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Catherine Laborde : Elle ne peut plus marcher !

Publié le 26 mai 2020

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Atteinte de la maladie à corps de lewy, Catherine Laborde voit chaque jour son état se dégrader.

«En mai, fais ce qu’il te plaît », un proverbe que celle qui jusqu’en 2016 a présenté la météo sur TF1 connaît bien pour l’avoir souvent dit à l’antenne. En cette sortie progressive de confinement, il est plus que jamais d’actualité pour l’immense majorité d’entre nous, à condition bien sûr de rester vigilants et d’appliquer tous les gestes barrières.


Ces précautions, Catherine Laborde, qui fêtait le 8 mai dernier son 69e anniversaire, les respecte à la lettre. La pandémie de Covid-19 qui a mis les trois-quarts de la planète à l’arrêt semble pour l’instant maîtrisée en France, mais comme c’est le cas chez nos voisins allemands qui ont « déconfiné » avant nous, de nouvelles vagues de contamination sont, hélas, encore à craindre.

Atteinte depuis six ans de la démence à corps de Lewy, qui cumule les symptômes de la maladie d’Alzheimer et de Parkinson, l’ex-animatrice est une personne à risques. Raison pour laquelle elle a choisi de passer toute la période de confinement dans son appartement parisien, plutôt que dans la maison qu’elle possède à l’île d’Yeu. Le cadre y est certes plus agréable, mais la nature et la mer passent après la santé. À Paris, Catherine a son médecin traitant qui la connaît si bien, un kinésithérapeute qui vient chaque jour chez elle lui faire pratiquer des exercices adaptés, et son orthophoniste, dont les entraînements font travailler sa mémoire défaillante.

Cloîtrée entre ses murs avec, pour seules sorties, ses rendez-vous médicaux, l’animatrice a trouvé le temps très long, comme elle vient de le confier à Télé Loisirs. Mais cette adepte de la positive attitude s’est néanmoins adaptée sans trop de peine à la situation : « J’ai un tempérament qui est parfaitement compatible avec le confinement. Je suis d’un naturel extrêmement paresseux et timide. Je me réveille très tard, j’aime parler longuement avec mon mari. »

Autre raison de ne pas céder à la déprime, le nouveau traitement qu’elle suit depuis peu et qui atténue sensiblement les tremblements liés à sa maladie. Malheureusement, celle-ci affecte également et sans prévenir son humeur, la faisant passer d’une joie exubérante au désespoir le plus profond. « Chaque jour est différent, ce sont les montagnes russes. Il y a des jours avec, et des jours sans. Certains jours sont vraiment difficiles puis, de manière totalement inattendue, je vais me sentir merveilleusement bien le lendemain. » C’est à ces moments-là que cette battante se raccroche pour ne pas sombrer. Car physiquement aussi son état se dégrade.

Elle qui, il y a quelque temps encore, pouvait marcher seule dans la rue n’en est plus capable. Ce ne sont pas ses muscles, qu’elle entretient quotidiennement, qui lâchent mais la confiance en elle, que le mal grignote insidieusement avec tout le reste. « Je le pourrais encore, mais j’ai trop peur de tomber, la rue est un milieu hostile pour moi. » Alors oui, les jours de cafard, celle qui a fait durant vingt-huit ans la pluie et le beau temps sur la Une voit l’avenir bien sombre. L’idée de perdre son autonomie et de devoir dépendre entièrement de ses proches lui est insupportable.

Pas question en effet, d’être un poids pour ses deux filles, Gabrielle et Pia, qui entourent du mieux qu’elles peuvent leur maman chérie. L’une vit dans le Gers, et fait régulièrement le trajet pour passer deux ou trois jours auprès d’elle. Quand elle n’est pas là, la seconde, bien que très occupée en ce moment (elle est infirmière à l’hôpital Foch à Suresnes), prend le relais. À leur bras, la rue retrouve un aspect familier, où Catherine peut marcher sans craindre de tomber à chaque pas. La malade sait aussi que pour son mari, Thomas Stern, la vie « d’aidant » n’est pas toujours facile mais, relativise-t-elle avec humour : « Lui, il m’a choisie, à la différence de mes filles qui n’ont rien demandé ! »

Les hauts et les bas qu’a connus leur couple durant tant d’années et qui ont inspiré à l’animatrice deux ouvrages, La Douce Joie d’être trompée, chez Anne Carrière, et Si tu ne m’aimes pas, je t’aime, aux éditions Flammarion, sont aujourd’hui bien loin. Soudés dans l’épreuve, tous deux se sont même attelés à l’écriture à quatre mains d’une histoire inspirée de leur quotidien : un dialogue entre un homme et une femme gangrenée par la maladie.

Et puis il y a aussi les nombreux coups de fil de sa sœur Françoise, avec qui elle s’est réconciliée il y a six ans, et les marques d’affection de tous ceux et celles avec qui elle a travaillé : Harry Roselmack, qui lui adresse d’adorables messages, ou Évelyne Dhéliat, avec qui elle a gardé contact.

Ces petits bonheurs permettent à notre belle optimiste de conserver vaille que vaille le moral. Elle s’accroche aussi à ce rêve qu’elle compte bien réaliser un jour : remonter sur scène. Elle avait trouvé le cran, en 2016, alors qu’elle était déjà malade, d’interpréter au festival d’Avignon des textes de Jean de La Fontaine, un de ses auteurs favoris. « Aide-toi, le Ciel t’aidera », écrivait-il en morale de sa fable du Chartier embourbé. Une maxime que Catherine applique à la lettre !

Lili CHABLIS

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