous étions très riches. On vivait dans un château, avec quarante employés pour me servir, mais ça ne m'a pas empêchée de partir du jour au lendemain sans rien demander. Et j'ai ensuite élevé mes enfants de 9 et 18 mois toute seule. J'ai dû revendre certaines de mes affaires pour m'en sortir. Ça peut paraître bizarre pour une brocanteuse, mais je ne m'attache pas aux objets.

FD : Vous avez tourné un « spécial Noël » d'Affaire conclue. Que représente cette fête pour vous ?

CM : En ce qui me concerne, je fête plutôt Hanoukka. Je me suis en effet convertie il y a quelques années au judaïsme. Mais même quand j'étais catholique, nous célébrions les fêtes juives avec tous nos amis juifs. Cela dit, j'ai toujours adoré les décorations de Noël. Et autant vous dire qu'ils ont mis le paquet sur le plateau d'Affaire conclue ! Vous verrez, c'est splendide !

FD : Avec tout ce que vous avez vécu, n'avez-vous jamais songé à écrire votre autobiographie ?

CM : Mes proches m'en parlent souvent. C'est vrai que j'aurais des millions de choses à raconter, mais je trouverais ça assez prétentieux de ma part. Et je me demande bien qui ça pourrait intéresser. Peut-être quand je serai plus grande, mais ce n'est pas près d'arriver ! [rires]

FD : Y a-t-il d'autres projets que vous comptez réaliser ?

CM : Je suis super excitée à l'idée de démarrer cette pièce de théâtre [On ne peut pas tout partager, écrite par Anne-Laure Estournes, avec Frank Delay, ex-membre du boys band 2Be3, et Jean-Pascal Lacoste, de la Star Academy, ndlr]. On m'a sollicitée alors que je n'avais aucune intention de jouer la comédie, et encore moins la prétention de pouvoir le faire. Et pourtant, à la première lecture avec les autres comédiens, je me suis prise au jeu et me suis sentie curieusement assez à l'aise. A priori, on devrait pouvoir monter sur scène dès cet été.

FD : Vos enfants travaillent-ils toujours à vos côtés, aux Puces de Saint-Ouen ?

CM : Depuis ce grave accident de voiture dont mon fi ls a été victime il y a un an, il a décidé d'abandonner sa carrière de brocanteur. Après une grosse déprime, il m'a avoué qu'il n'aimait finalement pas tant ce métier que ça et il essaie aujourd'hui de percer dans le rap. Il vient d'ouvrir une petite boîte de production. Quant à ma fi lle, qui détestait auparavant mon métier, elle semble prendre un immense plaisir à suivre mes traces. Je suis heureuse, la relève continue ! Nous en sommes donc à la troisième génération de marchands dans la famille ! Elle est encore trop jeune pour être maman, mais quand ce sera le cas, son bébé sera à coup sûr brocanteur dès ses premiers pas !

Philippe CALLEWAERT

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