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Catherine Deneuve : Bonjour tristesse !

Publié le 28 novembre 2018

Muse orpheline de son couturier pygmalion, Catherine Deneuve tourne douloureusement une page en dispersant toute sa garde-robe Yves Saint Laurent aux enchères.

Il arrive parfois un moment où l’on se défait des objets que l’on a le plus chéris. Peut-être réalise-t-on que l’essentiel n’est pas de posséder. Est-ce parce que Catherine Deneuve vient de fêter ses 75 ans qu’elle a décidé de se séparer de sa maison en Normandie et du précieux trésor qu’elle gardait dans ses murs ? À savoir, sa collection de vêtements signés Yves Saint Laurent.

En tout cas, ceux qui rêvent de s’offrir ces créations du célèbre couturier, un temps portées par la magnifique actrice, vont bientôt pouvoir les acquérir, pour autant qu’ils en aient les moyens. Elles seront en effet mises aux enchères au mois de janvier prochain. C’est la célèbre maison Christie’s qui se chargera de céder la précieuse garde-robe aux collectionneurs. Parmi les tenues proposées à la vente, citons un exceptionnel smoking, de ceux que le créateur avait volés aux hommes pour les rendre indispensables aux Parisiennes chics.

Et en matière de chic, Deneuve, qui incarne à la fois l’élégance, la beauté et le talent, sait de quoi elle parle. Si elle a profondément marqué l’histoire du cinéma, en particulier depuis le film de Luis Buñuel, Belle de jour, tourné en 1966, c’est parce que sa présence si particulière y est mise en valeur par des vêtements qui lui collent à la peau, tous signés Yves Saint Laurent.


Et dans les semaines qui suivent la sortie de ce chef-d’œuvre, le trench-coat qu’elle porte à l’écran s’arrache dans les boutiques ! « Le style du personnage doit quand même beaucoup à cette image que Saint Laurent a trouvée », déclarera-t-elle.

Déjà cliente du génial couturier, la comédienne a soufflé son nom à l’équipe de production. Ce sera le début d’une histoire qu’on ne peut que qualifier d’amour et d’une très grande admiration réciproque.

Catherine avait vite repéré les créations du styliste. Un jour de 1965, la jeune femme entre dans sa boutique, avec la photo découpée dans Elle d’une tenue de la saison précédente, et lui demande de réaliser une robe pour sa rencontre avec la reine d’Angleterre. Cette commande amuse Yves Saint Laurent et son entourage, car Catherine n’est encore qu’une actrice pas très connue, ni très riche. Mais elle est prête à payer cher le luxe de se sentir belle…

« Je pense à lui un peu comme à un sculpteur ou un peintre. […] Ce qui me plaît surtout, c’est sa recherche de l’absolu », avait-elle dit de lui en 1989. « Notre complicité silencieuse, nos fous rires et notre mélancolie nous ont réunis », confiait-elle encore. De son côté, le couturier déclarait : « Nous nous écrivons souvent. Je l’appelle “Catherine, ma douceur”, elle m’envoie des roses pâles. » Il l’avait aussi évoquée en ces termes flatteurs : « En tant qu’amie, la plus exquise, la plus chaleureuse, la plus douce, la plus protectrice. » Deneuve et Saint Laurent n’auront jamais cessé de s’écrire et de se parler, de se plaire et de s’aimer, jusqu’à la disparition du couturier, le 1er juin 2008.

Lors de la célébration de ses 40 ans de créations, en 2002, au Centre Pompidou, Catherine l’avait accueilli sur la scène en lui chantant Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous, de Barbara. On comprend qu’aujourd’hui, même si elle semble prête à voyager léger, c’est « non sans mélancolie », comme elle l’a écrit, qu’elle va se séparer de ces souvenirs qui lui ont tant collé à la peau.

Laurence PARIS

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