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Catherine Deneuve : "Ma mère a 100 ans !"

Publié le 7 septembre 2012

D'ordinaire si pudique, elle ouvre son cœur. C'est grâce à l'exemple de Renée Dorléac que Catherine Deneuve accepte de vieillir sereinement.

Nous ne sommes pas égaux devant la vieillesse, notamment suivant que le hasard nous a faits hommes ou femmes : le pouvoir de séduction ne s'estompe pas à la même vitesse... C'est exactement la même chose chez les acteurs : alors que les comédiens trouvent facilement des rôles à tous les âges de leur existence, c'est beaucoup plus dur pour les comédiennes ; toutes le disent, ou presque.

Dans ce « ou presque », il y a la grande Catherine ; pas celle de Russie : la nôtre, Deneuve ! Non seulement elle n'a jamais cessé de tourner, jamais connu cette coupure de carrière due au vieillissement, mais c'est d'une manière sereine qu'elle envisage ce phénomène dans sa vie de femme. Et si la star fait preuve d'une telle sagesse, c'est grâce à la leçon de vie que, encore aujourd'hui, lui donne sa mère.

->Voir aussi - Catherine Deneuve et George Clooney : Leur tendre tête à tête

Car, oui, Renée Dorléac est toujours de ce monde ! « Ma mère a 100 ans, a révélé Catherine Deneuve dans M, le supplément week-end du journal Le Monde. Bientôt 101. Elle vit seule chez elle, joue au bridge, porte des lunettes, mais conserve une très bonne ouïe et une tête formidable. C'est une image très réconfortante de la vieillesse. »

En fait, on peut penser que l'effet bénéfique de la présence de Renée Dorléac est double, pour l'actrice : elle est d'une part la preuve que l'on peut devenir très âgée sans décliner, et d'autre part, du fait qu'il s'agit de sa mère, elle constitue une sorte de rempart entre la mort et elle. Ce que confirme la star : « C'est énorme de pouvoir dire "maman". Ça interdit de se sentir vieux. Ça change le rapport au temps. »

Lucide

C'est précisément ce côté tout relatif de l'âge qui a permis et permet encore à Catherine Deneuve de tourner : elle sait choisir ses rôles en connaissance de cause, en regardant lucidement, sereinement, si elle a « l'âge pour » ou pas.

Et cette sagesse fonctionne dans les deux sens, comme elle l'explique elle-même : « Il m'arrive de refuser un film où je me sens trop âgée pour le personnage : non, vraiment, ce ne serait pas crédible. Et je peux repousser un rôle en disant : non, franchement, j'ai encore le temps... Ce n'est pas tant une question d'âge que de comportement. »

Cette analyse lucide, c'est bien entendu par rapport à l'exemple que sa mère lui donne jour après jour qu'elle peut la faire avec autant de sûreté de jugement. Mais alors, du coup, en raison de cette « belle image de femme vieillissante » que Mme Dorléac représente pour elle, la comédienne peut aussi se montrer assez ironique, envers les femmes qui, à ses yeux, vieillissent « n'importe comment ».

Et, en ce domaine, sa cible favorite semble bien être... Jane Fonda ! « Alors elle, ce n'est vraiment pas un exemple qui me fait rêver !, s'exclame-t-elle. [...] Absolument pas l'idée que je me fais d'une femme dans sa maturité. Elle a évidemment une silhouette magnifique et un air pétulant. Mais elle est tellement l'archétype de ces grandes bourgeoises américaines que l'on croise à New York ou à Los Angeles, très minces, très actives, très bronzées, parlant excessivement vite avec un entrain effrayant... Le contraire de ce qui me séduit. »

Diable ! Pourquoi un tel coup de griffe ? Eh bien, pour expliquer cette attaque en piqué, il n'est peut-être pas inutile de rappeler que c'est Jane Fonda qui, dans les années 60, a succédé à Catherine Deneuve dans le cœur et le lit de Roger Vadim ! Il y aurait prescription ? Détrompez-vous. Il en va des rancœurs comme des amours : certaines sont immortelles...

Didier Balbec

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